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    <title><![CDATA[Lille à Gauche (Économie)]]></title>
    <link>http://www.lilleagauche.org/categorie-10807420.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Économie&quot; du blog &quot;Lille à Gauche&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Sat, 31 Jul 2010 18:40:34 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 31 Jul 2010 18:40:34 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010 www.lilleagauche.org</copyright>            <category>Économie</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Grèce, FMI, UE 1/4]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-grece-fmi-ue-1-4-54740229.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    Une sélection (faite en mai mais qui reste d'actualité) d'analyses pertinentes qui ne percent pas toujours malheureusement le mur médiatique.<br>
    Dans le message n°1, des compléments et précisions sur les crises grecque et européenne.<br>
    Dans le message n°2, des analyses sur comment on en est arrivé là.<br>
    Dans le message n°3, nous verrons pourquoi on ne pouvait pas faire confiance au FMI et à son directeur.<br>
    Dans le message n°4, nous discuterons de ce qu'il aurait fallu / faudrait faire.<br>
    <br>
    Le découpage en 4 parties est en partie artificiel, un certain nombre de textes débordent de la case dans laquelle je les ai mis.<br>
    Enfin si la plupart d'entre eux sont très récents, quelques autres sont plus anciens.<br>
    La crise que les néolibéraux aveuglés par leur croyance n'ont pas vu venir, d'autres économistes (altermondialistes, de gauche...) l'avaient vu venir de loin : le modèle étasunien était
    insoutenable à tous égards (socialement, financièrement, économiquement, écologiquement).<br>
    Des analyses économiques qui restent valables des années après : ce n'est pas les néolibéraux "marchéistes" qui peuvent en dire autant.<br>
    <br>
    <br>
    Sommaire de ce message :
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    - "<strong>Le second hold-up des marchés financiers</strong>", un bon résumé général par <strong>Eric Scavennec</strong> du site Les Dessous de Bruxelles (DDB), <strong>le 10 mai 2010</strong>
    (source : <a class="moz-txt-link-freetext" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118">http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118</a>),
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    - "<strong>Grèce, ce qu'on ne nous dit pas</strong>", un rappel par l'économiste <strong>Jacques Sapir</strong> <strong>le 3 mai 2010</strong> des caractéristiques de l'économie grecque, pour
    tordre le cou aux clichés, et qui de plus explique que le remède UE-FMI est pire que le mal (source : <a class="moz-txt-link-freetext" href=
    "http://www.marianne2.fr/Grece-les-3-mensonges-des-medias-et-des-experts-1_a192305.html?preaction=nl&amp;id=5914736&amp;idnl=25947&amp;">http://www.marianne2.fr/Grece-les-3-mensonges-des-medias-et-des-experts-1_a192305.html?preaction=nl&amp;id=5914736&amp;idnl=25947&amp;</a>),
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    - "<strong>Crise, la croisée des chemins</strong>", une très bonne synthèse datée du <strong>7 mai 2010</strong> (avant le "plan européen") de <strong>Frédéric Lordon</strong>, économiste -
    chercheur au CNRS (source : <a class="moz-txt-link-freetext" href=
    "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins">http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins</a>), que j'aurai également pu verser au menu des prochains
    messages, tant il analyse causes, conséquences, alternatives...
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    - Une petite conclusion de cette première partie, en forme d'humour : "<strong>Pour sauver la Grèce, faites-en une banque</strong>" de Paul Giacobbi, député de Haute-Corse, sur son blog le 23
    avril, repris sur le site de Reporterre le 28 avril (source : <a class="moz-txt-link-freetext" href=
    "http://www.reporterre.net/spip.php?article1100">http://www.reporterre.net/spip.php?article1100</a>).<br>
    <br>
    Bonne lecture,<br>
    Laurent A
  </p>
  <h1 class="crayon article-titre-118 titre" style="text-align: justify;">
    Le second hold-up des marchés financiers
  </h1><!--
<div class="date">vendredi 7 mai 2010</div>
-->
  <hr>
  <div class="crayon article-chapo-118 chapo rub23" style="text-align: justify;">
    <p>
      <em>Le «&nbsp;plan de sauvetage&nbsp;» de la Grèce fait penser à cette bouée jetée à un homme à la mer, qui l’assomme et finalement le conduit à la noyade. Et pourtant la bouée ne sera pas
      perdue pour tout le monde. En tout cas, pas pour les marchés financiers, qui commencent à s’habituer à (sur)vivre sur le dos des salariés de tous les pays. Car ce «&nbsp;sauvetage&nbsp;» est
      avant tout celui des spéculateurs, le couronnement d’un second hold-up de prestige, après la crise des subprimes. Les DDB enquêtent sur le mode opératoire des braqueurs de la grande
      finance.</em>
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
  </div>
  <div class="crayon article-texte-118 texte" style="text-align: justify;">
    <p>
      Pour expliquer le creusement de la dette et du déficit grecs, les médiacrates de tous poils ne risquent pas de se retrouver à court d’arguments&nbsp;: chaque jour voit son lot de nouvelles
      explications de la crise grecque. Le grec ne travaille pas suffisamment, il ne paie pas ses impôts, il travaille au marché noir, il touche un treizième et un quatorzième mois, il part à la
      retraite à 53 ans. L’Etat grec est corrompu, son budget de la défense est exorbitant. D’ailleurs, les Athéniens n’ont-ils pas condamné Socrate à mort&nbsp;?
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Il y a bien sûr d’autres raisons, sans doute mineures et moins spectaculaires. Comme par exemple, la «&nbsp;gouvernance&nbsp;» exclusivement monétaire de la zone euro, qui entérine un principe
      de concurrence entre les économies européennes&nbsp;[<a id="nh1" class="spip_note" title="Nous sommes tous Grecs ! Les marchés financiers à l’assaut des droits sociaux&nbsp;(...)" rel=
      "footnote" name="nh1" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nb1">1</a>]. Ou encore, le transfert de la dette privée vers la dette publique, opéré à travers le sauvetage
      du système bancaire pourri par la spéculation sur des actifs financiers douteux. Le principe est simple&nbsp;: «&nbsp;<em>plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous
      contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état</em>&nbsp;» rappelle Pierre Rimbert.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Le résultat&nbsp;? «&nbsp;<em>Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise
      sociale.</em>&nbsp;» Le renflouement des banques semblait donner une illustration parfaite d’une idée répandue selon laquelle il faut privatiser les profits et socialiser les pertes&nbsp;:
      «&nbsp;<em>requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires
      ordinaires</em>&nbsp;[<a id="nh2" class="spip_note" title="Des subprime à l’effondrement des dominos européens, Crise financière, les six&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh2" href=
      "http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nb2">2</a>]&nbsp;»
    </p>
    <p>
      Pourtant, ce n’était que le premier acte&nbsp;: vint la crise grecque.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <strong>Le rôle des marchés financiers</strong>
    </p>
    <p>
      <strong><br></strong>
    </p>
    <p>
      Du fait de ses difficultés économiques – dont la cause, on l’a dit, n’est autre que l’incurie des grecs trop occupés à boire de l’ouzo sur le Pirée avec l’argent de leur treizième ou
      quatorzième mois – la Grèce s’est retrouvée en première ligne de la «&nbsp;crise de la dette&nbsp;». Si le gouvernement grec annonçait un déficit autour de 6&nbsp;% du PIB en 2009, George
      Papandréou, arrivé à la tête du gouvernement en octobre 2009, dévoile la réalité des chiffres&nbsp;: un déficit de 12,7&nbsp;% du PIB et une dette publique de 300 milliards d’euros fin 2009
      (113&nbsp;% du PIB). Des chiffres qui n’ont rien d’une exception. Le déficit des États-Unis qui atteint 10,5&nbsp;% en février, celui de l’Espagne à 11,5&nbsp;%, celui de l’Irlande à
      12&nbsp;%&nbsp;[<a id="nh3" class="spip_note" title="Au-delà de la Grèce, déficits, dettes et monnaie par Frédéric Lordon :&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh3" href=
      "http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nb3">3</a>].
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Pourtant, sans le savoir, le premier ministre grec donnait le signal de départ d’une nouvelle bulle spéculative qui allait faire la fortune des investisseurs, et le malheur des salariés grecs.
      Au cœur de la mécanique de ce mouvement spéculatif, une «&nbsp;innovation financière&nbsp;»&nbsp;: les assurances contre le défaut de paiement (CDS pour credit default swap).
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Le principe est simple&nbsp;: lorsque des investisseurs achètent des titres d’emprunt, ils peuvent s’assurer contre un hypothétique non-remboursement de la part d’une entreprise ou d’un Etat.
      Si la demande en CDS est grande, leur taux augmente&nbsp;: cela signifie que les investisseurs souhaitent se protéger contre le défaut de paiement – c’est-à-dire que le «&nbsp;marché&nbsp;»
      considère que le risque est grand que l’emprunteur ne puisse rembourser son emprunt.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Sauf que le marché des CDS, comme bien d’autres «&nbsp;produits dérivés&nbsp;», s’est autonomisé. Il est donc possible, pour les investisseurs qui en ont les moyens, de spéculer à la hausse sur
      les CDS. «&nbsp;<em>On sait ainsi que Goldman Sachs et deux Hedge funds dont celui de John Paulson ont acquis de grandes quantités de CDS</em>&nbsp;» explique Jean Quatremer. «&nbsp;<em>Un jeu
      souvent gagnant&nbsp;: si le taux des CDS grimpent, les spéculateurs gagnent de l’argent, si les taux d’intérêt de la dette grimpent, ils gagnent de l’argent, si la Grèce fait défaut, ils
      gagnent de l’argent.</em>&nbsp;[<a id="nh4" class="spip_note" title="L’Europe s’attaque aux spéculateurs, Les coulisses de Bruxelles :&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh4" href=
      "http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nb4">4</a>]&nbsp;»
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      A tous les coups l’on gagne. Le résultat, c’est que le taux des CDS grecs s’est envolé. Certains équilibristes de marché assurent qu’il s’agit d’une estimation rationnelle du risque de défaut
      de paiement. Il s’agit surtout d’une estimation rationnelle de la manière de faire de l’argent facile&nbsp;: les taux grecs atteignent trois ou quatre fois plus que les CDS des pays émergents.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      «&nbsp;<em>C’est comme si quelqu’un prenait une assurance-incendie sur la maison de son voisin. Il aurait alors tout intérêt à y mettre le feu pour toucher l’assurance</em>&nbsp;», selon le bon
      mot du Premier-Ministre Papandreou.
    </p>
    <p>
      Certes la maison brûle. Parmi les incendiaires, on retrouve la même bande qui avait sévi lors de la crise des subprimes. Parmi eux, bien sûr, les habitués du banditisme financier de grand
      chemin, hedge funds type Goldman Sachs, mais aussi les agences de notation&nbsp;; celles-ci n’ont pas manqué de jouer le jeu de dupes des spéculateurs, en faisant comme si les taux des CDS
      informaient réellement sur l’état des comptes grecs.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      En dégradant la note de la dette grecque, elles ont contribué à rendre plus difficile son financement. Cette fois, ce sont les taux de la dette qui s’envolent, obligeant le gouvernement à
      tailler dans les budgets publics et dans les salaires. Ce sont surtout les salariés qui trinquent&nbsp;: retraites, salaires (déjà pas énormes) sont passés à la moulinette tandis que les coupes
      budgétaires hypothèquent toute reprise de l’économie. L’activité stagne, le chômage augmente, les rentrées fiscales du gouvernement s’écroulent et le déficit se creuse. La boucle est bouclée.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      <strong>Le revolver du risque systémique</strong>
    </p>
    <p>
      <strong><br></strong>
    </p>
    <p>
      Heureusement, à quelque chose malheur est bon. Les titres de la dette, devenus pour le moins juteux, sont eux-aussi détenus par des investisseurs qui pourront se féliciter de ce pillage de la
      Grèce savamment orchestré à coup d’«&nbsp;innovation financière&nbsp;» et de «&nbsp;rationalité du marché&nbsp;».
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Pour eux, une seule ombre du tableau&nbsp;: et s’il venait au gouvernement grec l’idée saugrenue de décider souverainement de ne pas rembourser ses créanciers&nbsp;? Sous prétexte, par exemple,
      que le racket financier serait allé un peu trop loin&nbsp;? A vrai dire, les choses se compliqueraient rapidement. Déjà, la mise serait perdue. Mais ce ne serait qu’un moindre mal.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      Car si la Grèce faisait défaut, les opérateurs de CDS se retrouveraient à devoir payer leurs assurances aux spéculateurs. Or il existe un risque que ces opérateurs se retrouvent en difficulté
      pour allonger la somme&nbsp;: ils pourraient rapidement se retrouver en faillite. Les juteux CDS grecs se verraient rétrogradés au rang d’«&nbsp;actif toxique&nbsp;». Par ailleurs, certains des
      opérateurs disposant d’une taille critique sur les marchés financiers, leur faillite pourrait représenter un risque systémique d’écroulement de l’ensemble du système financier.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      C’est là où le mode opératoire de la bande à Goldman Sachs et compagnie est rôdé. S’ils pouvaient avoir des doutes sur la bonne volonté du gouvernement et du peuple grec à obtempérer,
      socialiser les pertes et payer les pots cassés, ils pouvaient toujours compter sur les gouvernements européens. Car à la menace du risque systémique viennent s’ajouter les conséquences sur la
      zone euro du défaut de paiement d’un de ses membres – et son possible éclatement. Les spéculateurs pouvaient faire un pari sans risques&nbsp;: les enjeux seraient trop importants pour que les
      gouvernements de la zone euro ne laissent la Grèce se déclarer en défaut de paiement.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      C’est donc le pistolet sur la tempe que les gouvernements européens ont été amenés à signer leur «&nbsp;plan de sauvetage&nbsp;» de la Grèce. Dont la menue monnaie est avant tout destinée aux
      coffres des investisseurs. Les acrobates de la finance ne sont jamais autant inspirés que lorsqu’ils savent pertinemment que les Etats allongeront leur «&nbsp;filet de sécurité&nbsp;» au
      moindre risque systémique.
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      «&nbsp;<em>Quand une bulle est formée, il est trop tard. Elle crèvera nécessairement, avec l’éventualité d’armer tous les mécanismes du risque systémique - c’est-à-dire de la prise d’otage des
      pouvoirs publics sommés de venir socialiser les pertes sous peine de risquer un collapsus majeur</em>&nbsp;» explique Frédéric Lordon dans son ouvrage <em>Pour en finir avec les crises
      financières</em>.
    </p>
    <p>
      C’est dire si on en a fini.
    </p>
    <div style="font-size: 0.8em;">
      <em>Eric Scavennec</em>
    </div>
  </div>
  <div class="note" style="text-align: justify;">
    <p>
      [<a id="nb1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="footnote" name="nb1" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nh1">1</a>] Nous sommes tous Grecs&nbsp;! Les marchés
      financiers à l’assaut des droits sociaux en Europe, sur le site d’Attac France&nbsp;: <a class="spip_out" rel="nofollow" href=
      "http://www.france.attac.org/spip.php?article10997">http://www.france.attac.org/spip.ph...</a>
    </p>
    <p>
      [<a id="nb2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="footnote" name="nb2" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nh2">2</a>] Des subprime à l’effondrement des dominos
      européens, Crise financière, les six étapes d’un désastre par Pierre Rimbert&nbsp;: <a class="spip_out" rel="nofollow" href=
      "http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-04-30-Crise-financiere">http://www.monde-diplomatique.fr/ca...</a>
    </p>
    <p>
      [<a id="nb3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="footnote" name="nb3" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nh3">3</a>] Au-delà de la Grèce, déficits, dettes et
      monnaie par Frédéric Lordon&nbsp;: <a class="spip_out" rel="nofollow" href=
      "http://blog.mondediplo.net/2010-02-17-Au-dela-de-la-Grece-deficits-dettes-et-monnaie">http://blog.mondediplo.net/2010-02-...</a>
    </p>
    <p>
      [<a id="nb4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="footnote" name="nb4" href="http://ellynn.fr/dessousdebruxelles/spip.php?article118#nh4">4</a>] L’Europe s’attaque aux spéculateurs, Les
      coulisses de Bruxelles&nbsp;: <a class="spip_out" rel="nofollow" href=
      "http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/leurope-sattaque-aux-sp%C3%A9culateurs.html">http://bruxelles.blogs.liberation.f...</a>
    </p>
  </div>
  <table style="text-align: justify;" border="0" cellspacing="2" cellpadding="2" width="95%">
    <tbody>
      <tr height="30">
        <td colspan="2" height="54" valign="top">
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <big><big><strong><a class="titreArtNiveau1">Grèce&nbsp;: ce qu’on ne nous dit pas</a></strong></big></big>
          </p>
          <p>
            <a class="titreArtNiveau1"></a>
          </p>
        </td>
        <td height="30">
          <br>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td valign="top">
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <em><span>La présentation de la Grèce comme d’un pays de paresseux est non seulement injurieuse, mais erronée, comme l’indiquent les statistiques sur la productivité. Quant à la politique
            qui lui est imposée, elle a toutes les chances de l’enfoncer dans une spirale de crise ininterrompue.</span></em>
          </p>
          <p>
            <span>Jacques Sapir</span> - <span>3 mai 2010</span>
          </p>
          <hr class="spip">
          <p>
            <span>Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans
            prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.</span>
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des <em>«&nbsp;cueilleurs d’olives&nbsp;»</em> et même de l’exécrable calembour
            (la <em>«&nbsp;mauvaise Grèce&nbsp;»</em>) par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Un pays se juge à sa productivité du travail. Mais, cette dernière dépend aussi des activités qui dominent dans ce pays. Ainsi, les services non financiers ont-ils une productivité plutôt
            basse, tandis que l’industrie a une productivité qui, toutes choses étant égales par ailleurs, est plus élevée. Les services financiers aujourd’hui sont l’activité dont la productivité
            est la plus forte, sans d’ailleurs que cela préjuge de leur contribution réelle à la richesse du pays ou de leur utilité. La Grèce est plutôt une économie de services (le tourisme et les
            services associés), avec aussi un secteur agricole qui – pour des raisons géographiques – est plutôt intensif en travail qu’en capital. Or la productivité de la Grèce, en dépit de tous
            ces facteurs, est loin d’être ridicule (1). La productivité de la Grèce (calculée en parité de pouvoir d’achat) est supérieure à celle du Portugal et de tous les pays <em>«&nbsp;nouveaux
            entrants&nbsp;»</em> de l’Union Européenne (qui n’ont pas la réputation, pourtant, d’être peuplés de fainéants). En fait, la Grèce à une productivité égale à 85% de la productivité
            allemande, ce qui n’est pas mal pour des <em>«&nbsp;cueilleurs d’olives&nbsp;»</em>…
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Maintenant, si l’on compare les rythmes des gains de productivité sur 10 ans (1995-2005), on peut faire une autre constatation. Avec une moyenne de 2,4%, la Grèce a un taux de croissance
            de la productivité du travail sensiblement égal au double de l’Allemagne (1,2%). Elle est aussi nettement au-dessus de la moyenne de la zone Euro et de l’UE-25. En fait, et compte tenu de
            la structure de l’économie grecque, les travailleurs ont consenti des sacrifices importants.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            La Grèce a incontestablement des problèmes, mais ils n’ont rien à voir avec le travail des Grecs. On peut rapidement, sans prétendre à l’exhaustivité, évoquer&nbsp;:
          </p>
          <p>
            <img src="mailbox:///C%7C/Documents%20and%20Settings/Ayrault/Application%20Data/Thunderbird/Profiles/scxaz096.default/Mail/pop.wanadoo.fr/Sent?number=257865909&amp;part=1.1.2" class=
            "puce" alt="-" width="8" height="11">&nbsp;1. Une évasion fiscale des hauts revenus, largement rendue possible par la libéralisation financière dans la zone Euro. On constate d’ailleurs
            aujourd’hui une baisse des comptes bancaires en Grèce au profit des banques de Chypre…
          </p>
          <p>
            <img src="mailbox:///C%7C/Documents%20and%20Settings/Ayrault/Application%20Data/Thunderbird/Profiles/scxaz096.default/Mail/pop.wanadoo.fr/Sent?number=257865909&amp;part=1.1.2" class=
            "puce" alt="-" width="8" height="11">&nbsp;2. La surévaluation de l’Euro a des effets dramatiques sur la Grèce se voit concurrencée dans les activités touristiques par des pays comme la
            Turquie, la Tunisie ou encore la Jordanie, et qui perd une partie des revenus qu’elle tirait de l’affrètement de la flotte de commerce (revenus en dollars…).
          </p>
          <p>
            <img src="mailbox:///C%7C/Documents%20and%20Settings/Ayrault/Application%20Data/Thunderbird/Profiles/scxaz096.default/Mail/pop.wanadoo.fr/Sent?number=257865909&amp;part=1.1.2" class=
            "puce" alt="-" width="8" height="11">&nbsp;3. La politique allemande au sein de la zone Euro a d’ailleurs aggravé cette situation dans le domaine commercial. La balance courante de la
            Grèce (le déficit commercial) s’est brutalement aggravée depuis 2005 et a atteint en 2007 14% du PIB.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Qu’il y ait eu des scandaleux abus de la part du précédent gouvernement est indéniable. Que ces abus trouvent aussi leurs échos dans les pratiques des autorités locales avec une
            corruption et un népotisme endémiques, est aussi indéniable. Mais, ces abus n’expliquent pas tout et de plus, ils ne concernent pas l’immense majorité des Grecs à qui l’on va demander des
            sacrifices.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            La solution la meilleure pour la Grèce serait de pouvoir dévaluer (ce qu’elle ne peut faire bien entendu tant qu’elle reste dans la zone Euro) et de faire défaut sur une partie de sa
            dette dont les intérêts représenteront 93 milliards d’Euros d’ici fin 2012. Si l’on additionne les intérêts à payer, la dette à faire rouler (ou dette de court terme arrivant à échéance
            et qu’il faut renouveler faute de pouvoir la rembourser) et la nouvelle dette qu’il faudra de toute manière placer, on arrive à un total de près de 150 milliards d’Euros qui seront
            nécessaires (au minimum) d’ici fin 2012.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            En fait, cette estimation ne tient pas compte de la contraction du PIB que le plan d’ajustement qui est actuellement proposé à la Grèce va provoquer. Or, toute contraction du PIB provoque
            une contraction des recettes fiscales…
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Le déficit est ainsi amené à se perpétuer, engendrant un nouveau plan d’ajustement, qui lui-même provoquera une nouvelle baisse du PIB, et des recettes fiscales. C’est une situation
            absolument intenable pour un pays de la taille de la Grèce, et ce d’autant plus que l’estimation de 150 milliards correspond à des hypothèses de recettes publiques qui ne sont pas
            réalistes. Un chiffre compris entre 180 et 200 milliards apparaît comme beaucoup plus probable.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Dans ces conditions, l’aide promise le dimanche 2 mai (et qui est de l’ordre de 110 milliards d’Euros sur 3 ans) serait certainement bien plus efficace si elle venait après une sortie de
            la zone Euro et une dévaluation, sous la forme d’une annulation de certaines créances ou de leur rachat. Ainsi, la Grèce pourrait retrouver rapidement le chemin de la croissance.
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            Il faut ici se souvenir du défaut russe de 1998 (2). C’est bien de ce défaut que date le redémarrage de l’économie russe. Les prix du pétrole n’ont joué aucun rôle jusqu’en 2001/2002.
          </p>
          <p>
            Une dévaluation et un défaut ne sont donc pas la fin du monde et peuvent, au contraire, être l’occasion d’un nouveau départ. ......................................................
          </p>
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <strong>Notes&nbsp;:</strong>
          </p>
          <p>
            (1) J-F. Jamet, «&nbsp;Productivité, temps de travail et taux d’emploi dans l’Union européenne&nbsp;», Fondation Robert Schuman, Questions d’Europe n°45.
          </p>
          <p>
            (2) Sapir, J. "The Russian Economy&nbsp;: From Rebound to Rebuilding", in Post-Soviet Affairs, vol. 17, n°1, (janvier-mars 2001), pp. 1-22.
          </p>
          <hr class="spip">
          <p>
            <span><strong>Source&nbsp;:</strong> <a class="spip_out" href=
            "http://www.marianne2.fr/Grece-les-3-mensonges-des-medias-et-des-experts-1_a192305.html?preaction=nl&amp;id=5914736&amp;idnl=25947&amp;" target=
            "_blank">http://www.marianne2.fr/Grece-les-3...</a> avec graphiques.<br>
            <br></span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <div class="cartouche" style="text-align: justify;">
    <div class="surlignable">
      <h1 class="crayon article-titre-772 entry-title">
        Crise, la croisée des&nbsp;chemins
      </h1>
    </div>
    <p class="date">
      <abbr class="published" title="2010-05-07T13:32:42Z">vendredi 7 mai 2010</abbr>, par Frédéric Lordon
    </p>
  </div>
  <div class="surlignable" style="text-align: justify;">
    <div class="crayon article-texte-772 texte entry-content">
      <div class="encart">
        <div id="tdm" class="divers">
          <h2 class="menu-titre">
            Table des matières
          </h2>
          <ul>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#Remettre-la-situation-au-clair">Remettre la situation au clair</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#Lisbonne-RIP">Lisbonne RIP</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#De-la-crise-bancaire-a-la-crise-de">De la crise bancaire à la crise de finances publiques… et retour !</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#L-occasion-d-une-autre-monnaie">L'occasion d'une autre monnaie unique : la monnaie commune</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#De-la-planche-a-billets-aux">De la planche à billets aux assignats</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#Retour-brutal-de-l-economie">Retour (brutal) de l'économie politique</a>
            </li>
            <li>
              <a href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#L-alternative-de-l-insurrection-et">L'alternative de l'insurrection et du coup de sang gouvernemental</a>
            </li>
          </ul>
        </div>
      </div>
      <p>
        Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui depuis l’été 2007 ne loupent pas une occasion de se féliciter que «&nbsp;le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est
        terminée&nbsp;». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne&nbsp;2007, printemps&nbsp;2008, fin&nbsp;2009) et que, vaillants comme on les connaît, on
        peut être tout à fait certains, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse
        cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Stupéfiante, la situation l’est sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises
        monétaires et en crises politiques étaient prévisibles dès la fin 2007. Comme toujours, pourtant, le passage de l’idéel au réel a des effets propres qui ont le don de nous cueillir. Et l’on a
        beau savoir de longue date que quelque part nous attend une heure de vérité, le jour de sa manifestation n’est pas tout à fait comme les autres.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Pour l’euro, c’est maintenant. Ou plus tard. On dira que c’est bien là une prévision d’économiste (du genre qu’on aime à promener sur rail avec goudron et plumes). Pourtant lorsque l’on aura
        admis que ladite «&nbsp;science économique&nbsp;» n’est pas capable d’en dire beaucoup plus en les matières présentes, on sera peut-être un peu plus au clair quant à sa scientificité
        véritable et à ce qu’il est raisonnable d’attendre d’elle – souvent beaucoup moins que ce que prétendent les «&nbsp;économistes&nbsp;». En l’espèce, elle peut dire – parler
        d’«&nbsp;elle&nbsp;» est d’ailleurs un abus de langage car «&nbsp;elle&nbsp;» est rien moins qu’unifiée – l’entrée dans le voisinage des points critiques, mais pas le moment précis de leur
        franchissement&nbsp;; et il y a des raisons très profondes à cette incapacité (voir <em>infra</em>).
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Pour l’heure, le caractère délirant de la situation a au moins le mérite de fouetter les sangs et d’alimenter quelques saines colères. Ce qui n’interdit pas d’essayer d’y adjoindre un peu
        d’analyse, mais avec l’idée de taper les clous un peu brutalement tout de même.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="Remettre-la-situation-au-clair" name="Remettre-la-situation-au-clair"></a> Remettre la situation au clair
      </h3>
      <p>
        L’habileté de la finance privée, il est vrai bien servie par le barnum des éditorialistes et de leurs experts toujours bien accrochés, consiste à faire oublier qu’au commencement était non
        pas le verbe mais le foutoir spéculatif. Il n’y a pas d’intelligence politique possible de la situation présente sans remonter à son fait générateur et redéployer méthodiquement les
        enchaînements qui s’en sont suivis, ce qui donne à peu près ceci&nbsp;:
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        1. Avant le choc financier déclenché en 2007, il n’y a pas de problèmes de dettes publiques en Europe. Il n’y en a <em>fucking</em> pas&nbsp;!
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        2. Tous les ralentissements/récessions des deux dernières décennies ont pour origine des chocs financiers antécédents transmis à l’économie réelle par le canal du crédit (récession d’après
        krach immobilier au début des années 1990, récessions dans les pays d’Asie du Sud-Est post crise internationale de 1997-1998) ou par celui de l’effet richesse (krach Internet).
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        3. La crise financière dite des «&nbsp;subprime&nbsp;» est d’une ampleur inédite. Elle a frappé directement les banques, elle était par conséquent vouée à produire des effets récessifs de
        première grandeur.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        4. Laisser se creuser les déficits publics est un impératif conjoncturel dans ce genre de situation récessioniste. Le déficit est d’autant plus grand que la récession est violente, celle-ci
        l’étant dans les mêmes proportions que le choc financier qui l’a déclenchée. Mais c’est ainsi.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        5. Bien sûr, on peut vouloir déférer aux marchés et tenter de cadenasser le déficit budgétaire – à l’image des cinglés qui proposent de constitutionnaliser une règle d’équilibre budgétaire
        sans même se rendre compte qu’ils auraient l’air malin en ce moment. Il faut simplement savoir que tenter de réduire ou de maintenir le déficit en phase de récession demande des hausses
        d’impôts et des baisses de dépenses si violentes qu’elles aggravent immanquablement la situation qui leur a donné naissance… laissant au total les finances publiques dans un état plus dégradé
        qu’au départ&nbsp;! (car l’approfondissement de la récession fait chuter les recettes fiscales plus vite que ne s’opère l’ajustement budgétaire), Avec juste en prime un taux de chômage à deux
        chiffres (dont le premier n’est pas nécessairement 1). Splendide résultat. Le cas de la Lettonie, généralement jugé admirable par la presse économique, est assez spectaculaire sous ce
        rapport. Car ça n’est pas faute d’avoir fait saigner la bête en contrepartie des 10&nbsp;milliards de dollars du FMI et de l’UE. Réduction des salaires de fonctionnaires de 25&nbsp;% et
        réduction de leurs effectifs de 20&nbsp;%... Avec pour remarquable effet que le déficit budgétaire… s’est creusé encore plus&nbsp;! Il est passé à 9&nbsp;% pour 2009. Mais patience, ça va
        payer. Pour 2010, il est prévu à… 8,5&nbsp;%, gain époustouflant qui justifie largement de continuer la potion.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        6. A ma droite ce qu’il faudrait faire pour calmer les marchés, à ma gauche le contraire qui convient pour ne pas trop maltraiter les populations dans l’épisode récessioniste (d’origine
        financière). L’antagonisme est maintenant constitué&nbsp;: corps sociaux <em>vs.</em> finance. On n’attend plus que de voir comment les pouvoirs politiques vont arbitrer.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        7. Comme toujours ils tenteront de s’en tirer en donnant un peu à chacun. Mais dans quelles proportions&nbsp;? Et surtout avec quel espoir d’efficacité&nbsp;? Car dès lors qu’ils passent en
        mode «&nbsp;foldingue&nbsp;» les marchés sont encore moins capables de moyen terme qu’au naturel. Or le pilotage sans casse d’un ajustement budgétaire est très possible, en premier lieu parce
        que celui-ci s’effectue pour l’essentiel par le retour de la croissance mais, par conséquent, à la condition de pouvoir tenir l’horizon temporel adéquat – qui est de trois à cinq&nbsp;ans. Et
        pas de trois&nbsp;semaines. Strictement incapables de voir au delà quand leurs croyances collectives se polarisent à la défiance, les sur-réactions de court terme des marchés ont au surplus
        les pires propriétés autoréalisatrices possibles&nbsp;: les ventes spéculatives massives des titres publics en font plonger les cours, donc grimper les taux, avec pour effet d’alourdir
        immédiatement le coût de la dette variable ou renouvelable. La crise grecque est gérable tant que les taux sont de 5&nbsp;%, elle ne l’est plus quand ils passent à 8 ou 10, ce qui s’est
        produit en quelques semaines, <em>à situation objective quasi-inchangée et du seul fait de l’emballement spéculatif&nbsp;!</em> – lequel trouve là une confirmation de son propre bien fondé
        sans voir qu’il a, par ses effets d’autovalidation, produit entièrement à lui seul la «&nbsp;confirmation&nbsp;» en question…
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        8. Le propre de l’entrée en régime de délire de l’opinion financière ne tient pas seulement à la puissance de ces effets d’autoréalisation mais également à la dramatique dégradation des
        termes de l’arbitrage que s’escriment à rendre les gouvernements entre la finance et leur corps social. Car l’intensification de l’angoisse collective des marchés a pour résultat l’élévation
        potentiellement indéfinie des mesures capables de venir l’apaiser. Obtenir une satisfaction marginale donnée de la finance oblige à faire subir une désutilité marginale surproportionnelle à
        la population. Dit autrement, «&nbsp;acheter&nbsp;» un même «&nbsp;degré&nbsp;» de tranquillisation de la finance devient d’un coût économique et social explosivement croissant. À mesure que
        son jugement se dérègle, le Shylock moderne ne veut plus seulement une&nbsp;livre de chair, mais trois&nbsp;kilos, et puis cinq… et puis quoi encore à la fin, la bête entière&nbsp;? En
        situation de crise aiguë, les gouvernements qui s’engagent dans cette voie du «&nbsp;compromis&nbsp;» sont certains d’en sortir en lambeaux – façon de parler puisque ce sont les populations
        qui sont en fait destinées à la charpie.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        L’effrayant durcissement en quelques semaines du plan d’«&nbsp;ajustement&nbsp;» grec donne un bon début d’illustration de ce phénomène d’explosion soudaine et délirante des sacrifices à
        opérer pour espérer calmer la finance. C’est là le piège caractéristique de ce qu’on nomme la «&nbsp;crédibilité&nbsp;», que la théorie économique la plus stupidement ignorante des autres
        sciences sociales n’a jamais été capable de concevoir autrement que comme une liste d’actions «&nbsp;consignes&nbsp;» objectives à respecter par la politique économique, alors qu’étant
        fondamentalement une affaire de <em>production de croyance collective</em> (celle des marchés), la crédibilité sollicite des mécanismes sociaux d’une tout autre nature. Dont le dérèglement,
        toujours possible quand il est affaire d’opinion et de croyance, peut potentiellement emmener dans des extrêmes inimaginables. Ainsi, par exemple, les investisseurs ne guettent-ils plus
        seulement les dispositions intrinsèques du plan grec mais la façon dont le corps social va les accepter&nbsp;[<a id="nh1" class="spip_note" title=
        "Une analyse de ce genre avait déjà été conduite à propos de la désinflation&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh1" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb1">1</a>], avec l’idée que, pour que le paquet d’ensemble soit «&nbsp;convaincant&nbsp;» il faudrait que le peuple grec
        manifeste mais en criant «&nbsp;oui-oui&nbsp;» et en faisant bravo – peut-être même, d’ici quelques jours, en disant merci. Inutile de dire que, sous ce rapport, les manifestations présentes
        – qui ne disent pas «&nbsp;oui-oui&nbsp;» – font un peu désordre…
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        9. On comprend peut-être mieux maintenant pourquoi les dynamiques économiques pilotées par la finance sont «&nbsp;diagnosticables&nbsp;» en gros mais imprévisibles en détail&nbsp;: elles sont
        affaire de croyances collectives et les déplacements de la croyance financière, parfois fulgurants, sont par suite insaisissables. Nul ne dispose des instruments susceptibles d’en cerner la
        formation et les brutales modifications. Il n’y a pas besoin de jouer les pythonisses pour diagnostiquer que nous sommes entrés en zone critique, et que tout peut s’y produire. Mais
        littéralement tout, c’est-à-dire aussi bien la propagation foudroyante de la défiance aux autres pays de l’euro, avec une bonne probabilité d’explosion générale au bout du compte, que le
        retour au calme d’ici une semaine. Qu’on ne se laisse pas abuser cependant par ce qui n’est qu’une apparente (et fausse) symétrie. Car le «&nbsp;problème&nbsp;» qui a donné naissance à ce
        mouvement incontrôlable de l’opinion financière est, lui, là et bien là, profondément incrusté dans le paysage. Aussi pourra-t-il à tout instant ré-exploser et condamner les ravis de
        «&nbsp;la crise est finie&nbsp;» à des adieux à la façon des Compagnons de la chanson, c’est-à-dire à un quatrième chapeau à manger et à un cinquième tour de chant.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="Lisbonne-RIP" name="Lisbonne-RIP"></a> Lisbonne RIP
      </h3>
      <p>
        Le «&nbsp;problème&nbsp;» en question est double. Ou plutôt il est en toute généralité celui du sur-endettement global, et spécifiquement celui de la façon dont la zone euro est armée, ou
        plutôt désarmée, pour y faire face. Tous ceux qui s’obstinaient à soutenir le caractère indépassable des traités européens et leur magnifique résistance à la crise quand on leur expliquait
        qu’ils étaient voués à partir en lambeaux ont l’air fin. Car dans le meilleur des cas le traité, déjà à l’état de guipure, va finir à la poubelle – à tout prendre le lieu où il s’en tirerait
        avec le moindre déshonneur.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Dès les années 1990, les économistes hétérodoxes expliquaient qu’à l’inverse de l’indigente théorie standard qui n’y voit qu’un commode instrument des échanges, la monnaie est un <em>rapport
        social</em>, inscrit dans des formes institutionnelles et engageant des forces de nature profondément politique. Ils en déduisaient la non-viabilité de long terme d’une construction monétaire
        qui n’est pas adossée à une communauté politique constituée comme telle&nbsp;[<a id="nh2" class="spip_note" title=
        "Voir par exemple André Orléan, « La monnaie autoréférentielle. Réflexions sur&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh2" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb2">2</a>] (ce que la présente Europe n’est en aucun cas), par défaut rédhibitoire des mécanismes politiques qui doivent
        inévitablement être activés pour accommoder une crise violente – événement sur lequel un projet de long terme saurait difficilement faire l’impasse, spécialement dans l’univers d’instabilité
        chronique de la libéralisation financière. Les ravis européistes commencent à s’en apercevoir, malheureusement un peu tard. Car voilà le fâcheux aléa matérialisé. Les États-Unis n’ont pas eu
        de difficulté notoire à absorber le défaut de la municipalité de New York dans les années 1970 ou le défaut du comté d’Orange dans les années 1990. Les arguments d’échelle ne changent rien à
        l’affaire. Si un état entier venait à faire défaut (hypothèse rien moins que fantaisiste d’ailleurs), le gouvernement fédéral viendrait à sa rescousse sans tergiverser bien longtemps. Et en
        mettant sur la table ce qu’il faut sans délai.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Les médias étant strictement incapables de cette vigilance élémentaire en quoi consistent le travail d’archives et la remise des directeurs attitrés de l’opinion publique face à leurs propos
        du passé, on rêverait de la machine à remonter le temps qui nous ramènerait en 2005 et nous ferait entendre à nouveau les promesses de prospérité éternelle (et aussi d’impossibilité de toute
        alternative). À défaut d’un chronoscaphe adéquatement bricolé on se contentera de l’éloquente démonstration présente, offerte par une construction monétaire dépourvue de tout mécanisme
        politique permettant d’accommoder les tensions économiques et ne disposant plus du moindre degré de liberté – à part celui, bientôt inévitable, d’envoyer valser le traité pour le réécrire de
        fond en comble. Rigide absolument, l’union économique et monétaire n’a que le choix de rompre ou de voir ses règles bafouées – mais avec quel effet sur l’opinion financière...
      </p>
      <p>
        C’est évidemment le cas du pacte de stabilité, devenu fictif depuis l’entrée en crise économique de 2008. Ça l’est également des règles d’intervention de la BCE qui, après avoir juré que
        jamais elle ne détendrait ses standards de collatéraux pour un seul pays, a dû – et heureusement, elle l’a fait&nbsp;! – consentir à rendre éligibles au refinancement les titres de la dette
        grecque déclassés en <em>junk</em>. Dans cette affaire, ça n’est pas tant de faire ce qu’elle fait qui est problématique que de s’être d’abord fixé des règles absurdes pour devoir ensuite les
        violer soi-même à la face de tous – l’histoire de toute la construction économique européenne depuis Maastricht, l’histoire d’une gigantesque <em>malfaçon</em>. C’est bien là d’ailleurs le
        genre de sottise qui a le don de rendre un peu plus dingues les marchés qui trouvent dans la rupture des règles un motif supplémentaire de sortir de leurs gonds là où, sans règles formelles
        aussi «&nbsp;dures&nbsp;», des ajustement souples peuvent se produire sans même que les agents de la finance trouvent à les problématiser.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Mais le défaut d’unité politique est évidemment le plus patent quand il faut improviser à chaud des formules de sauvetage, alors même que les États-membres divergent profondément quant aux
        principes du sauvetage. Il est vrai qu’ayant présupposé que le pacte de stabilité était inviolable, il n’était plus utile d’envisager ne serait-ce que l’hypothèse d’un défaut souverain. Pas
        de chance, nous y sommes… Et dans le vide procédural où il tombe, l’événement n’offre que des mauvais choix.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="De-la-crise-bancaire-a-la-crise-de" name="De-la-crise-bancaire-a-la-crise-de"></a> De la crise bancaire à la crise de finances publiques… et&nbsp;retour&nbsp;!
      </h3>
      <p>
        Soit on laisse la Grèce faire défaut, après d’ailleurs que, en ce sens impeccablement européen, son premier ministre ait juré que cette «&nbsp;ligne rouge&nbsp;» était infranchissable –
        serment à interpréter comme le signe d’un franchissement à venir. Comme toujours dans la finance, le défaut n’aura probablement pas le bon goût de rester local. Charme de la mondialisation
        oblige, la dette souveraine grecque est détenue à 70&nbsp;% par des non-résidents. Un défaut grec est donc très bien parti pour faire tanguer une nouvelle fois le monde bancaire – détenteur
        de 45&nbsp;% de l’encours tout de même. Jusqu’au point de renouveler le bel automne&nbsp;2008&nbsp;? Pourquoi pas. Les banques grecques elles-mêmes commencent à fuir de toutes parts du fait
        du départ en catastrophe de leurs plus gros déposants. Mais surtout, on voit revenir les prodromes du grand jeu qui avait fait fureur à partir de l’été&nbsp;2007&nbsp;: «&nbsp;qui a quoi dans
        ses placards&nbsp;?&nbsp;» Il ne s’agit plus de CDO dérivés de crédits subprime mais de titres souverains (et pas seulement grecs au fur et à mesure que se répand la défiance). Mais les
        effets sont les mêmes&nbsp;: les banques commencent à se regarder mutuellement de travers. Comme alors, on mesurera l’intensité de la méfiance interbancaire à l’ouverture du <em>spread</em>
        de l’OIS (<em>Overnight Index Swap</em>) et du Libor à 3 mois&nbsp;[<a id="nh3" class="spip_note" title="Le LIBOR (London Interbank Offered Rate) est le taux du marché&nbsp;(...)" rel=
        "footnote" name="nh3" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb3">3</a>] – et tiens&nbsp;! le voilà qui (re)commence à frémir&nbsp;[<a id="nh4" class=
        "spip_note" title="Il est passé de 6 points de base le 15 mars à 13,4 points de base le 6 mai.&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh4" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb4">4</a>].
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        C’est en ce point précis que la contagion post-grecque menace de faire très mal. Car ce sont de tout autres encours qui deviendraient «&nbsp;à problème&nbsp;» la spéculation se
        déplacerait-elle vers les dettes portugaise et surtout espagnole (en attendant irlandaise et anglaise). Des révisions en cascade des notations, avec inévitables dévalorisations brutales à la
        clé, auraient des effets proprement nucléaires. Quelques petites banques portugaises et espagnoles ont déjà vu leur accès fermé aux marchés de gros du crédit. Et les primes des CDS des
        principales banques de la zone euro sont en train de remonter gentiment. Il faut redire à quel point cette dynamique potentiellement fatale est insaisissable et imprévisible&nbsp;: car elle
        n’est pas autre chose que la dynamique de la croyance financière même, qui peut très bien (ou pas) se polariser d’un coup sur l’idée fixe de la contagion et de l’éclatement de l’euro… et
        faire ainsi advenir la contagion et l’éclatement de l’euro.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Par un effet ironique de rétroactions successives dont la finance a le secret, la crise de finance privée de 2007-2008, tournée en crise de finances publiques en 2009-2010, retournerait à son
        point de départ, c’est-à-dire au secteur bancaire privé avec des effets de dévastation largement comparables à ceux du premier service. Et obligation d’un nouveau secours public, tournez
        manège&nbsp;! Déconfitures privées et défauts souverains sont maintenant tellement intriqués qu’ils en deviennent indémêlables, et les causalités jouent dans tous les sens. Ainsi, par
        exemple, un scénario assez plausible de déclenchement d’une crise espagnole pourrait très bien venir… d’un naufrage <em>préalable</em> des banques privées. Car celles-ci ne vont pas tarder à
        encaisser le plein effet du collapsus du secteur de la construction qui, toutes activités latérales agrégées (sous-traitants, agences, etc.), représente pas loin d’un tiers du PIB espagnol –
        or les mises en chantier se sont effondrées des deux tiers et les permis de construire de 95&nbsp;%&nbsp;[<a id="nh5" class="spip_note" title=
        "Patrick Artus, « Crise de liquidité ou crise de solvabilité dans la zone euro&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh5" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb5">5</a>]&nbsp;! Les <em>cajas</em> régionales sont en première ligne, farcies de mauvaises dettes en attente de
        révélation, et si les choses tournaient mal et que le gouvernement espagnol devait monter un plan de secours pour une part importante du secteur bancaire – coûteux pour les finances
        publiques&nbsp;[<a id="nh6" class="spip_note" title="Pour soutenir les cajas chancelantes, le gouvernement espagnol a constitué&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh6" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb6">6</a>] –, il n’en faudrait pas beaucoup plus, dans l’état de suspicion d’une opinion financière qui a déjà les nerfs à
        fleur de peau, pour lancer le grand massacre des titres publics espagnols.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="L-occasion-d-une-autre-monnaie" name="L-occasion-d-une-autre-monnaie"></a> L’occasion d’une autre monnaie unique&nbsp;: la&nbsp;monnaie&nbsp;commune <script type="text/javascript">
// <![CDATA[
                document.write("<a href="\"#tdm\"" _mce_href="\&quot;#tdm\&quot;" class=\"tdm\"><img alt=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" title=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" src=\"plugins/table_matieres/images/tdm.png\" style='max-width: 480px; max-height: 100000px' /><\/a>");
// ]]>
</script>
      </h3>
      <p>
        Mais faut-il laisser les Grecs aller au défaut&nbsp;? Du point de vue des autres Etats européens non, puisque c’est assez vraisemblablement libérer les forces de la contagion qui n’attendent
        que ça – or, il faut en être bien certain, le sauvetage de la Grèce, monté dans la douleur, ne sera pas reproductible à l’échelle espagnole par exemple. Du point de vue des Grecs seuls, la
        question mérite d’être étudiée. Si l’on veut répondre oui cependant, il faut répondre complètement, c’est-à-dire en accompagnant le défaut d’une sortie, éventuellement temporaire, de l’euro.
        Le cas russe de 1998 et le cas argentin de 2001-2002 montrent que la combinaison du défaut et d’une vigoureuse dévaluation a d’excellentes propriétés.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Certes la dévaluation renchérit la dette libellée en devises, mais on s’en moque puisque de toute façon on en suspend les paiements. Les finances publiques s’en trouvent considérablement
        allégées et n’ont plus à effectuer un ajustement violent n’ayant pas d’autre effet que d’approfondir la récession (par là d’ailleurs ruinant <em>in fine</em> sa propre efficacité budgétaire).
        La dévaluation donne un coup de fouet aux exportations et relance la croissance. Or ça n’est que par la reprise de la croissance qu’on stabilise les ratios Dette/PIB et qu’on restaure la
        solvabilité souveraine – on en finit presque par se demander si ça n’est pas la seule formule véritablement efficace pour sortir par le haut de ce genre de situation autrement vouée à
        abandonner les intéressés à une décennie, au moins, d’austérité aggravée.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Le problème de la sortie de l’euro… c’est qu’il faut en sortir&nbsp;! Là où il peut s’opérer aisément dans n’importe quel autre cas, l’ajustement de change est constitutivement interdit par
        la monnaie unique (sans parler des difficultés logistiques), et y procéder par sortie (puis rentrée – à un niveau révisé) est la croix et la bannière. C’est la malfaçon princeps de la monnaie
        unique. Plusieurs personnes, dont Jacques Sapir, avaient plaidé à l’époque pour une monnaie commune, seule convertible contre les devises extra-européennes, par rapport à laquelle les
        monnaies européennes auraient reçu chacune une parité de départ, mais révisable selon, non pas des mécanismes de marché (systématiquement désordonnés et incapables de produire à chaud le
        moindre ajustement <em>smooth</em>) mais des processus de négociations politiques (à l’unanimité ou à la majorité très qualifiée, avec contreparties à l’autorisation de dévaluation d’un des
        membres, etc.). Les monnaies nationales auraient fonctionné en gros comme des dénominations de la monnaie commune européenne, mais – et c’est une différence immense – des dénominations aux
        taux <em>politiquement ajustables</em>. C’est ce mécanisme qui fait cruellement défaut, et si les événements, aujourd’hui ou dans quelques mois, tournent à la décomposition complète du traité
        de Lisbonne avec obligation de tout refaire à neuf, c’est une telle idée qu’il faudra vigoureusement pousser.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Car il ne faut pas s’y tromper&nbsp;: à supposer que le calme revienne prochainement, il serait tout à fait temporaire. Le plan grec est auto-invalidant&nbsp;! La brutalité de la récession
        qu’il va produire condamne le rétablissement budgétaire à être toujours à la traîne de l’effondrement des recettes fiscales et tous les efforts mis à réduire le déficit aboutiront à le
        creuser davantage (ou à le maintenir très haut)&nbsp;! C’est pourquoi si elle ne vient pas aujourd’hui, l’heure de vérité sonnera d’ici douze ou dix-huit&nbsp;mois, lorsqu’on s’apercevra de
        cette dynamique du désespoir et que, la solvabilité grecque apparaissant pour ce qu’elle est, à savoir irrattrapable <em>dans ces conditions</em>, il faudra bien rendre les armes et passer à
        autre chose.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="De-la-planche-a-billets-aux" name="De-la-planche-a-billets-aux"></a> De la planche à billets aux assignats <script type="text/javascript">
// <![CDATA[
                document.write("<a href="\"#tdm\"" _mce_href="\&quot;#tdm\&quot;" class=\"tdm\"><img alt=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" title=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" src=\"plugins/table_matieres/images/tdm.png\" style='max-width: 480px; max-height: 100000px' /><\/a>");
// ]]>
</script>
      </h3>
      <p>
        Que peut-il se produire au moment où les gouvernements européens prendront conscience de leur stratégie des Danaïdes et jetteront l’éponge&nbsp;? À supposer qu’il s’obstine à rester dans
        l’euro en continuant de payer la dette, alors que le marché des capitaux lui sera fermé pour de bon, et privé d’une banque centrale nationale qui pourrait lui prêter directement, le
        gouvernement grec pourrait tout à fait en venir aux assignats&nbsp;: il émettra lui-même du papier pour payer ses dépenses en excès sur ses recettes. C’est bien ce que les provinces
        argentines ont fait au début des années 2000 (<em>patacones</em>)… et ce que fait la Californie depuis 2009&nbsp;! L’État de Californie, en effet, paye en partie ses fonctionnaires avec des
        bons à terme, appelés IOU, portant intérêt et convertibles en cash à des échéances qui dépendent d’ailleurs de l’état de la trésorerie…
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        À n’en pas douter, comme un signe de grande santé, cette mesure fera très bonne impression sur l’opinion des marchés… Comme, entre temps, la situation du Portugal et de l’Espagne aura mûri –
        mais il serait utile également de se souvenir qu’existent des pays-modèles comme l’Irlande, le Royaume-Uni… et les États-Unis dont les situations de finances publiques ne sont pas beaucoup
        moins pourries que celle de la Grèce – la contagion, à l’inverse de la guerre de Troie, aura bien lieu&nbsp;! Que peut-il se passer à ce moment là&nbsp;? Il n’y a pas trente six
        solutions&nbsp;: seul le prêteur en dernier ressort a la capacité de sauver le système&nbsp;: la banque centrale. C’est bien elle qui est intervenue pour régler le problème des dettes
        bancaires privées. C’est elle qui devrait intervenir pour régler le problème des dettes publiques consécutif au problème des dettes privées. À ceci près que le divin traité l’interdit&nbsp;!
        Sauver la finance privée, c’est autorisé. Sauver les finances publiques, non.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        En 2005, grande année constitutionnelle, il ne fallait pas dire tout ça, c’était archaïque et égoïste. On ne sait pas si les ravis européistes d’alors trouvent le spectacle d’aujourd’hui
        moderne et altruiste, mais il va falloir qu’ils se fassent à l’idée un peu douloureuse que ce qu’ils ont défendu sous la promesse de donner leur sang était défectueux dès le départ, et que
        tout va partir en morceaux, avec l’éventualité d’être refait mais sur des bases absolument contraires à celles qu’ils avaient déclarées sans alternative. En particulier celle-ci&nbsp;: la BCE
        doit pouvoir prêter directement aux États. Les Anglo-Saxons, à qui on reconnaîtra la vertu d’avoir le dogme moins encombrant, s’en sont tirés en bafouant leurs principes antérieurs par un
        simple jeu de renomination&nbsp;: on a ainsi appelé <em>Quantitative Easing</em> (QE en langage abrégé et comme euphémisme de degré deux réservé aux initiés) la vulgaire planche à billets
        qu’on avait juré définitivement fracassée. Tout bien considéré, elle peut encore servir, et même elle ne marche pas si mal&nbsp;! La Bank of England et la Réserve Fédérale n’ont pas hésité
        bien longtemps et financent ouvertement leurs Trésors respectifs. En Europe, on prend son temps. En fait le temps de la guerre de tranchée.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="Retour-brutal-de-l-economie" name="Retour-brutal-de-l-economie"></a> Retour (brutal) de l’économie politique <script type="text/javascript">
// <![CDATA[
                document.write("<a href="\"#tdm\"" _mce_href="\&quot;#tdm\&quot;" class=\"tdm\"><img alt=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" title=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" src=\"plugins/table_matieres/images/tdm.png\" style='max-width: 480px; max-height: 100000px' /><\/a>");
// ]]>
</script>
      </h3>
      <p>
        Car c’est une gigantomachie dogmatique qui s’annonce. Axel Weber, le président de la Bundesbank, a déjà fait savoir qu’il jugeait parfaitement déplacé d’envisager de faire faire à la BCE des
        choses inhabituelles au seul motif du cas grec. Pour tous les radotages sur l’indispensable couple franco-allemand, il faudra bien se faire à l’idée qu’il y a un problème avec
        l’Allemagne&nbsp;[<a id="nh7" class="spip_note" title="Voir sur ce blog, « Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh7" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb7">7</a>]. Elle a reçu de l’histoire un legs traumatique qui lui interdit d’envisager certaines solutions de politique
        économique même quand elles sont rationnelles – comme l’est le QE dans une situation de surendettement généralisé. C’est le genre d’incapacité tolérable quand tout va bien, mais qui devient
        légèrement encombrante quand la crise remet à nu des intérêts vitaux. Et voilà où la contradiction européenne devient intordable&nbsp;: on ne violentera pas l’Allemagne sur ces sujets-là –
        rapportée à son histoire, ses idées fixes sont entièrement légitimes, c’est juste qu’elles ne sont pas compatibles avec une communauté de politique économique dont les autres membres ne les
        partagent pas&nbsp;; quand bien même on l’entreprendrait, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, qui n’a validé le traité de Lisbonne que sous de nombreuses réserves, ne laisserait sans
        doute pas faire certaines choses (avec le grand renfort de la Bundesbank).
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Du côté allemand, l’impasse est donc aussi juridique. On pourrait objecter qu’elle est de même nature pour les autres États membres puisque tout de même il y a des traités… Mais il ne faut
        pas céder à ce qu’André Orléan a nommé l’illusion légaliste&nbsp;[<a id="nh8" class="spip_note" title=
        "André Orléan, « Les croyances monétaires et le pouvoir des banques centrales »,&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh8" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb8">8</a>]. Le droit ne prend de consistance que par les forces politiques qui le soutiennent et, ces forces
        viennent-elles à manquer, les constructions juridiques s’affaissent sur elles-mêmes comme poupées de chiffon. Les Argentins avaient ainsi cru bon d’inscrire dans leur Constitution le
        dispositif monétaire du <em>currency board</em> comme gage de crédibilité suprême de leur lutte contre l’inflation. Mais le <em>currency board</em>, révélé insoutenable, a conduit droit à la
        crise monétaire de 2001 et, tout constitutionnel qu’il soit, il a été bazardé d’un trait de plume parce que, par nouveau gouvernement interposé, la souveraineté populaire a décidé que ça
        suffisait.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Voilà d’ailleurs la redécouverte que vont bientôt faire, ébahis, les gens qui nous gouvernent, qu’on appellerait à peine «&nbsp;hommes politiques&nbsp;», spécialement au niveau européen, tant
        ils semblent ignorants des forces fondamentales de la politique&nbsp;: il y a des peuples, en dernière analyse la souveraineté en émane, et passé certains seuils de mécontentement ce sont eux
        qui se chargent de tout envoyer valser. Evidemment ça fait des processus un peu désordonnés – de ceux qui font les cauchemars de la finance. Or l’antagonisme par lequel on a ouvert la
        présente analyse – corps sociaux <em>vs.</em> finance –, en fait permanent mais le plus souvent inaperçu, apparaîtra bientôt à l’os – si ça n’est pas déjà fait. Et retour à la question
        décisive de l’«&nbsp;arbitrage&nbsp;». La politique est une affaire de puissance et par conséquent de violence.
      </p>
      <h3 class="spip">
        <a id="L-alternative-de-l-insurrection-et" name="L-alternative-de-l-insurrection-et"></a> L’alternative de l’insurrection et du coup de sang gouvernemental <script type="text/javascript">
// <![CDATA[
                document.write("<a href="\"#tdm\"" _mce_href="\&quot;#tdm\&quot;" class=\"tdm\"><img alt=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" title=\"Retour &agrave; la table des mati&egrave;res\" src=\"plugins/table_matieres/images/tdm.png\" style='max-width: 480px; max-height: 100000px' /><\/a>");
// ]]>
</script>
      </h3>
      <p>
        Latente et mise en forme, ou bien ouverte&nbsp;? C’est la question. À ce propos, la crise semble livrer l’enseignement suivant. Au degré d’incrustation des intérêts financiers au sein même de
        l’appareil d’État&nbsp;[<a id="nh9" class="spip_note" title="Sur l’incapacité des gouvernements en deux ans à produire la moindre&nbsp;(...)" rel="footnote" name="nh9" href=
        "http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nb9">9</a>], il n’est que deux situations, et deux seulement, où des gouvernements qui se sont fait consciencieusement,
        depuis deux décennies, les serviteurs des intérêts de la finance peuvent se retourner contre elle et entreprendre de l’arraisonner&nbsp;: 1) L’insurrection, qui force la main au
        gouvernement&nbsp;; 2) que la finance s’attaque directement aux intérêts vitaux de l’État. Les Grecs sont peut-être en train d’explorer la première solution, à ceci près que ça n’est pas à
        leur niveau que se décident les rétorsions structurelles contre la finance. La deuxième solution a finalement le même <em>modus operandi</em> que la première&nbsp;: elle «&nbsp;force la
        main&nbsp;», sauf que ce ne sont pas des émeutes qui s’en chargent mais une situation de crise financière si aiguë qu’elle supprime radicalement l’option de l’attentisme et force à bouger –
        un peu à la manière de ce que les gouvernements durent faire à l’automne 2008.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Or si, par contagion, venait à se généraliser un mouvement de défiance sur les titres souverains de la zone euro, assorti donc de crise monétaire, on peut imaginer que les gouvernements ne
        resteraient pas les deux pieds dans le même sabot à regarder passivement la monnaie unique voler en éclat&nbsp;: restauration de contrôles drastiques des mouvements de capitaux, réforme flash
        du statut de la BCE pour lui faire prêter directement aux États, tout serait bon. Asservis à la finance depuis deux décennies, les gouvernements ne se retourneront d’eux-mêmes contre celle-ci
        que si elle vient à les agresser directement à un point qui leur semble intolérable et les dessille enfin – car tant que ça n’est que le corps social qui déguste, l’inconvénient est jugé
        négligeable, en tout cas indigne du sacrifice d’un dogme. La ruine de «&nbsp;leur&nbsp;» construction politique européenne peut peut-être constituer ce point.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        Entre temps les opinions publiques européennes, grecque mise à part, sont étonnamment calmes – peut-être parce que «&nbsp;ça&nbsp;» n’a pas encore mordu assez profond. Mais «&nbsp;ça&nbsp;»
        ne va pas tarder à faire mal. Le passage de la douleur à la révolte n’a rien d’automatique, mais rien non plus d’impossible. On saura sous peu de l’insurrection ou du coup de sang des États
        eux-mêmes (c’est-à-dire de l’explosion d’une crise de dette souveraine généralisée dans la zone euro) lequel des deux scénarios coupe le fil avant l’autre. Le «&nbsp;peu&nbsp;» de «&nbsp;sous
        peu&nbsp;» ne se comptant pas forcément en jours, mais éventuellement en trimestres. C’est bien pourquoi les benêts de «&nbsp;la crise est finie&nbsp;» s’y laissent prendre à tous les
        coups&nbsp;: ils ont oublié qu’entre le krach de 1929 et le pire de la Grande Dépression, il a fallu quatre ans de décomposition… Comme on l’a laissé entendre, si le coup de chaud grec
        d’aujourd’hui vient à se détendre, ce sera une détente toute temporaire, en attente des douloureux constats d’insolvabilité (produite par des plans absurdes de restauration de la
        solvabilité). On se donnerait rendez-vous d’ici douze ou dix-huit&nbsp;mois. Mais le problème des dettes souveraines est maintenant bien installé dans le paysage mental des opérateurs de la
        finance et il n’est pas près d’en sortir. On peut donc aussi leur faire confiance pour hâter les échéances…
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        C’est donc peut-être, dans ce chaos, une époque qui s’apprête à se refermer. Une époque dont le symptôme aura été le surendettement généralisé. Le paradoxe veut que ce soit un symptôme
        parfaitement libéral, là où le libéralisme se targue d’être le discours même de la vertu. Car tous les surendettements dérivent de la déréglementation générale. Le surendettement privé est le
        produit de la compression des revenus entraînée par la flexibilisation du marché du travail, la concurrence et la contrainte actionnariale. Le surendettement bancaire vient des joies de
        l’effet levier, quand il s’agit de pousser toujours plus haut la rentabilité financière des paris spéculatifs. Le surendettement public est l’expression de l’idéologie de la défiscalisation –
        et accessoirement des déséquilibres conjoncturels que l’instabilité d’un système de marché libéralisé ne cesse de recréer.
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        La finance internationale se trouve donc confrontée à la tare par excellence du système dont elle est elle-même l’expression la plus accomplie. On pourrait alors avoir l’envie de boucler la
        boucle et de fermer le chapitre par une sorte de geste logique&nbsp;: faire éponger le surendettement par la finance elle-même, avant de tirer le rideau. Voilà où les taxes sur les
        transactions financières trouvent leur meilleure pertinence. Mais pas avec des taux microscopiques à la Tobin qui ne voulait que mettre «&nbsp;un peu de sable dans les rouages&nbsp;». Ce ne
        sont pas de menus grains de sable qu’il faut balancer dans la machine mais quelques bons pavés fiscaux – en laissant toujours ouverte la possibilité d’apprécier si des pavés tout court… Tout
        le monde a idée de l’énormité du volume des transactions et de ce que leur taxation peut rapporter comme recettes phénoménales. Gageons qu’il y a là largement de quoi rembourser les dettes
        publiques&nbsp;; aider au financement des retraites, etc. Les amis de la banque vont hurler qu’on prend leur chère finance pour une vache à lait, qu’on veut la traire, peut-être même la tuer.
        Et ils n’auront pas tort.
      </p>
    </div>
  </div>
  <h2 class="pas_surlignable" style="text-align: justify;">
    Notes
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb1" class="spip_note" title="Notes 1" rev="footnote" name="nb1" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh1">1</a>] Une analyse de ce genre avait déjà
    été conduite à propos de la désinflation compétitive des années 1990. Voir Frédéric Lordon, <em>Les quadratures de la politique économique</em>, Albin Michel, 1997.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb2" class="spip_note" title="Notes 2" rev="footnote" name="nb2" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh2">2</a>] Voir par exemple André Orléan,
    «&nbsp;La monnaie autoréférentielle. Réflexions sur les évolutions monétaires contemporaines&nbsp;», in Michel Aglietta et André Orléan (dir.) <em>La monnaie souveraine</em>, Odile Jacob, 1998.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb3" class="spip_note" title="Notes 3" rev="footnote" name="nb3" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh3">3</a>] Le LIBOR (<em>London Interbank
    Offered Rate</em>) est le taux du marché interbancaire. L’OIS, swap de taux pour une échéance de un jour, est considéré comme le taux du crédit interbancaire «&nbsp;sans risque&nbsp;».
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb4" class="spip_note" title="Notes 4" rev="footnote" name="nb4" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh4">4</a>] Il est passé de 6&nbsp;points de base
    le 15&nbsp;mars à 13,4&nbsp;points de base le 6&nbsp;mai. C’est encore ridicule à côté des 360&nbsp;points de base d’octobre 2008, mais on a du temps devant nous, et dans la finance les choses
    peuvent aller assez vite...
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb5" class="spip_note" title="Notes 5" rev="footnote" name="nb5" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh5">5</a>] Patrick Artus, «&nbsp;Crise de
    liquidité ou crise de solvabilité dans la zone euro&nbsp;: une distinction, très importante&nbsp;», <em>Flash Natixis</em>, n°&nbsp;185, 22&nbsp;avril 2010.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb6" class="spip_note" title="Notes 6" rev="footnote" name="nb6" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh6">6</a>] Pour soutenir les <em>cajas</em>
    chancelantes, le gouvernement espagnol a constitué en 2009 un fonds de secours abondé à hauteur de 99&nbsp;milliards d’euros, pour l’heure peu tiré. Pour l’heure le gouvernement compte beaucoup
    sur les restructurations bancaires «&nbsp;spontanées&nbsp;» pour régler le problème et faire reprendre les mauvaises banques par les bonnes…
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb7" class="spip_note" title="Notes 7" rev="footnote" name="nb7" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh7">7</a>] Voir sur ce blog, <a class="spip_out"
    href="http://blog.mondediplo.net/2010-03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est-l">«&nbsp;Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne&nbsp;!&nbsp;»</a>.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb8" class="spip_note" title="Notes 8" rev="footnote" name="nb8" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh8">8</a>] André Orléan, «&nbsp;Les croyances
    monétaires et le pouvoir des banques centrales&nbsp;», in Jean-Philippe Touffut (dir.), Les banques centrales sont-elle légitimes&nbsp;?, Albin Michel, 2008.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    [<a id="nb9" class="spip_note" title="Notes 9" rev="footnote" name="nb9" href="http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins#nh9">9</a>] Sur l’incapacité des gouvernements en
    deux ans à produire la moindre re-régulation sérieuse, voir sur ce blog <a class="spip_out" href="http://blog.mondediplo.net/2010-04-21-La-regulation-financiere-entre-contresens-et">«&nbsp;La
    régulation financière&nbsp;: entre contresens et mauvais vouloir&nbsp;»</a>.
  </p>
  <table border="0" cellspacing="2" cellpadding="2" width="95%">
    <tbody>
      <tr height="30">
        <td colspan="2" height="54" valign="top">
          <p>
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <big><big><strong><a class="titreArtNiveau1">Pour sauver la Grèce, faites-en une banque</a></strong></big></big>
          </p>
          <p>
            <a class="titreArtNiveau1"></a>
          </p>
        </td>
        <td height="30">
          <br>
        </td>
      </tr>
      <tr>
        <td valign="top">
          <p style="text-align: justify;">
            &nbsp;
          </p>
          <p>
            <em><span>Aux banques, on prête l’argent sans rechigner à 1&nbsp;%. Aux Etats...</span></em>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            <span>Paul Giacobbi</span> - <span>28 avril 2010</span>
          </p>
          <hr class="spip">
          <p style="text-align: justify;">
            <span>Les mésaventures de la Grèce, berceau de notre civilisation européenne, me surprennent. Les Etats européens semblent bien frileux pour prêter moins de vingt milliards d’euros à ce
            pays membre de la zone euro, la banque centrale européenne est aux abonnés absents et le FMI plus que réticent.</span>
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            &nbsp;
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            Pourtant les uns et les autres n’ont pas fait tant de chichis quand il s’agissait de sauver des banques... La vertueuse Allemagne a placé des milliards, des dizaines de milliards d’euros
            du trésor public dans le capital de la catastrophique "Hypo Real Estate", la BCE a prêté à un an et à un pourcent, sans contrepartie plus de huit cent milliards d’euros aux banques
            européennes et le placement de ce pactole s’est fait en une heure ou deux&nbsp;; le FMI a passé deux ans à dire que les trésors publics ne donnaient pas assez pour sauver les banques.
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            &nbsp;
          </p>
          <p style="text-align: justify;">
            Je recommande à la Grèce de changer de statut&nbsp;: qu’elle abandonne celui de République pour celui de banque et alors plus de réticences, la BCE lui allongera cent milliards en une
            heure, à un pourcent, le trésor allemand quelques dizaines et le FMI lui fera les yeux doux.
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>]]></description>
        <pubDate>Sat, 31 Jul 2010 17:43:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-grece-fmi-ue-1-4-54740229.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-grece-fmi-ue-1-4-54740229-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Pourquoi il faut sauver le modèle français]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-35432813.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">J<small>eudi 27 août 2009, par <a href="http://www.plumedepresse.com/spip.php?auteur2">Olivier
    Bonnet</a></small><br></span></span>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Quand les faits démontrent toute l’inanité de la doctrine économique sarkozyste.<br></span></span>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Sautant comme des cabris, les sarkozystes se répandent sans cesse clamant sur l’air des lampions qu’il faut
    "réformer" la France. Pour justifier leurs contre-réformes - puisqu’il s’agit bien de ça en réalité&nbsp;-, ils vouent aux gémonies le modèle français. Trop de fonctionnaires, trop d’assistanat,
    pas assez d’heures de travail... Ils ont tout faux&nbsp;! Ainsi, lorsque le mensuel américain <em>International Living</em>, destiné aux expatriés, publie son <a href=
    "http://www.il-ireland.com/il/qofl2009/" target="_blank">classement des pays</a><em>rassemble des éléments sur le coût de la vie, sur les loisirs, la culture, l’économie, l’environnement, etc.
    Une optique plus pertinente que le seul niveau de fiscalité</em>", comme <a href="http://www.alternatives-economiques.fr/modes-de-vie%E2%80%94la-france-plebiscitee_fr_art_834_42817.html" target=
    "_blank">le résume <em>Alternatives économiques</em></a>. Conclusion d’<em>International Living</em>&nbsp;: "<em>Passez ne serait-ce que quelques mois ici</em> <em>et vous n’aurez plus jamais la
    même façon d’apprécier la qualité de la vie</em>". où la vie est la plus agréable, lequel arrive en première position depuis trois ans&nbsp;? Bingo, la France&nbsp;! Le magazine se base sur un
    indice qui "</span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Passons à présent à un article publié le 20 août dernier par <a href=
    "http://www.businessinsider.com/are-the-french-the-most-productive-people-in-the-world-2009-8" target="_blank"><em>The business insider</em></a>, découvert via le <a href=
    "http://detoutetderiensurtoutderiendailleurs.blogspot.com/2009/08/les-francais-le-peuple-le-plus.html" target="_blank">blog de Gaël</a> et titré <em>Français&nbsp;: le peuple le plus productif du
    monde</em>. Il reprend une étude réalisée par UBS&nbsp;: "<em>En ramenant le</em> PIB <em>par habitant à l’heure travaillée, la France surclasse largement ses rivaux. Exemple&nbsp;: tandis qu’un
    Français génère 25,10 $ de</em> PIB <em>en travaillant une heure, un Américain n’en rapporte que 24,60</em>", traduit <a href=
    "http://www.lesmotsontunsens.com/francais-champions-monde-productivite-5260" target="_blank"><em>Les mots ont un sens</em></a>. Conclusion des auteurs de l’article&nbsp;: "<em>Voici une leçon que
    le reste du monde devra méditer. La solution n’est pas de travailler plus. Mais de travailler mieux... et moins. Comme les Français savent le faire</em>". Une pierre dans le jardin de Sarkozy et
    son célèbre "<em>travailler plus pour gagner plus</em>".</span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Enfin si, comme le répètent sans cesse les membres de la majorité, la France s’en sort plutôt mieux que les
    autres pays frappés par la crise, ce n’est absolument pas grâce à leur <a href="http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1208" target="_blank">soi-disant "<em>plan de relance
    massif</em>"</a>. La vraie explication est livrée par <em>Alternatives économiques</em>&nbsp;: "<em>Ce modèle français si décrié aurait-il donc finalement quelques vertus insoupçonnées&nbsp;?
    Certaines caractéristiques structurelles contribuent à expliquer la relative résilience de l’économie hexagonale. C’est le cas notamment du poids important des mécanismes de redistribution. Ils
    participent en effet à la stabilisation des emplois et des revenus en ces temps difficiles. Heureusement que Nicolas Sarkozy n’avait pas encore eu le temps de mettre véritablement en oeuvre son
    programme libéral quand la crise est survenue&nbsp;! Mais cette résistance tient aussi pour une bonne part à la structure des finances des ménages. Ils épargnent beaucoup et sont plutôt moins
    endettés qu’ailleurs. Limitant ainsi les effets négatifs pour l’activité économique du puissant mouvement de désendettement à l’oeuvre dans les pays qui avaient suivi à l’excès la voie de
    l’argent facile tracée par le modèle anglo-saxon. Enfin, cette résistance relative résulte aussi du poids limité de l’activité industrielle et du caractère faiblement exportateur de l’économie
    française. Il n’y a pas vraiment toutefois</em> <em>de quoi s’en vanter...</em>" Des explications plus détaillées sont fournies <a href=
    "http://www.alternatives-economiques.fr/france---pourquoi-ca-ne-va-pas-plus-mal_fr_art_851_43466.html" target="_blank">par la plume du rédacteur en chef</a> de la revue, <b>Guillaume
    Duval</b>&nbsp;: "<em>L’ensemble des dépenses publiques devrait représenter 55,6% du</em> PIB <em>français cette année, selon les chiffres de la Commission européenne. Soit le niveau le plus
    élevé de l’Union à vingt-sept (la moyenne européenne est de 50,1) hormis la Suède, où ces dépenses représentent 56,6% du</em> PIB. <em>L’essentiel de ces dépenses n’est cependant pas consommé par
    des administrations publiques, mais redistribué aux citoyens par le biais notamment de prestations sociales, qui représentent en France 34,6% du</em> PIB <em>(dont 18,9% sous forme de paiements
    directs d’allocations diverses). Ces mécanismes concourent puissamment à la stabilisation des revenus des ménages en temps de crise</em>." Voilà donc qu’alors que tous nos politiques de droite,
    du centre et de la fausse gauche crient haro sur la dépense publique - et souhaitent la baisse des prestations sociales (ouh le vilain assistanat&nbsp;!)&nbsp;-, il apparaît que c’est justement
    elle qui nous préserve. D’où l’immense hypocrisie du président&nbsp;: "<em>malgré l’image de volontarisme que Nicolas Sarkozy souhaite volontiers donner de son action, la France a pour l’instant
    été un des grands pays développés qui a le moins mobilisé l’intervention publique pour combattre la crise au-delà de l’effet mécanique des stabilisateurs automatiques préexistants</em>." Abordons
    à présent la question des fonctionnaires, qui seraient affreusement trop nombreux et dont le chef de l’Etat a entrepris de ne pas remplacer un retraité sur deux&nbsp;: "<em>L’emploi public joue
    également un rôle de stabilisation important car il ne suit pas les cycles économiques. Avec 13,2% du</em> PIB <em>consacré en 2009 à la rémunération des salariés du secteur public, la France se
    situe, sur ce terrain, au-dessus d’une moyenne européenne qui est de 11%</em>." La diminution du nombre de fonctionnaires imposée par l’Elysée est donc un facteur aggravant de la crise. Tordons
    ensuite le cou à l’idée que le plan de relance de la France serait massif&nbsp;: "<em>Par ailleurs, nous avons souligné précédemment le recul –&nbsp;important, mais plus faible qu’ailleurs&nbsp;–
    de l’investissement en France. Mais ce n’est pas grâce au dynamisme de l’investissement public que les dégâts ont été limités jusqu’ici. Alors que son poids s’est accru de 1,8&nbsp;point entre
    2007 et 2009 dans le PIB des Etats-Unis, de 0,9&nbsp;point au Royaume-Uni et de 0,5&nbsp;point en moyenne dans l’Union, il ne devrait progresser que de 0,2&nbsp;point en France, selon la
    Commission</em>. (...) <em>Si on cumule les effets des stabilisateurs automatiques et des mesures discrétionnaires prises par les gouvernements des différents pays depuis deux ans, la France est,
    avec l’équivalent de 3,9&nbsp;points de</em> PIB <em>injectés dans le circuit économique, un des grands pays où les pouvoirs publics ont le moins soutenu l’activité entre 2007 et 2009. Un peu
    plus toutefois qu’en Allemagne (3,7&nbsp;points de</em> PIB<em>) ou qu’en Italie (3&nbsp;points seulement), mais beaucoup moins qu’aux Etats-Unis (9,4&nbsp;points) et qu’au Royaume-Uni
    (8,8&nbsp;points). Nettement moins également que dans les pays scandinaves, plus proches de la France en termes de niveau des dépenses publiques&nbsp;: en Suède, les pouvoirs publics ont injecté
    6,4&nbsp;points de</em> PIB <em>dans l’économie et quasiment autant au Danemark et en Finlande. <b>Bref, si l’activité recule en France un petit peu moins qu’ailleurs, ce n’est pas vraiment grâce
    à l’action décidée des pouvoirs publics depuis deux ans, mais plutôt malgré l’ampleur très limitée de celle-ci</b></em>..."</span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><b>Droit dans le mur en klaxonnant</b></span></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;"></div>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Ajoutons enfin, en guise de coup de grâce, les questions liées de l’endettement des ménages et de la bulle
    immobilière&nbsp;: "<em>Partout dans le monde, aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi au Royaume-Uni, en Irlande et en Espagne, c’est l’éclatement de la bulle immobilière qui a déclenché la crise
    actuelle. Et qui explique aussi largement sa gravité. Contrairement au Japon ou à l’Allemagne, où les prix ont baissé depuis dix ans, la France n’a pas été épargnée, loin de là, par la
    spéculation immobilière&nbsp;: selon les chiffres de l’</em>OCDE<em>, les prix réels de l’immobilier (une fois l’inflation déduite) ont doublé en France entre 1995 et 2007. L’envolée était certes
    moins forte qu’en Irlande ou au Royaume-Uni, mais les niveaux espagnols ont presque été atteints et l’immobilier a nettement plus augmenté en France qu’aux Etats-Unis. Cette évolution a posé de
    graves problèmes à la société hexagonale&nbsp;: impossibilité d’accéder à la propriété pour des couches sociales de plus en plus larges, pouvoir d’achat amputé par les hausses de loyers et des
    remboursements de crédits, disparition du logement social de fait qui palliait le manque de logements sociaux officiels... Elle n’a toutefois pas débouché sur un surendettement massif des ménages
    comme cela a été le cas dans les pays les plus touchés par la crise. En 2007, l’endettement des ménages français représentait 99% de leur revenu disponible, selon les chiffres de l’</em>OCDE<em>.
    C’est certes significativement plus que les 66% de 1996, mais on reste loin des 186% du Royaume-Uni ou des 142% des Etats-Unis. Et malgré l’absence totale de bulle immobilière dans ces pays, les
    Allemands et les Japonais sont eux aussi plus endettés que les Français</em>..." Or quel était le programme défendu par Sarkozy&nbsp;: une France de propriétaires. Comment acquérir son logement
    sans s’endetter&nbsp;? Du reste, pour l’incompétent de l’Elysée, l’endettement est une bonne chose, comme nous le relevions dans un <a href="http://www.plumedepresse.com/spip.php?article339"
    target="_blank">billet de mai 2007</a>&nbsp;: "<em>L’Etat est trop endetté et les ménages pas assez. D’ailleurs, il faut tordre le coup à cette idée&nbsp;: s’endetter, pour un ménage, ce n’est
    pas mal, c’est une confiance dans l’avenir</em>", a-t-il déclaré. Voilà ainsi comment, s’il avait réussi à "réformer" aussi loin qu’il le souhaitait, les ménages français se seraient endettés
    devantage, pour acheter un logement qu’ils n’auraient ensuite plus pu assumer, et les conséquences de la crise seraient encore infiniment plus graves qu’elles ne le sont déjà, avec la diminution
    de la dépense publique et du nombre de fonctionnaires. Et que dit aujourd’hui l’indécrottable&nbsp;? Qu’il faut continuer les réformes&nbsp;! Ou comment, avec Sarkozy, aller tout droit dans le
    mur en klaxonnant bien fort.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;"></p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 30 Aug 2009 09:25:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-35432813.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-35432813-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Quelques déclarations de Madame Lagarde]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-31506392.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><img width="250" src="http://idata.over-blog.com/2/68/63/24/Portraits/Lagarde.png" height="333" class="GcheTexte">17 Août 2007 en conférence de
    presse&nbsp;: «&nbsp;l’économie française repose sur des fondamentaux qui sont solides (…) Je ne conçois pas aujourd’hui de contamination à l’économie mondiale&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">5 novembre 2007 sur Europe 1&nbsp;: «&nbsp;La crise de l’immobilier et la crise financière de semblent pas avoir d’effet sur l’économie réelle
    américaine. Il n’y a pas de raison de penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">18 décembre 2007 sur France Inter&nbsp;: «&nbsp;Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés. Il est largement excessif de
    conclure que nous sommes à la veille d’une grande crise économique&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">10 février 2008 au G7 au Japon&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de L’Europe&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 10pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;">16 septembre 2008 en conférence de presse&nbsp;: «&nbsp;La crise aura des effets sur l’emploi et le chômage pour l’heure ni avérés ni
    chiffrables&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style=
    "line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">20 septembre 2008&nbsp;: «&nbsp;Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui
    les a amenés à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous&nbsp;».<br>
    <br></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 17 May 2009 00:20:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-31506392.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-31506392-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Travailler plus rapporte peu selon l'INSEE]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-31295556.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Faire des heures supplémentaires a rapporté en moyenne un gain trimestriel de 90 euros par salarié concerné
    C'est ce qui ressort d'une étude de l'INSEE publiée jeudi sur les « Salaires dans les entreprises en 2007 ».<br>
    <br>
    Le gouvernement parlait d'un gain de 150 euros par mois.<br>
    <br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 11 May 2009 19:31:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-31295556.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-31295556-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[27%]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-30917447.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><img src="http://idata.over-blog.com/2/68/63/24//27-copie-1.png" class="GcheTexte" width="300" height=
    "127">&nbsp;&nbsp;<br></span></span><br>
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 18pt;">Le«</span></span></span> <span style="font-size: 14pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 18pt;">format eco»? 27% plus cher !<br></span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;"><br>
    <br>
    <br>
    Samedi 4 avril, supermarché Cora Flers, à Villeneuve-d'Ascq, rayon « pâtes fraîches ». Sur Ie même niveau, deux paquets de « gnocchis à poêler » de la marque X. D'un coté, un paquet de 300
    grammes, à 1,84 euro, soit 6,13 euro Ie kg. De l'autre, son «grand frère» de 500 gr barré d'un très visible bandeau rouge : «Format éco</span></span></span><span style=
    "font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">»</span></span></span><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">. Sûrement une bonne affaire&nbsp;? L'étiquette affiche 3,89 euro, soit... 7,78 euro Ie kg. On savait déjà - grâce
    notamment aux relevés de «&nbsp;60 Millions de Consommateurs&nbsp;» (voir Liberté-Hebdo du 3 avril} - que de gros conditionnements peuvent être vendus plus chers que d'autres plus petits. On sait
    désormais qu'un « format éco» peut être plus onéreux de 27%! La définition même de l'escroquerie. Dans quelle estime la grande distribution tient-elle ses clients pour se payer leur tête à ce
    point ?</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">Dans Ie même supermarché quelques semaines plus tôt un employé incitait les
    clients à profiter d'une promotion au rayon poissonnerie. Visiblement convaincu de son propre discours, il expliquait à quel point son employeur oeuvrait pour notre pouvoir d'achat en ces temps
    difficiles. A condition de ne pas manger ses gnocchis en paquet de 500 gr...</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt;">II est décidément dans la nature même de la grande distribution d'arranger à
    sa sauce Ie célèbre adage : rien ne se perd, tout se transforme...en or.</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br>
    <span style="font-size: 10pt;">In : Liberté Hebdo No 856 du 1er mai<br>
    <br></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 01 May 2009 22:44:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-30917447.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-30917447-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Face à la fabrique de malendettement, 5 propositions concrètes !]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-30378147.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><a onclick="window.open(this.href); return false;" href=
    "http://idata.over-blog.com/2/68/63/24//UFC.png"></a><a onclick="window.open(this.href); return false;" href="http://idata.over-blog.com/2/68/63/24//UFC-copie-1.png"><img width="250" src=
    "http://idata.over-blog.com/2/68/63/24//UFC-copie-1.png" height="279" class="GcheTexte"></a>Communiqué 13 mars 2009<br>
    <br>
    A la veille des annonces gouvernementales sur la réforme du crédit à la consommation, l'UFC-Que Choisir rend publique une enquête nationale accablante qui souligne que les distributeurs de crédit
    favorisent le malendettement des ménages et formule 5 propositions concrètes et indispensables qu'elle mettra sur la table lors de la réunion de concertation lundi matin à Bercy.<br>
    <br>
    En effet, 73 associations locales de l'UFC-Que Choisir ont sollicité les distributeurs de crédit dans leur département pour examiner vers quelle forme de crédit à la consommation ils orientent
    les consommateurs désirant emprunter 2 500 euros pour remplacer leur électroménager (lave-vaisselle, lave-linge, etc.)*(1). Compte tenu de ce projet, un crédit affecté ou personnel est le plus
    approprié. Pourtant, sur les 1 118 propositions de crédit obtenues, les résultats de l'enquête sont sans appel :<br>
    <br>
    - 72% des distributeurs sollicités ont orienté le consommateur vers un crédit revolving,<br>
    <br>
    &nbsp;- 82% des établissements n'ont donné aucune information claire et lisible sur les caractéristiques du prêt (coût total, taux d'intérêt, mensualité, montant de la réserve, etc.),<br>
    <br>
    &nbsp;- 87% n'ont pas vérifié la solvabilité de l'emprunteur, ni prêté attention au projet du consommateur.<br>
    <br>
    Les principaux pourvoyeurs de revolving sont les établissements de crédit spécialisés. Sur les 9 sollicités sur Internet, tous ont proposé un crédit revolving. Les lieux de vente (grandes
    surfaces, grands magasins, etc.) ne sont pas en reste dès lors que 63% ont fait de même et que 94% ont fourni de fait une réserve d'argent -donc un crédit revolving- via la carte magasin qui
    conditionne l'obtention du "3 fois sans frais". Seules les agences bancaires semblent plus vertueuses, puisque 14% « seulement » ont proposé du revolving.<br>
    <br>
    Alors que le crédit revolving est dénoncé comme une source dangereuse d'endettement, que 84% des dossiers de surendettement comprennent un crédit revolving (en moyenne 6 par dossier), cette
    orientation quasi exclusive des consommateurs vers ce crédit inadapté est inadmissible. Pire encore, comment peut-on accepter l'idée qu'un consommateur en soit équipé malgré lui via les cartes de
    fidélité des magasins ? La fidélité ne doit pas être le « cheval de Troie » du revolving !<br>
    <br>
    Refusant que cette distribution effrénée de prêts toxiques perdure, l'UFC-Que Choisir propose 5 mesures simples et concrètes : interdiction du démarchage, amélioration de la clarté et de la
    lisibilité des publicités et des contrats de crédit, obligation pour les conseillers de vérifier la solvabilité de l'emprunteur et son projet avant de lui proposer un crédit adapté, interdiction
    du crédit revolving sur les lieux de vente, interdiction d'associer une réserve d'argent avec une carte de fidélité ou de paiement.<br>
    <br>
    &nbsp;D'ores et déjà, dans le cadre de l'appel des personnalités lancé par l'association, 160 parlementaires se sont prononcés pour ces mesures, à commencer par Didier MIGAUD, Président de la
    Commission des Finances de l'Assemblée nationale et Philippe MARINI, Sénateur, Rapporteur Général du Budget.<br>
    <br>
    L'UFC-Que Choisir appelle donc le gouvernement à tirer les conséquences de cette enquête et de l'appel des parlementaires en incluant dans le texte de loi qu'il prépare ces 5 propositions
    indispensables afin que la distribution du crédit soit enfin responsable.<br></span></span><br>
    <a href=
    "http://www.quechoisir.org/pages/communiques/Distribution-de-credit-a-la-consommation-en-France-Face-a-la-fabrique-de-malendettement-5-propositions-concretes/6D9541689E1DEF07C12575780032B347.htm"
    target="_blank"><span style="font-size: 10pt;">UFC-Que choisir</span></a><br>
    <span style="font-size: 8pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><span style="font-size: 8pt;"><br>
    *(1) : L'enquête réalisée par des bénévoles s'est déroulée entre le 5 janvier et le 10 février. En moyenne, outre les 9 établissements de crédit spécialisés sollicités par Internet, chacune des
    73 associations locales a enquêté auprès de 2 banques et 6 lieux de vente (soit un total de 169 banques et 445 lieux de vente).<br>
    <br></span></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 18 Apr 2009 08:35:00 +0200</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-30378147.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-30378147-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais]]></title>
        <link>http://www.lilleagauche.org/article-29036404.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Une pétition initiée par <a href="http://www.alternatives-economiques.fr" target="_blank"><span style=
    "font-size: 10pt;">ALTERNATIVES ECONOMIQUES</span></a><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;&nbsp;et</span> soutenue par <a href="http://www.marianne2.fr" target="_blank"><span style=
    "font-size: 10pt;">MARIANNE</span></a><span style="font-size: 10pt;">.<br></span><br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Au moment où la crise provoque une vive remontée du chômage, en particulier chez les jeunes, il faut revenir
    sur les exonérations sociales et fiscales accordées aux heures supplémentaires. En effet, dans le contexte actuel, l’emploi doit être la priorité absolue de l’action des pouvoirs publics. Or, les
    exonérations fiscales et sociales décidées en 2007 ne visaient qu’à accroître le nombre des heures supplémentaires effectuées par les salariés déjà en activité. Et, en dépit de la récession, le
    nombre des heures supplémentaires déclarées a en effet progressé de près de 40 millions entre le quatrième trimestre de 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à
    plein temps. Ces mesures contribuent donc manifestement à dissuader les entreprises qui en auraient la possibilité d’embaucher des jeunes ou des chômeurs alors que les quelques trois à quatre
    milliards d’euros qui leur ont été consacrés en 2008 pourraient avantageusement être mis au service de la création d’emplois. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au parlement
    d’abroger sans délai les mesures défiscalisant les heures supplémentaires et les exonérant de cotisations sociales.<br></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Premiers signataires :<br>
    <br>
    <strong>Michel Abhervé,</strong> acteur de l’insertion par l’activité économique ; <strong>Gérard Aschieri,</strong> secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ;
    <strong>Stéphane Beaud,</strong> sociologue ; <strong>Alain Caillé,</strong> sociologue ; <strong>Gilbert Cette,</strong> professeur d’économie ; <strong>Jacques Chemarin,</strong> dirigeant
    mutualiste ; <strong>François Chérèque,</strong> secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) ; <strong>Denis Clerc,</strong> économiste, fondateur
    d’Alternatives économiques ; <strong>Dominique Crepel,</strong> président de la Chambre régionale de l’économie sociale du Nord - Pas de Calais ; <strong>Jean-Baptiste De Foucauld,</strong>
    président de Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) ; <strong>Jacques Dughera,</strong> acteur de l’insertion par l’activité économique ; <strong>Guillaume Duval,</strong> rédacteur en chef
    d’Alternatives économiques ; <strong>Pierre Ferracci,</strong> président-directeur général du groupe Alpha ; <strong>Philippe Frémeaux,</strong> président-directeur général d’Alternatives
    économiques ; <strong>Jacques Freyssinet,</strong> économiste ; <strong>Jean Gadrey,</strong> économiste ; <strong>Bernard Gazier,</strong> économiste ; le collectif <strong>Génération
    précaire</strong> ; <strong>Eric Heyer,</strong> économiste ; <strong>Florence Jany-Catrice,</strong> économiste ; <strong>Pierre Khalfa,</strong> porte-parole de l’Union syndicale Solidaires ;
    <strong>Nicole Maestracci,</strong> présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS) ; <strong>Jean-Claude Mailly,</strong> secrétaire général de
    Force ouvrière (FO) ; <strong>Jean-Paul Maréchal,</strong> économiste ; <strong>Joël Maurice,</strong> économiste ; <strong>Dominique Méda,</strong> sociologue ; <strong>Hervé Nathan,</strong>
    rédacteur en chef à Marianne ; <strong>Alain Olive,</strong> secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) ; <strong>Serge Paugam,</strong> sociologue ; <strong>Thomas
    Piketty,</strong> économiste ; <strong>Jean-Paul Raillard,</strong> directeur du cabinet Syndex ; <strong>Maurice Szafran,</strong> directeur de Marianne ; <strong>Bernard Thibault,</strong>
    secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) ; <strong>Carole Tuchszirer,</strong> économiste ; <strong>Bernard Van Craeynest,</strong> secrétaire général de la Confédération
    française de l’encadrement- Confédération générale des cadres (CFE-CGC)<br>
    <br></span></span><a href="http://www.alternatives-economiques.fr/petition" target="_blank"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Signer la
    pétition.</span></span></a><br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 14 Mar 2009 22:52:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.lilleagauche.org/article-29036404.html</guid>
                <category>Économie</category>        <comments>http://www.lilleagauche.org/article-29036404-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>
</rss>