Revue de presse

À un mois et demi du scrutin, le Front de Gauche rêve d'Europe

Laurent Matejko (deuxième à gauche) et Michelle Demessine au centre) sont les candidats de la métropole pour le Front de Gauche.

Les représentants lillois de la liste du Front de Gauche aux Européennes emmenée par le communiste Jacky Hénin dans la circonscription nord-ouest ont présenté mercredi soir leur projet et leurs ambitions pour le scrutin du 7 juin.

Comment exister entre un Besancenot qui truste la case « gauche de la gauche » de l'échiquier politique et des partis traditionnels visiblement peu empressés de faire campagne sur les enjeux européens ? C'est en somme l'équation que doit résoudre le Front de Gauche (PCF, Parti de Gauche et quelques ex-LCR) un peu plus d'un mois et demi avant les élections. Pourtant, « le contexte de crise et de régression sociale », constaté par Michelle Demessine, sénatrice PCF du Nord qui figure en dernière position sur la liste emmenée par l'ex-maire de Calais, Jacky Hénin, rend pour celle-ci le projet du Front de Gauche encore plus pertinent. « La vague libérale est sans précédent, estime l'élue lilloise. Elle se poursuit à marche forcée, entre casse du service public et des libertés sans cesse attaquées. C'est un peu "souffre et tais-toi" ».
Sur une telle toile de fond, le Front de Gauche estime avoir une carte électorale à jouer, pour tenter de donner un vrai coup de barre à gauche dans un Parlement européen actuellement dominé par la droite, et « pour que soient prises en compte les aspirations du mouvement social et du monde du travail ».

Porte ouverte au NPA

Mais les candidats de la métropole l'admettent volontiers, le fait que le NPA se soit lancé dans un cavalier seul ne fait pas forcément leurs affaires. « Il y a les solitaires et les unitaires. On leur a longtemps tendu la main. Il y a eu des négociations avancées. Bien sûr que ça nous ennuie que le NPA ne soit pas avec nous.... » Question de lisibilité, mais aussi de division politique affaiblissante dans un mode de scrutin proportionnel. « La porte reste ouverte jusqu'au dépôt des listes », lâche le Lillois du Parti de Gauche, Laurent Matejko, sans trop y croire. En outre, pour les candidats locaux, le plus important est ailleurs, loin des bisbilles d'états-majors. Dans le combat contre l'absentéisme d'abord et dans le projet alternatif que cette alliance nouvelle entend incarner.

SÉBASTIEN LEROY

www.nordeclair.fr - Mercredi 29 avril 2009

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Le Parti de gauche a entamé sa tournée de réunions métropolitaines, salle Marianne


De gauche à droite: Faustin Aissi, Laurent Matejko (au micro), Mohammed Bougezda et Olivier Dauptain. : La Voix du Nord.

taché du PS, « profondément à gauche » mais « pas révolutionnaire », le Parti de gauche veut se faire connaître et comprendre. Hier soir, salle Marianne, les comités du parti de la métropole lilloise ont organisé leur première réunion à destination des « sympathisants ».

Avec sept comités dans le Nord, dont trois dans la métropole (Lille - Villeneuve-d'Ascq, Roubaix - Tourcoing - Vallée de la Lys et Sud métropole), le Parti de gauche, cofondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, s'organise et veut sortir de l'ombre. « On veut présenter notre identité, les mesures que l'on propose par rapport à la politique et la situation actuelle, explique Marie-Laure Darrigade, déléguée au comité Lille - Villeneuve-d'Ascq. On est un jeune parti et ce n'est pas facile de se démarquer du PS. On nous voit comme d'extrême gauche, comme révolutionnaires, mais ce n'est pas le cas. On se considère comme de gauche, tout court. » Et Laurent Matejko, secrétaire du comité Lille - Villeneuve-d'Ascq d'ajouter : «  On essaye d'être un parti d'éducation populaire, de donner aux gens les outils pour décortiquer et changer le monde. » Le parti, qui «  souhaite une Europe sociale, démocratique et solidaire », s'inscrit également dans le Front de gauche avec, entre autres, le PCF et le NPA, «  pour battre la droite et passer devant les listes PS » aux élections européennes.
Hier soir, salle Marianne, une réunion a donc été organisée, animée par les trois secrétaires de comités métropolitains du Parti de gauche, Laurent Matejko, Mohammed Bougezda et Olivier Dauptain et soutenue par Fautin Aissi, conseiller municipal et communautaire. Côté « public », ont été conviées environ 150 personnes, militants, curieux, intéressés et surtout « les sympathisants qui nous ont contacté, précise Laurent Matejko. On veut laisser une grande place au débat, après quelques discours de présentation. » Dans la salle, seule une trentaine de personnes ont fait le déplacement mais d'autres réunions sont prévues dans la métropole, « tout un circuit qui va de paire avec les européennes ». 

CAMILLE RAAD

Les rédactions de La Voix du Nord
La Voix du Nord - Samedi 14 mars 2009

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