Capitalisme

Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 06:13
www.marianne2.fr/Un-chomeur-europeen-sur-deux-doit-remercier-le-libre-echange_a181379.html?com

Jacques Sapir - économiste | Lundi 29 Juin 2009

C'est l'estimation de Jacques Sapir. Selon l'économiste, l'impact sur l'emploi du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Sans compter les 2 millions de nouveaux chômeurs constatés depuis le début de l'année, victimes directes d'une crise du libre-échangisme.



Taux de chômage en europe en janvier 2009 
Taux de chômage en europe en janvier 2009 L'impact de la crise actuelle vient s'ajouter à la pression des délocalisations qui pèse sur l'industrie française depuis maintenant à peu près une dizaine d'années. L'évaluation précise du coût en emploi de cette pression, issue du libre-échange dans les conditions présentes, soulève plusieurs difficultés.
En effet, tout d'abord il faut savoir qu'un emploi dans l'industrie a un impact direct sur des emplois dans les services, ce qui est toujours vérifié lors de plans sociaux industriels importants. Mesurer l'impact des délocalisations uniquement sur les emplois industriels sous estime considérablement l'impact total sur l'emploi. 

Ensuite, il faut prendre en compte le fait que dans le processus de délocalisation on doit compter trois effets distincts mais qui viennent se cumuler.
1) Les délocalisations directes

Il s'agit ici d'emplois déjà existants dans un pays et transférés dans un autre pays (en général par fermeture de l'usine dans le pays d'origine). On considère de manière générale que ces délocalisations ont affecté  environ1,5% des emplois industriels en France soit à peu près 0,5% de la population active. 

2) Les délocalisations indirectes

Il s'agit ici de la création délibérée d'emplois à l'étranger pour servir non pas le marché local mais pour la réexportation vers le pays d'origine. On est en présence de ce phénomène quand une grande entreprise conçoit un nouveau produit et en réalise l'industrialisation d'emblée dans un pays à faibles coûts salariaux et ce à but de ré-export. Cette pratique est devenue systématique dans l'industrie automobile depuis une dizaine d'année.
Il y a là un « manque à employer » plus qu'une destruction directe d'emploi, et on peut le chiffrer dans le cas de la France entre 250 000 et 400 000 emplois, suivant les hypothèses de productivité, soit entre 1% et 1,6% de la population active.

3) L'effet dépressif sur le marché intérieur

La menace des délocalisations et le chantage auquel se livrent les entreprises ont conduit à maintenir les salaires dans l'industrie à un niveau très faible et à exercer une pression croissante sur les salariés. La faiblesse des revenus tend à déprimer la consommation et donc la demande intérieure.


La pression sur les salariés, pour que les gains de productivité compensent les gains possibles en bas salaires, est une des causes principales du stress au travail et des maladies qui en sont induites. Faute d'une enquête épidémiologique systématique en France, le coût de ces maladies n'a pas été globalement estimé. Pour des pays comme la Suisse ou la Suède, où des enquêtes systématiques ont été réalisées, on arrive à 3% du PIB. En France, ceci signifierait près de 60 milliards d'Euros, qu'il faut comparer aux 15 milliards du déficit de la sécurité Sociale. Il est clair que si les gains salariaux avaient pu suivre ceux de la productivité, et si l'on avait pu économiser ne serait-ce que 1% du PIB en cotisations tant salariées que patronales, on aurait eu un impact très fort de ce surcroît de pouvoir d'achat sur la croissance. On peut alors estimer à 1% de la population active au minimum le gain en emploi (ou la réduction du chômage) que l'on aurait pu obtenir. Cependant, ce gain est global et ne concerne pas uniquement l'emploi industriel. 

La combinaison des effets indique que la pression du libre-échange coûte environ 2% de la population active en emplois industriels perdus ou non créés. Ceci correspond probablement à une perte globale (avec l'effet multiplicateur habituel de l'emploi industriel sur l'emploi global) de 3% à 3,5% de la population active. À cela, il faut donc ajouter un minimum de 1% de la population active, perdu en raison de l'effet dépressif direct et indirect.

Alors qu'avant la crise le taux de chômage en France était de 8,3%, l'effet net du libre-échange représenterait ainsi au moins la moitié de ce taux (4% à 4,5% de la population active). Le libre-échange et l'impact des politiques prédatrices hors et dans l'UE n'est pas le seul facteur. La hausse de l'Euro est aussi un élément qui induit une perte d'emplois non négligeable.

Il faut de plus souligner l'aspect dynamique du chômage ou du retour à l'emploi

Un taux de chômage qui aurait été ramené à 4,3% signifie immédiatement un équilibre des comptes sociaux (voir un excédent pour certains d'entre eux). Non seulement le budget de l'État n'a plus à contribuer au financement des caisses mais les cotisations peuvent être réduites ou les prestations améliorées. Ceci signifie une injection supplémentaire de pouvoir d'achat (salaires et profits) se traduisant par une consommation et un investissement plus élevés, et donc un niveau d'activité nettement supérieur, qui tend aussi à faire reculer le chômage.

Compte tenu de l'effet dynamique d'une réduction du chômage par élimination des effets du libre-échange, un taux de chômage de 3% à 3,5% apparaît comme plausible, soit, par rapport à 2007 un gain de 4,8% à 5,3% de la population active. Le chômage aurait été entre 36% et 42% de ce qu'il a été. Inversement on peut donc affirmer que le coût total du libre-échange, en incluant les effets induits et dynamiques, a été d'accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d'effet multiplicateur.

On doit ajouter que cette évaluation est sans doute un peu excessive car elle suppose implicitement que les emplois créés eussent pu être occupés aux niveaux de qualification nécessaires sans engendrer de poussée inflationniste. Une telle hypothèse suppose en réalité une politique de formation très agressive et très efficace, comme on a pu en voir dans des pays d'Europe du Nord mais pas en France. L'existence d'un probable biais inflationniste réduirait alors l'impact positif de l'effet dynamique de la réduction du chômage. Hors effet du libre-échange, le taux de chômage se serait sans doute stabilisé vers 4% - 4,5%, ce qui n'en aurait pas moins été un résultat bien meilleur à celui de l'évolution réelle.

Un autre élément dont on doit tenir compte, mais qu'il est difficile de simuler sauf à se livrer à un exercice très détaillé, est l'impact de ces créations d'emplois sur des bassins industriels régionaux. L'existence d'un impact régional dans les bassins traditionnels des industries ayant subies des effets de délocalisation est indiscutable, mais ne peut être discuté avec précision au niveau de généralité de la présente présentation.

Par Paul - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 18:43

Position adoptée au Conseil National du Mouvement Utopia du 16 janvier 2009

La publicité est au coeur d’un système aliénant qui nous condamne à travailler toujours plus pour consommer toujours plus. Elle est au service d’une idéologie insidieuse et destructrice, le capitalisme, fondée sur les 3 principaux dogmes que combat Utopia : la surconsommation, la religion
de la croissance et la centralité de la "valeur" travail.

La publicité est un des principaux ressorts d’un système qui consiste à produire et consommer toujours plus. Elle colonise notre imaginaire et aliène tout aussi bien notre conscience du besoin que notre capacité de désir. Elle a pour finalité d’écouler une production qui excède les besoins réels de la population et les ressources de la planète. Avec l’endettement et l’obsolescence des produits, la publicité constitue l’un des trois pousse-au-crime de la société de consommation.

Avec 3000 messages publicitaires reçus quotidiennement, nous sommes littéralement bombardés d’injonctions à consommer. La frontière entre information et réclame s’estompe. Le financement par la publicité de biens culturels et d’information entretient le mythe de la fausse gratuité. La publicité s’immisce partout, dans nos boites aux lettres, sur nos écrans, jusque dans nos écoles… même les services publics s’y mettent !

La suppression partielle de la publicité sur les chaînes publiques est une première étape. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt ! La fourniture de services collectifs contre l’invasion de l’espace public par la publicité, à l’instar de Velib, est un recul notable. Ce système de "délégation" continue pourtant à se généraliser. C’est le cheval de Troie de la privatisation des services publics !

Résistons à l’agression publicitaire ! Militons pour une société du lien plus que des biens !

Le mouvement Utopia exige dans un premier temps la stricte application de la loi sur l'affichage et du code de l'environnement. Cela passe par le retrait immédiat des panneaux de publicité illégaux, implantés sans autorisation, trop grands et trop nombreux, ou placés à proximité de monument historiques. Le micro-affichage sur les devantures des commerces et des cafés doit également être retiré, tout comme les voitures publicitaires qui sont interdites de stationnement en ville.

Au-delà, nous défendons :

- la suppression de la publicité à des fins commerciales dans l’espace public. Elle sera suivie d’une restriction dans la sphère marchande, accompagnée de mesures de soutien aux activités qui aujourd’hui en dépendent comme la presse d’information,

- l’élargissement de l’interdiction de la publicité sur les produits nocifs et polluants, à l’instar de la loi Evin sur le tabac et l’alcool,

- la mise en place d’un véritable contrôle de la publicité, placé sous une autorité indépendante, notamment sur les publicités véhiculant des préjugés discriminatoires, portant atteinte à la dignité des individus, et à destination des publics les plus vulnérables, - la distinction entre ce qui relève de la délégation de service public et la vente d’espace public,

- une taxation de la publicité, dont le produit pourrait notamment être affecté à l’aide à la presse d’information,

- l’affichage de la part des dépenses de publicité et de marketing dans le prix total des produits.

Nous soutenons les revendications des mouvements anti-pubs et faisons notamment nôtres les propositions du RAP (Résistance à l’Agression Publicitaire).

Source : Act’utopia n°8 - avril 2009

Par Lille à Gauche - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /2009 07:50

J'ai d'abord pensé mettre cet article du monde.fr daté du 6 mai dans la rubrique chiffre, mais il apporte tellement de donnée... Notez bien que le rapport cité date d'AVANT leur crise, cela laisse songeur quant à la situation actuelle.


L'Insee publie, mercredi 6 mai, son édition 2009 du rapport "Les revenus et le patrimoine des ménages". Cette étude, qui s'appuie sur les résultats d'une enquête sur les revenus de 2006, fait apparaître que le niveau de vie médian en France se situe à 17 600 euros, soit 1 470 euros mensuels, en hausse de 1,7 % par rapport à 2005 (en euros constants).

 

Le niveau de vie correspond, selon l'Insee, au revenu disponible du ménage, divisé par le nombre d'unités de consommation dans ce ménage (une unité de consommation pour le premier adulte du ménage, 0,5 unité pour les autres personnes de plus de 14 ans, et 0,3 unité au-dessous de 14 ans).

Avec 17 760 euros annuels, ce sont les 18-24 ans qui ont le niveau de vie le plus faible, alors que ce niveau de vie est à son maximum dans la tranche d'âge 55-59 ans (plus de 24 000 euros), selon l'étude. Elle relève également que, pour les plus de 75 ans, ce niveau de vie (plus de 20 000 euros) "est proche de celui des quadragénaires et supérieur à celui des trentenaires".

EN 2006, 21 % DES 18-24 ANS VIVAIENT AVEC MOINS DE 880 EUROS PAR MOIS

Les 10 % de personnes les plus aisées disposent d'un niveau de vie de 33 190 euros. Les 10 % de personnes les plus modestes disposent pour leur part d'un niveau de vie de 9 720 euros, soit 3,4 fois moins. La progression de la valeur du niveau de vie est plus rapide pour les plus riches : + 2,9 %, contre + 1,7 % pour les plus modestes.

Le rapport de l'Insee détaille par ailleurs l'évolution de la pauvreté. En ce qui concerne la pauvreté monétaire, l'étude estime le "seuil de pauvreté" à 880 euros en 2006 (contre 865 euros en 2005). Elle considère que, selon ce critère, près de 7,9 millions de personnes peuvent être considérées comme "pauvres" (contre 7,7 millions en 2005). "Parmi elles, la moitié a un niveau de vie inférieur à 720 euros par mois", précise-t-elle.

Les 18-24 ans sont ceux dont le taux de pauvreté est le plus élevé : 21 % d'entre eux vivaient avec moins de 880 euros par mois en 2006. Les 25-29 ans sont mieux lotis : leur taux de pauvreté est inférieur de 9,2 points à celui de la classe d'âge précédente et proche de la moyenne (11,9 %).

L'Insee évoque par ailleurs la "pauvreté en conditions de vie", dont elle estime qu'elle concerne "12,7 % des ménages" en 2006, taux qui est "en recul depuis 10 ans". La pauvreté en conditions de vie est définie par le "nombre de privations auxquelles le ménage déclare être confronté". "Par convention, précise l'Insee, c'est à partir de huit carences ou difficultés qu'un ménage est qualifié de pauvre en conditions de vie."

 

 


 

N'oubliez pas, le 7 juin :


Par Paul - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 13:48

Qui n'a pas un verre siglé de l'archer d'Arc International dans le fond de ses placards ? Le verrier,  entreprise  toujours familiale, vient d'annoncer un excellent résultat d'exploitation pour 2008, en hausse de 39 millions d'euros. Et dans le même temps, un recours massif au chômage partiel pour 3 100 de ses employés français.

Arc international, c'est la mono-industrie d'une ville, Arques, dans le Pas-de-Calais. Là, elle y emploie 7 352 salariés. Ils étaient 12 000 en 2002. Mais 2003 et 2004, années noires, ont donné le coup d'envoi de la restriction salariale. "L'accord de méthode se finit le 31 août 2010. Ca veut dire que d'ici là, ils ne peuvent pas licencier", remarque Philippe Maes, délégué CGT. L'accord de méthode a été signé par tous les syndicats, sauf la CGT et FO, et prévoit une réduction des postes sans licenciement sec. "Ca concerne des gars dès 55 ans, en gros, ils sont payés à rester chez eux jusqu'à 57 ans, ensuite, ils partent en pré-retraite et l'Etat prend le relais."

Alors, demander encore des efforts aux ouvriers : la pilule ne passe pas très bien. "Dans le communiqué de presse, la direction insiste bien que c'est grâce aux pays émergents qu'on réalise ces 39 millions d'euros", remarque Philippe Maes. En effet, il est noté que "le résultat d’exploitation atteint 39 millions d’euros contre 10 millions en 2007, démontrant la pertinence des choix stratégiques et d'une présence industrielle croissante dans les pays émergents ainsi que l'efficacité du plan de transformation qui se poursuit." Philippe Maes grommelle :"Avant, la vache à lait, c'était nous". Il attend le renvoi d'ascenseur.

 Alors ? Alors, le syndicaliste n'est pas très optimiste pour la suite :"Pour l'instant, ils nous mettent au chômage partiel. Après, ce sera peut-être au chômage tout court." Pour mai, les salariés vont rester chez eux entre trois et neuf postes, sur les 18 qu'ils font normalement par mois.Tout dépendra des secteurs : neuf postes pour la production (soit 50% du temps), six postes au service qualité. "Les moins touchés sont l'encadrement et les commerciaux", insiste Philippe Maes. "Un ouvrier qui ne travaillera que neuf postes sur 18 touchera 91% de son salaire. Nous demandons comme chez Renault une solidarité des cadres. Il n'est pas normal que sur un même site des salariés soient touchés et d'autres pas." La direction d'Arc International n'a pas souhaité réagir sur le sujet, malgré nos sollicitations.

S.M.

Source :
Libélille

Par Lille à Gauche - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 10:07

Les retraites privées sont plus intéressantes que le système par répartition

 



Les systèmes de retraites privés, les fonds de pension, privent les salariés de toute sécurité et les livrent aux incertitudes de la gestion des organismes financiers. En cas de faillite de ces derniers, les salariés se retrouvent sans retraite malgré des années de cotisation. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis en 2002 avec la faillite d'Enron.

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  J’aime le libéralisme, le libéralisme m’aime

Par Stéphane Dalmasso - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
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