Petit cours de lexicographie

Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 22:48
Lors du du Forum du « désenvoutement idéologique » organisé par les camarades de Gauche avenir, Alain Bihr a présenté son ouvrage « la novlangue néo-libérale » dans lequel il se livre à une déconstruction du discours néo-libéral, ce discours justificateur qui travaille et déforme le langage. Un certain nombre de mots relativement banals deviennent des mots-valise dont le contraire est « passé en contrebande » (la « liberté » devient esclavage, « l’égalité » est limitée à la seule sphère politique) ou des mots-écran qui font obstacle à leur propre contraire (la notion de « dette publique » occulte la notion de « créanciers publics » qui s’enrichissent en prêtant de l’argent à l’Etat au détriment de possibles hausses d’impôts décidées par ce dernier). Cette double rhétorique d’inversion et d’occultation du sens peut dévoiler son essence au travers du recours à la notion marxienne de fétichisme économique, la marchandise, l’argent, le capital étant autant de rapports sociaux déifiés auxquels les hommes doivent se sacrifier. L’expression de « désenvoutement » pour qualifier cette rencontre apparaît ainsi particulièrement bien adaptée…

Par Paul - Publié dans : Petit cours de lexicographie - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /2009 10:14

Arrogance, nom féminin

Sens : Fierté qui se manifeste par une insolence méprisante. Synonyme impertinence

Synonymes : dédain, fatuité, fierté, hardiesse, impertinence, impudence, insolence, morgue, orgueil, prétention, superbe.

 

Comment considérer autrement l'attitude de ceux qui détiennent le pouvoir ?

 

  • Lorsque l'on n'hésite plus à poursuivre en justice un inspecteur du travail qui fait sont boulot ? (Gérard Filoche mis en examen dans l'exercice de ses missions : http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1851)
  • Lorsque, entre amis, on se décerne des primes équivalant plusieurs centaines d'années de SMIC (environ 16000 €/an Brut) et combien de siècles de RMI?
  • Lorsque l'on fuit ses responsabilités pour faire payer les lampistes (cas Jerome Kerviel)
  • Lorsque l'on discrédite, que l'on méprise la voix des salariés en colère « une grève ca ne se voit plus » et que l'on mènent ainsi les salariés sur la voie de la violence
  • Lorsque l'on établit des choix tronqués « vous préférez travailler le dimanche ou rester chômeur ? »
  • Lorsque l'on déconstruit brique après brique le service public pour mieux le vendre au secteur privé,
  • Lorsque l'on dépense sans compter pour les amis tout en détruisant les solidarités nationales, acquises par les luttes des travailleurs : durée du travail, sécurité sociale, code du travail...
  • Lorsque l'on ouvre moins de place en prison qu'il n'y a de condamnés !
  • Lorsque l'on fait fit de toute justice pour emprisonner sans jugement au mépris des droit de l'homme : Sans Papiers, Julien Coupat...
  • Lorsque l'on condamne ses opposants en restaurant le « delit d'offense » (http://loi.blogs.liberation.fr/dufief/2009/03/le-retour-du-dl.html)
  • Lorsque la justice n'est plus rendu par des juges, mais par des officines (HADOPI) ou des machines (Radar automatique) sans aucun droit de se défendre (ou si peu).
  • Lorsque l'on affirme tout et n'importe quoi sans aucune preuve, aucune connaissance et aucune mémoire :





    Le best of de Frederic Lefebvre
envoyé par 20Minutes


 

L'arrogant selon Théophraste.

L'arrogance est un mépris de tout sauf de soi-même, et l'arrogant est du genre à dire à une personne pressée qu'il la rencontrera après dîner, durant sa promenade. A-t-il rendu un service, il entend bien qu'on s'en souvienne. Rencontre-t-il en rue des gens qui lui ont confié le soin de départager leurs arbitres, il se fraie de force un passage !
Est-il élu à une fonction gouvernementale, il se dérobe en affirmant sous serment... qu'il n'a pas le temps. Il ne consent à aborder personne le premier. Il est homme à inviter vendeurs et salariés à se rendre chez lui au lever du jour.
Lorsqu'il marche en rue, tête baissée, il ne parle pas aux gens qu'il rencontre, mais redresse derechef la tête dès lors qu'il en a envie. Donne-t-il un dîner à ses amis, lui-même ne mange pas avec eux, mais il charge quelqu'un de son personnel de s'occuper d'eux.
Quand il est en route, il envoie par avance quelqu'un pour dire qu'il arrive. Il ne laisse entrer personne au moment de sa friction, de son bain ni de son repas. Bien entendu, lorsqu'il règle un compte avec quelqu'un, il enjoint à son esclave de et, une fois le total fait, de l'inscrire pour lui sur son compte.
Dans une lettre, il n'écrit pas «Vous me feriez plaisir...», mais «Je veux que...» et «J'ai envoyé quelqu'un prendre chez vous...» et «Afin que cela ne se fasse pas autrement» et «au plus vite».

THÉOPHRASTE, Les Caractères (20 à 30), Nouvelle traduction annotée
par Marie-Paule LOICQ-BERGER (janvier 2002),  Chef de travaux honoraire de l'Université de Liège


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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /2009 22:20

par Gérard Filoche

Ca commence à bien faire, cette sempiternelle litanie contre « les charges » qui pèseraient sur les entreprises… En fait, elle reçoivent 60 milliards d’euros par an « d’aides » à l’emploi et la Cour des comptes affirme qu’il n’a jamais été prouvé que cela avait crée un seul emploi. Les « entrepreneurs » si chers à Madame Parisot sont bel et bien des « assistés » : 6,5 milliards par-ci pour l’automobile, 40 milliards par-là pour les banques, 2,5 milliards pour les restaurateurs, Continental, Heuliez, ou les békés. Des milliards qui partent en stock-options pour des patrons qui se sont offert 58 % d’augmentation l’an passé. S’il y a des « charges », ce n’est pas pour les entreprises, mais pour nous : les « exonérations de charges sociales », c’est nous les salariés en tant que citoyens qui les payons à la place des chefs d’entreprise, par l’impôt !

Ils clament aussi sur tous les tons qu’il faut « alléger les charges sociales » sur les salaires. Mais cela n’existe pas les « charges sociales sur les salaires » ! C’est une pure invention idéologique des néolibéraux, du patronat. Dans aucun texte de loi, on ne lit qu’il y a des « charges ». Regardez vos feuilles de paie (si elles sont juridiquement conformes) : ce qu’il y a, c’est un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et qu’on consomme tout de suite. Et ce « salaire brut » est constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun, et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. Les libéraux haïssent cela. Cette part de salaire mutualisée, c’est pourtant ce qu’il y a de plus beau en France, de plus solidaire, de plus fraternel, de plus protecteur, ce n’est pas une « charge sociale » c’est du bonheur social ! Mais ils appellent cela une « charge » pour rendre confuse, et discréditer la perception de ce bonheur. Ils disent « allégeons les charges sociales » mais c’est une manipulation pour dire « allégeons les salaires bruts ».

J’ai reçu un salarié qui m’a dit : « mon patron me licencie parce qu’il a trop de charges ». J’en aurai pleuré . Croyait-il que son salaire était trop élevé ? Nul ne lui avait expliqué que son « brut » était du salaire indirect ou différé ? Même s’il ne le touchait pas tout de suite, c’était encore plus précieux : sa vie en dépendrait tôt ou tard. Demain à l’hôpital. Demain au chômage. Demain en retraite. Par exemple, le système de retraite par répartition, ce n’est pas une épargne (ouf, car sinon nos retraites seraient parties avec Madoff ou Lehman - Brothers ) mais c’est une part de salaire versée en temps réel par ceux qui travaillent chaque mois pour assurer la retraite de nos aînés. En temps de crise, c’est ce salaire mutualisé qui résiste le mieux, cent mille fois plus que les finances des assurances et des banques. Mais c’est précisément ces cotisations-là que Sarkozy s’acharne à bloquer ! Il préfère n’importe quoi en guise de diversion, des primes pour l’emploi, l’intéressement, la participation, l’épargne salariale, la prime au fuel, la prime au transport, la prime de rentrée, plutôt que la hausse de salaire, alors que seule cette dernière remplit les caisses socialisées de la protection sociale.

Source :
Démocratie & Socialisme

Par Paul - Publié dans : Petit cours de lexicographie - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /2009 17:43

Mais  non,  on  ne va  pas  tous  finir  chômeurs.  On sera juste en recherche d'emploi. Nuance. D'ailleurs, on n'ira même pas pointer à l'ANPE, vu que maintenant (et depuis sa fusion avec l'Unédic) c'est au Pôle emploi qu'il faut toquer. Nettement plus chic. Là, ce n'est pas un boulot de croque-mort qu'on nous proposera. On dit désormais conseiller funéraire, ce qui est quand même moins rude. Elle est pas belle la vie en temps de crise ? De plus en plus. A en croire la palanquée de mots «cache-misère» dont on nous rebat les tympans.

« Ecrans de fumée ». Grand collectionneur de termes «politiquement corrects» dont il a déjà fait un livre (2), le philologue Georges Lebouc avoue s'en mettre plein les poches ces temps-ci : «Magnifique, cette façon de tout positiver !, ironise-t-il. Manier l'euphémisme, c'est une tendance générale. Mais l'économie est vraiment un terrible domaine où tous les substituts aux vilains mots sont bons.» Le comble ? «Entendre parler en ce moment de potentiel de croissance là où il y a retard économique.» D'ailleurs, c'est décidé, son prochain bouquin sera consacré à la langue de bois.

Dans la même veine, Philippe Renève, économiste de formation, est chaud bouillant contre tous ces «écrans de fumée pour faire passer la pilule». Et d'épingler cette façon d'appeler les clodos des SDF (ben oui, ça sent meilleur), le code du travail un «frein à l'embauche» ou les allégements d'impôts pour les plus aisés «paquet fiscal» ou «bouclier fiscal». «Cela fait vingt ans que l'on évacue des mots pour ne plus appeler un chat un chat. Les remplacer par d'autres souvent venus du monde de l'entreprise et souvent d'inspiration libérale. Mais là, l'accélération est vertigineuse.» Total : cet ancien de la banque s'est fendu sur le site d'Agoravox d'un drolatique petit traité de sémantique libérale intitulé le Vocabulaire politiquement correct du XXIe siècle. (2)

Comment ça, c'est pas facile de s'y retrouver dans tous ces mots ? Forcément comme dit Lebouc, ces «mots ne sont pas issus du vulgum pecus», mais fabriqués par les politiques et les médias. Alors histoire de clore en beauté la grande semaine de la langue française organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, petit cours de rattrapage du parler «positif» en quelques mots choisis (avec l'aide de Georges Lebouc). Avec en toile de fond cette citation de Platon (in la République) : «La perversion de la cité commence par la fraude des mots.»
 



Augmentation du temps de travail :
aménagement du temps du travail.

Cadre de plus de 50 ans dont on ne sait pas comment se débarrasser :
senior confirmé.

Chômeur :
demandeur d'emploi, personne en cessation d'activité, personne en cessation de travail, personne mise en disponibilité ou en non-activité (dans l'administration).

Chute des valeurs boursières
: léger recul, léger repli, tendance baissière.

Dégraissage
: restructuration.

Délocalisation :
implantation d'emplois à l'étranger.

Démolir :
déconstruire.

Diminuer (les salaires) :
réajuster à la baisse.

Employés et ouvriers :
ressources humaines.

En faire davantage à moins nombreux :
mutualiser (le travail).

Evasion fiscale :
soustraction fiscale.

Faillite :
cessation de paiements.

Famine :
crise alimentaire aiguë, malnutrition, faible sécurité alimentaire.

Indigent
: RMiste, personne vivant sous le seuil de pauvreté.

Licenciement :
rééquilibrage de la masse salariale, dégraissage, restructuration, plan de sauvegarde de l'emploi.

Loi de la jungle :
déréglementation.

Misère :
précarité.

Pays plus pauvres que les pays pauvres :
pays les moins avancés, P.M.A.

Peuple :
vrais gens.

Privatiser :
ouvrir le capital.

Retard économique :
potentiel de croissance.

Salarié :
collaborateur.

Stagnation (d'un pays riche)
: croissance zéro.

Syndicalistes (ou patrons et syndicats) :
partenaires sociaux.

Travail à la chaîne
: lignes de production.

Travailler :
valoriser ses compétences.

Virer (se faire) :
bénéficier d'un reclassement.

(1)
http://www.liberation.fr/vous/0101557263-la-crise-version-faux-cul

(2)Auteur de Parlez-vous le politiquement correct ?, Ed. Racine, 2007.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article =37168

Par Lille à Gauche - Publié dans : Petit cours de lexicographie
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 06:58

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?", avait déclaré Laurence Parisot au Figaro Economie, le 30 août.

Notre ami Gérard Filoche, fervent admirateur de Laurence Parisot , developpe toutes sortes d'arguments pour contrer cette maxime capitalisto-libéral (néologisme redondant).
Pour lui l'evolution humaine n'est qu'une suite de lutte cobtre la précarité :

  • L'agriculture contre la précarité de la chasse et de la cueillette
  • La médecine contre la maladie et pour une bonne santé
  • Le CDI contre l'emploi précaire et l'esclavagisme
  • La securité sociale, les pensions etc...
La liste peut être allongée à l'envie, on voit dans la maxime du MEDEF toute l'idéologie qu"elle porte. Nous savons bien où veut aller le MEDEF organe constitué du libéralisme le plus dur !

Par Gratte-poil - Publié dans : Petit cours de lexicographie
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