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Arrogance, nom féminin
Sens : Fierté qui se manifeste par une insolence méprisante. Synonyme impertinence
Synonymes : dédain, fatuité, fierté, hardiesse, impertinence, impudence, insolence, morgue, orgueil, prétention, superbe.
Comment considérer autrement l'attitude de ceux qui détiennent le pouvoir ?
L'arrogant selon Théophraste.
L'arrogance est un mépris de tout sauf de soi-même, et l'arrogant est du genre à dire à une personne pressée qu'il la rencontrera après dîner, durant sa promenade. A-t-il rendu un service, il
entend bien qu'on s'en souvienne. Rencontre-t-il en rue des gens qui lui ont confié le soin de départager leurs arbitres, il se fraie de force un passage !
Est-il élu à une fonction gouvernementale, il se dérobe en affirmant sous serment... qu'il n'a pas le temps. Il ne consent à aborder personne le premier. Il est homme à inviter vendeurs et
salariés à se rendre chez lui au lever du jour.
Lorsqu'il marche en rue, tête baissée, il ne parle pas aux gens qu'il rencontre, mais redresse derechef la tête dès lors qu'il en a envie. Donne-t-il un dîner à ses amis, lui-même ne mange pas
avec eux, mais il charge quelqu'un de son personnel de s'occuper d'eux.
Quand il est en route, il envoie par avance quelqu'un pour dire qu'il arrive. Il ne laisse entrer personne au moment de sa friction, de son bain ni de son repas. Bien entendu, lorsqu'il règle un
compte avec quelqu'un, il enjoint à son esclave de et, une fois le total fait, de l'inscrire pour lui sur son compte.
Dans une lettre, il n'écrit pas «Vous me feriez plaisir...», mais «Je veux que...» et «J'ai envoyé quelqu'un prendre chez vous...» et «Afin que cela ne se fasse pas autrement» et «au plus
vite».
THÉOPHRASTE, Les Caractères (20 à 30), Nouvelle traduction annotée
par Marie-Paule LOICQ-BERGER (janvier 2002), Chef de travaux honoraire de l'Université de Liège
par Gérard Filoche
Ca commence à bien faire, cette sempiternelle litanie contre « les charges » qui pèseraient sur les entreprises… En fait, elle reçoivent 60 milliards d’euros par an « d’aides » à l’emploi et la
Cour des comptes affirme qu’il n’a jamais été prouvé que cela avait crée un seul emploi. Les « entrepreneurs » si chers à Madame Parisot sont bel et bien des « assistés » : 6,5 milliards par-ci
pour l’automobile, 40 milliards par-là pour les banques, 2,5 milliards pour les restaurateurs, Continental, Heuliez, ou les békés. Des milliards qui partent en stock-options pour des patrons qui
se sont offert 58 % d’augmentation l’an passé. S’il y a des « charges », ce n’est pas pour les entreprises, mais pour nous : les « exonérations de charges sociales », c’est nous les salariés en
tant que citoyens qui les payons à la place des chefs d’entreprise, par l’impôt !
Ils clament aussi sur tous les tons qu’il faut « alléger les charges sociales » sur les salaires. Mais cela n’existe pas les « charges sociales sur les salaires » ! C’est une pure invention
idéologique des néolibéraux, du patronat. Dans aucun texte de loi, on ne lit qu’il y a des « charges ». Regardez vos feuilles de paie (si elles sont juridiquement conformes) : ce qu’il y a, c’est
un « salaire brut » en haut et un « salaire net » en bas. Expliquez-le autour de vous : dans les deux cas, c’est du « salaire ». Un « salaire net » qu’on touche et qu’on consomme tout de suite.
Et ce « salaire brut » est constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun, et redistribuée à chacun selon ses
besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en
difficulté de logement, ou encore en retraite. Les libéraux haïssent cela. Cette part de salaire mutualisée, c’est pourtant ce qu’il y a de plus beau en France, de plus solidaire, de plus
fraternel, de plus protecteur, ce n’est pas une « charge sociale » c’est du bonheur social ! Mais ils appellent cela une « charge » pour rendre confuse, et discréditer la perception de ce
bonheur. Ils disent « allégeons les charges sociales » mais c’est une manipulation pour dire « allégeons les salaires bruts ».
J’ai reçu un salarié qui m’a dit : « mon patron me licencie parce qu’il a trop de charges ». J’en aurai pleuré . Croyait-il que son salaire était trop élevé ? Nul ne lui avait expliqué que son «
brut » était du salaire indirect ou différé ? Même s’il ne le touchait pas tout de suite, c’était encore plus précieux : sa vie en dépendrait tôt ou tard. Demain à l’hôpital. Demain au chômage.
Demain en retraite. Par exemple, le système de retraite par répartition, ce n’est pas une épargne (ouf, car sinon nos retraites seraient parties avec Madoff ou Lehman - Brothers ) mais c’est une
part de salaire versée en temps réel par ceux qui travaillent chaque mois pour assurer la retraite de nos aînés. En temps de crise, c’est ce salaire mutualisé qui résiste le mieux, cent mille
fois plus que les finances des assurances et des banques. Mais c’est précisément ces cotisations-là que Sarkozy s’acharne à bloquer ! Il préfère n’importe quoi en guise de diversion, des primes
pour l’emploi, l’intéressement, la participation, l’épargne salariale, la prime au fuel, la prime au transport, la prime de rentrée, plutôt que la hausse de salaire, alors que seule cette
dernière remplit les caisses socialisées de la protection sociale.
Source : Démocratie & Socialisme
Mais non, on ne va pas tous finir chômeurs. On sera juste en
recherche d'emploi. Nuance. D'ailleurs, on n'ira même pas pointer à l'ANPE, vu que maintenant (et depuis sa fusion avec l'Unédic) c'est au Pôle emploi qu'il faut toquer. Nettement plus
chic. Là, ce n'est pas un boulot de croque-mort qu'on nous proposera. On dit désormais conseiller funéraire, ce qui est quand même moins rude. Elle est pas belle la vie en temps de crise ? De
plus en plus. A en croire la palanquée de mots «cache-misère» dont on nous rebat les tympans.
« Ecrans de fumée ». Grand collectionneur de termes «politiquement corrects» dont il a déjà fait un
livre (2), le philologue Georges Lebouc avoue s'en mettre plein les poches ces temps-ci : «Magnifique, cette façon de tout positiver !, ironise-t-il. Manier l'euphémisme, c'est une tendance
générale. Mais l'économie est vraiment un terrible domaine où tous les substituts aux vilains mots sont bons.» Le comble ? «Entendre parler en ce moment de potentiel de croissance là où il y a
retard économique.» D'ailleurs, c'est décidé, son prochain bouquin sera consacré à la langue de bois.
Dans la même veine, Philippe Renève, économiste de formation, est chaud bouillant contre tous ces «écrans de
fumée pour faire passer la pilule». Et d'épingler cette façon d'appeler les clodos des SDF (ben oui, ça sent meilleur), le code du travail un «frein à l'embauche» ou les allégements
d'impôts pour les plus aisés «paquet fiscal» ou «bouclier fiscal». «Cela fait vingt ans que l'on évacue des mots pour ne plus appeler un chat un chat. Les remplacer par d'autres
souvent venus du monde de l'entreprise et souvent d'inspiration libérale. Mais là, l'accélération est vertigineuse.» Total : cet ancien de la banque s'est fendu sur le site d'Agoravox d'un
drolatique petit traité de sémantique libérale intitulé le Vocabulaire politiquement correct du XXIe siècle. (2)
Comment ça, c'est pas facile de s'y retrouver dans tous ces mots ? Forcément comme dit Lebouc, ces «mots ne
sont pas issus du vulgum pecus», mais fabriqués par les politiques et les médias. Alors histoire de clore en beauté la grande semaine de la langue française organisée par le ministère de la
Culture et de la Communication, petit cours de rattrapage du parler «positif» en quelques mots choisis (avec l'aide de Georges Lebouc). Avec en toile de fond cette citation de Platon (in la
République) : «La perversion de la cité commence par la fraude des mots.»
Augmentation du temps de travail : aménagement du temps du
travail.
Cadre de plus de 50 ans dont on ne sait pas comment se débarrasser :
senior
confirmé.
Chômeur : demandeur d'emploi,
personne en cessation d'activité, personne en cessation de travail, personne mise en disponibilité ou en non-activité (dans l'administration).
Chute des valeurs boursières : léger recul, léger
repli, tendance baissière.
Dégraissage :
restructuration.
Délocalisation : implantation d'emplois
à l'étranger.
Démolir : déconstruire.
Diminuer (les salaires) : réajuster à la
baisse.
Employés et ouvriers : ressources
humaines.
En faire davantage à moins nombreux : mutualiser (le
travail).
Evasion fiscale : soustraction
fiscale.
Faillite : cessation de
paiements.
Famine : crise alimentaire
aiguë, malnutrition, faible sécurité alimentaire.
Indigent : RMiste, personne
vivant sous le seuil de pauvreté.
Licenciement : rééquilibrage de la
masse salariale, dégraissage, restructuration, plan de sauvegarde de l'emploi.
Loi de la jungle : déréglementation.
Misère : précarité.
Pays plus pauvres que les pays pauvres : pays les moins avancés,
P.M.A.
Peuple : vrais
gens.
Privatiser : ouvrir le
capital.
Retard économique : potentiel de
croissance.
Salarié : collaborateur.
Stagnation (d'un pays riche) : croissance
zéro.
Syndicalistes (ou patrons et syndicats) : partenaires
sociaux.
Travail à la chaîne : lignes de
production.
Travailler : valoriser ses
compétences.
Virer (se faire) : bénéficier d'un
reclassement.
(1) http://www.liberation.fr/vous/0101557263-la-crise-version-faux-cul
(2)Auteur de Parlez-vous le politiquement correct ?, Ed. Racine, 2007. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article
=37168
"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail
échapperait-il à cette loi ?", avait déclaré Laurence Parisot au Figaro Economie, le 30 août.
Notre ami Gérard Filoche, fervent admirateur de Laurence Parisot
, developpe toutes sortes d'arguments pour contrer
cette maxime capitalisto-libéral (néologisme redondant).
Pour lui l'evolution humaine n'est qu'une suite de lutte cobtre la précarité :
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