Paysage politique

Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 09:54

Tiré du Blog D'Alexis Corbière (http://www.alexis-corbiere.fr/index.php?post/2010/01/08/Philippe-Seguin-%3A-consensus-et-contre-sens-sur-la-vie-d-un-homme-de-droite) une goutte de lucidité dans un océan d'hommages convenus.

 

 

Un mot sur le décès de Philippe Séguin. La mort brutale d’un homme est une triste nouvelle. Et celui-ci avait une sacrée trempe, il laissera sans doute une trace. Il faisait partie de ces grandes figures de la droite française, qui enrichissaient le débat national. Tous les médias répètent qu'il avait voulu, (mais cela existe-t-il en réalité ?) continuer à faire vivre l’idéal du « gaullisme social », sans que les mêmes médias  définissent de quoi il s'agit exactement. Compréhensible. A part un concours de circonstances historiques, moi je ne sais pas. 

Après avoir été parlementaire dans les Vosges, Maire d'Epinal et Président de l'Assemblée nationale (celle qui s'est terminée par la dissolution de 1997), Philippe Séguin fut Conseiller de Paris de 2001 à 2002, après avoir conduit les listes RPR qui furent pour la première fois battues par la gauche. Je ne l’ai pas connu, je ne connais aucune anecdote à son sujet, et je ne lui ai jamais adressé la parole, bien sûr. Mais je garde en mémoire nombre d’arguments, assez pertinents, qu’il avait développé en 1992 pour le « Non » au Traité de Maastricht, notamment ceux qui refusaient les pertes de souveraineté populaire pour le compte d’instances non démocratiques. Ceci dit, la majorité d’entre eux n’étaient pas, et non jamais été, ceux de la gauche contre la Construction libérale de l’Europe. Je n'oublie pas non plus sa campagne aux cotés de Philippe de Villiers, qui lui laissait entendre une musique clairement xénophobe.

Mais, laissons cela. En pensant à Philippe Séguin, il me revient une phrase utilisée à propos d’autres par François Mitterrand dans les années 70. Il faisait alors la distinction entre « les gaullistes de légende et les gaullistes de brocante ».

La phrase était mordante, comme Mitterrand savait le faire, et l’on peut, le temps d’un hommage, se dire que Séguin, durant sa vie politique, a cherché à se rattacher à cette première catégorie. J’ai toutefois bien conscience de l’exagération de la comparaison, mais il est finalement le dernier dont le nom vient à l’esprit si l’on voulait illustrer ces gaullistes là. Par contre, concernant les « gaullistes de brocante », à l’inverse, beaucoup plus de noms viennent à l’esprit. Et particulièrement celui qui occupe le poste de Premier Ministre et qui a rendu un hommage ému à celui qui fut, paraît-il, son mentor.

Bon, mais à force, l’unanimité des hommages a fini par m’agacer. Et je lis parfois, ici ou là, des hommages d’élus de gauche qui m’irritent. Je découvre par exemple, que Martine Aubry "aimait ses colères (..) les écoutait, car elles tombaient justes". Ah bon ? Lesquelles ? Sur l'Europe ? Certainement pas, en 1992 Aubry a défendu le "Oui" à Maastricht. Sur le reste ? Soyez précise Mme Aubry, cela m'intéresse. Car, de grâce, et ne serait ce que par respect pour la mémoire de Philippe Séguin, ne l’oublions pas, c’était un homme de droite. Et un vrai. Dur avec la gauche, demandez-le aux conseillers municipaux de gauche d’Epinal quand il était Maire. Pas un homme consensuel. De plus, l’utilisation systématique du mot « républicain » me déplaît. Car, si l’on affirme que le parcours politique d’un républicain c’est cela, on risque de désorienter beaucoup de gens… qui ne verront dans la République que des formules ronflantes accompagnant des politiques antisociales. Fait révélateur, un de ses modèles était Napoléon III. Pour moi, ce dernier fut à l’inverse un fossoyeur de la République. A chacun ses modèles.

Il disait « j’ai choisi le gaullisme parce que c’était autre chose que la droite ». Bon. Mais, même dans le gaullisme « à la séguin », une fois en responsabilité, on a du mal à voir la différence avec la droite. Ministre du travail du gouvernement Chirac de 1986 à 1988, c’est notamment lui qui va mettre en place les premiers décrets qui vont affaiblir la sécurité sociale. Je pense particulièrement à un décret du 31 décembre 1987 qui avait supprimé la possibilité pour 643 000 malades (qui ne faisaient pas partie des 25 maladies prises en charge à 100%) de voir leurs traitements pris en charge par la « Sécu ». C’est lui aussi qui va supprimer l’autorisation administrative de licenciements, mesure qui prétendait aider l’emploi, mais qui mis un sacré coup d’accélérateur aux plans de licenciements.

Plus récemment, à la présidence de la Cour des comptes, plusieurs de ses rapports sur l’Hôpital public, ont insisté sur le fait que les difficultés des hôpitaux n’étaient pas dues à une insuffisance de moyens financiers, mais à une mauvaise gestion financière des établissements. Les personnels qui luttent contre les suppressions de postes apprécieront.

Sur un autre sujet, concernant les stades de football français, le rapport qu’il avait rédigé pour la Ligue de football professionnel se prononce clairement pour une « privatisation » des équipements sportifs. Proposant, mesure emblématique, que les stades portent les noms de l’investisseur privé.

Bon, j’arrête. Le but de ce court billet n’est pas de s’en prendre à un homme qui vient de s’éteindre. Je souligne une fois de plus que je n’ai aucun mépris pour cet homme cultivé et batailleur, au contraire, il n’était pas fait du même bois que les petits marquis, faux durs, et obligés du grand capital, qui dirigent notre pays désormais.

Mais, je le répète, pas de consensus, et pas de récupération. Lui rendre un véritable hommage exige de dire qu’une des familles de la droite française a perdu l’une de ses grandes voix, et que la gauche voit disparaître  un de ses plus beaux adversaires.

Alors, pas de captation d’héritage, pas de récupération de cadavre, s’il vous plaît. Je suis sûr que Philippe Séguin, qui était un honnête homme, n’aurait pas aimé cela. Même dans les hommages, les contradictions entre les classes sociales restent une réalité.

Par Paul - Publié dans : Paysage politique - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 06:59
Mardi 22 septembre 2009
Invités : Les représentants des partis politiques de la région Nord-Pas de Calais
Thème : Quelle place pour l'économie sociale et solidaire dans le projet politique des partis pour les élections régionales :2010 ?
Lieu/horaire : 17h - Amphi A 
Conférence organisée par l'APES (Assemblée permanente d'Economie solidaire) et Sciences Po Lille
plan : http://iep.univ-lille2.fr/presentation/access/plan-acces.html

Contact(s)

Virginie Caekebeke
Responsable de la Communication
Tél. : 03 20 90 48 57
Bureau B4.11
virginie.caekebeke@iep.univ-lille2.fr

http://iep.univ-lille2.fr/



Débat des Amis du Monde Diplomatique


Mardi 6 octobre à 20h, Scène nationale de la Rose des vents , boulevard Van Gogh à Villeneuve d’Ascq (métro : Villeneuve d’Ascq Hôtel de Ville), conférence-débat sur le thème :

« Face à la crise du capitalisme : relance "verte", arrêt de la croissance ou décroissance ? »

Rencontre organisée par les AMD en partenariat avec ATTAC métropole

« Alors que le monde occidental s’oriente vers les énergies renouvelables pour relancer l’économie, un débat essentiel existe à gauche entre ceux qui pensent qu’il faut très vite relancer la croissance (qu’ils qualifient de « verte ») et ceux qui estiment qu’il faut « profiter de la crise » pour en finir avec le culte de la croissance et proposer une autre vision du progrès. En effet 2 % de croissance par an d’ici 2100 signifient six fois plus de biens et de services produits. Indépendamment même de l’aggravation dramatique de la crise écologique que cette accumulation provoquerait, on peut se poser la question : six fois plus de quoi ? Quand arrête-t-on cette course folle ? La croissance ne fait-elle pas désormais partie des problèmes au lieu d’être à la base des solutions ? »

avec Jean Gadrey, professeur émérite d’économie à l’Université de Lille1, membre de la « commission Stiglitz », auteur de « En finir avec les inégalités », 2006

et Serge Latouche, Professeur émérite d’économie de l’université de Paris-Sud, auteur de "Le pari de la décroissance", 2006

Par Paul - Publié dans : Paysage politique - Communauté : Les blogs citoyens
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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 09:07



On ne peut pas, me semble-t-il, ne pas se saisir de cette élection au suffrage universel,  à la proportionnelle (enfin qui s'en rapproche, tout en faisant en sorte de favoriser les « grandes » listes) pour délivrer un message politique clair sur les causes et les responsables de cette crise et de cette construction européenne e  n dehors des peuples, anti-démocratique, anti-sociale...et pour proposer d'autres finalités, d'autres règles, d'autres pouvoirs, associant les citoyens.

Cela dans le prolongement du mouvement social, pour dessiner à partir des luttes, une perspective dont la crédibilité, en retour, le renforcera. Transformer les colères et les aspirations en force de transformation politique : n'est-ce pas l'objectif, pour le 7 juin et pour après.

Faire de cette élection un vote sanction de Sarkozy et de sa politique ultra-libérale sur tous les plans, c'est en même temps condamner l'Europe actuelle qui en est un des instruments et c'est se prononcer positivement pour une tout autre construction européenne qui rompe avec les logiques actuelles et s'attache à promouvoir le progrès social, l'emploi et le pouvoir d'achat, un autre type de développement économique et écologique, les coopérations, les services publics, les libertés individuelles et collectives, les solidarités, la paix, le désarmement...

C'est aussi ne pas céder à d'autres votes qui se veulent critiques envers Sarkozy, comme le PS, le Modem, Europe-Ecologie mais qui ont approuvé le traité de Maastricht et tous les autres, voté OUI au traité constitutionnel rejeté par une majorité de Français en 2005. Aucune de ces formations ne remet en cause le libéralisme, toutes refusent de voir le caractère systémique de cette crise et s'en tiennent à des promesses de « régulation », « d'humanisation » parfaitement illusoires.

Certes on ne changera pas le système capitaliste en claquant dans les doigts ou en se livrant à la surenchère verbale, mais, comme y insistent les économistes communistes, en gagnant les consciences à la nécessité de se donner les moyens de ses objectifs sociaux et environnementaux, ce qui suppose la maîtrise publique de la monnaie et du crédit, entre autre, ainsi que l'élargissement des pouvoirs et des droits des salariés et des usagers, des élus à tous les niveaux dans les choix économiques, dans le fonctionnement des entreprises.

Vous me direz, oui mais le 7 juin on ne se prononce pas pour ou contre un changement de société ? Certes, mais n'est-ce pas ce qu'il faut dire, avec le vote Front de gauche, dès lors qu'on est convaincu que cette Europe libérale ne peut pas -et ne veut pas- résoudre les profondes inégalités qu'elle génère. Sa fonction, c'est de sauver les profits, sauver le Capital, contre le Travail.

Et même si on ne change pas, demain, la majorité au parlement européen, on a le moyen de modifier le rapport des forces en faveur de l'immense majorité des victimes des politiques libérales.

C'est enfin, au plan stratégique, travailler aux convergences et à l'union des forces populaires qui se reconnaissent dans de tels objectifs, sans préalable et sans gommer les divergences, dans le respect des identités, pour être plus efficaces, donner forme et force à tout ce qui nous est commun.

Le Front de gauche porte cette aspiration, cet appel au rassemblement. Il faut que cette expérience se prolonge et s'élargisse jusqu'à devenir une force prépondérante à gauche. Non pas à des fins strictement électorales mais pour renforcer les luttes sociales et leur donner encore plus confiance dans un débouché politique transformateur.

Pas d'unité sans principe, bien sûr, mais tout faire pour que cette unité se réalise, non pas sur le plus petit dénominateur commun, mais sur le plus élevé possible. A tous les acteurs d'en discuter et d'y faire participer le maximum de monde.

Plus que 15 jours pour faire reculer l'abstention (57,24% en 2004 !), le sentiment d'impuissance face à une institution lointaine qui influe très fortement pourtant sur notre vie quotidienne.

Et pour émettre un vote efficace, radicalement transformateur, porteur des luttes sociales et de leurs aspirations.

Source : antiliberal over blog

 

Par Paul - Publié dans : Paysage politique - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /2009 06:33

MICHEL BARNIER, COORDINATEUR UMP DE LA CAMPAGNE POUR LES EUROPÉENNES :

« Il faudrait protéger les services publics par une nouvelle directive. Nous voudrions équilibrer la politique de libre concurrence qui, pour moi, n'est pas un objectif en soi, mais un moyen au service de la croissance et de l'emploi. »

- L'UMP plaide maintenant pour une Europe « moins » libérale  ? Qu'il prouve sa sincérité en commençant par ne pas privatiser La Poste.

Par Lille à Gauche - Publié dans : Paysage politique
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /2009 23:05

Ça remue à l’UMP. On ose (enfin) critiquer le chef. La semaine passée, Dominique de Villepin a plusieurs fois attaqué, assez durement même, le chef de l’État sur sa politique ou sa stature internationale. Certains commencent à avancer qu’on aimerait mettre Nicolas Sarkozy sur la touche en prévision de 2012. Et alors ?

C’est vrai que de voir lâché l’actuel locataire de l’Élysée me remplirait d’un certain contentement pouvant toucher au bonheur. Mais ne nous trompons pas, ne nous laissons pas abuser par nos (res)sentiments envers Nicolas Sarkozy. Lui ou un autre c’est la même chose.

Ça me rappelle 1995 avec tout le cirque autour de la candidature de Jacques Chirac et celle d’Édouard Balladur. Certains camarades de gauche étaient près à voter Chirac pour faire battre Balladur. S’il y avait eu un second tour entre les deux, je me serais abstenu. Oui, je ne me  serais pas contenté de voter blanc car je n’aurais pas voulu qu’on puisse une seule seconde imaginer que j’aurais pu voter pour l’un des deux. Certes, en 2002 j’ai bien du voter Chirac mais ce n’était pas du tout la même chose.

Ne nous réjouissons donc pas trop vite de ce duel, du moins pas sans oublier qu’au final on ne ferait que remplacer bonnet blanc par blanc bonnet.

Par Stéphane Dalmasso - Publié dans : Paysage politique
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