Féminisme

Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /2009 10:04
APPEL A LA MOBILISATION POUR LES DROITS DES FEMMES

Depuis la fin du 19ème siècle, et même avant, les femmes se battent pour accéder à l'égalité des droits. Le Mouvement de Libération des Femmes, mouvement social de fond, a bousculé la société contemporaine. De fait, grâce au caractère combatif et incisif du MLF, dans une période propice aux luttes sociales, l'égalité des droits a été obtenue. Égalité formelle des droits, oui, mais pas égalité réelle ! Les inégalités ne sont plus dans le code civil ou pénal parfois, mais sont encore bien présentes dans la vraie vie ! La liste en est connue : bas salaires, temps partiels, chômage, retraites inférieures, familles mono parentales, sont avant tout l'apanage des femmes. On peut compléter le tableau, de façon non exhaustive, par le peu de place accordé aux femmes dans la représentation politique ou par les violences qu'elles subissent. Bref, le compte de l'égalité n'y est pas !

La crise financière, économique et sociale ne fera qu'aggraver la situation : ce sont toujours les plus fragiles qui sont encore plus fragilisés. Et quand on voit l'obstination d'un Sarkozy à démanteler la Fonction et les services publics, il y a de quoi s'inquiéter : les femmes doivent déjà par exemple, aux deux bouts de la chaîne, pallier les carences d’un véritable service public de la petite enfance et l’absence notable d’un service public national pour les personnes âgées.

Certes, le pays résiste, résistance dont nous sommes partie prenante, nous qui savons conjuguer lutte pour les droits des femmes et lutte pour le maintien des acquis sociaux. Mais nous ressentons le danger de voir la lutte pour l'égalité femmes/hommes passer au second plan au profit de la lutte contre les discriminations et pour la diversité, comme le prouve la disparition du Service pour les Droits des Femmes et de l'Egalité. Pour éviter cette régression majeure, pour la reconnaissance de la lutte pour les droits des femmes, il nous faut réaliser l'unité. D'autant plus que les idées et les combats féministes ont cheminé. Ils irriguent actuellement les syndicats, les partis politiques de gauche et d'extrême gauche et ce depuis des années déjà.

Seule cette unité, qui doit perdurer, pourra constituer un barrage réel à la régression de la situation des femmes, à la reconquête du lien social. La lutte difficile mais efficace des travailleuses et travailleurs sans papiers pour leur régularisation en apporte la démonstration.

C'est pour cette raison que nous vous appelons à construire ensemble une grande manifestation nationale pour les droits des femmes le 17 octobre prochain. Celle-ci sera notre apport commun à la reconquête du lien social, et constituera un élément de sortie de crise. Elle se déclinera selon six thématiques : liberté de disposer de son corps au travers notamment d’un véritable accès à l'avortement et la contraception, autonomie financière au travers de vrais emplois, de vrais statuts, des salaires décents et du temps pour vivre, dignité avec le vote et l'application de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes et avec la reconnaissance des droits des lesbiennes, égalité dans la vie politique, économique et sociale, laïcité avec aucune ingérence des intégrismes religieux dans nos vies ou contre nos droits, solidarité dans la lutte pour les droits des femmes du monde entier et l'égalité pour les femmes étrangères en France.

A l'initiative du Collectif national pour les Droits des Femmes et de Femmes solidaires

Premières organisations signataires : ANCIC, APEIS, AWSA-France (Arabian Women Solidarity Association), Association Droits des Femmes XXe, CADAC, Centre de Planification de saint Egrève, Chiennes de garde, Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes, « Ruptures », CGT, CGT-Jeunes, Collectif 13 DDF, Coordination Lesbienne en France, CQFD-Fierté lesbienne, Espace Simone de Beauvoir de Nantes, Fédération IFAFE (Initiatives des Femmes Africaines de France et d’Europe), Féministes Laïques Algériennes et Iraniennes, Femmes Libres, Femmes en Noir, Forum Femmes Méditerranée, FSU, La Gauche Alternative 54, La Marche Mondiale, LDH, LFID (Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie), LMDE, Les Alternatifs, les caféministes de la nouvelle éducation populaire Les Jeunes Radicaux de Gauche, Les Jeunes Verts, Les Verts, Maison des Babayagas, MFPF, Mix-Cité Orléans, Mix-Cité Paris, MJS, MRAP, Négar, NPA, Organisation de Femmes Égalité, Paroles de Femmes, PCF, Parti de Gauche, PS, Planning Familial 37, Planning Familal 66, Pluri-Elles Algérie, RAJFIRE, Réseau Féministe « Ruptures », Solidaires, SOS Femme Alternative, SOS SEXISME , Sud Étudiant, UGICT-CGT, UGICT-CGT des Organismes sociaux, UNEF, UNL, Utopia.

Par Lille à Gauche - Publié dans : Féminisme - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /2009 10:21

Dans  la  campagne pour les élections européennes du 7 juin, une des propositions faites par (à ma connaissance) le Front de Gauche et Europe Écologie est d'instituer une clause de l'Européenne la plus favorisée, promue depuis cette époque par l'association Choisir la Cause des Femmes. Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Et comment on fait concrètement ?

En 1979, Gisèle Halimi a lancé cette idée par ces mots : «Notre objectif, je l'appellerai la Clause de la citoyenne la plus favorisée. Chaque citoyenne devra bénéficier du statut le plus progressiste, le plus juste, le plus féministe en vigueur dans un pays membre [...] Le nivellement, dans l'Europe des femmes, doit se faire par le haut». Cela ne signifie donc pas l'alignement du droit européen sur le droit national du pays membre le plus favorable aux femmes, mais l'alignement au cas par cas, pour chaque mesure, sur la législation la plus favorable. On ne peut donc pas se demander où habite l'Européenne la plus favorisée, puisqu'elle n'existe pas !

Le choix de donner la vie

L'application de la clause de l'Européenne la plus favorisée sur ce point est aujourd'hui impossible car la santé en matière de reproduction et de sexualité est du domaine de ce que l'on appelle la subsidiarité (c'est-à-dire que c'est de la compétence des États membres). Il faudrait donc commencer par faire voter une directive sur cette question, en imposant à tous les États membres d'appliquer sur chaque point la législation la plus favorable.

Par exemple, sur la contraception, dans certains pays l'accès est parfois difficile du fait du coût et de la rareté de méthodes de contraception qui sont souvent importées. L'information est également tout à fait insuffisante dans de nombreux pays (souvent marqués par l'influence catholique comme l'Irlande par exemple) où le sujet reste tabou. Dans plusieurs pays l'accès à la contraception est soumis à autorisation parentale pour les mineures. La loi la plus favorable ? Aux Pays-Bas où l'accès aux méthodes contraceptives est libre, direct et gratuit ; l'État assure l'information, la disponibilité et la gratuité pour les femmes mineures ou majeures.

Concernant le droit à l'avortement, il existe encore des pays où il est interdit (la Pologne, l'Irlande, Malte et Chypre - à noter qu'en Pologne, elle était autorisée sous le régime socialiste et a été interdite en 1997, notamment sous la pression de l'Église catholique) et la durée de grossesse jusqu'à laquelle il est autorisé diffère, là encore selon les pays : 12 semaines en France, de 18 à 24 selon des critères parfois assez restrictifs en Grèce ou en Allemagne. La loi la plus favorable ? En Suède où l'IVG est pratiquée sur simple demande de la femme jusqu'à 18 semaines de grossesse.

Concernant l'éducation sexuelle, on trouve la loi la plus favorable au Danemark où elle est obligatoire dès l'école primaire.

Le droit de la famille

En France, le droit au divorce est reconnu dans sa forme actuelle (dont notamment le consentement mutuel) depuis 1975. Mais il reste interdit à Malte (encore un pays catholique...) et soumis à une période de séparation de 4 ans en Irlande (même commentaire). La loi la plus favorable ? En Espagne où la loi ne prévoit pas de «causes» pour divorcer (il suffit que l'un des époux le demande) avec un secours alimentaire obligatoire.

La plupart des pays accordent au parent qui le demande un congé parental après le congé maternité ou paternité, d'une durée et une rémunération très variables d'un pays à l'autre. Il existe pourtant une directive européenne sur ce point, mais elle exige simplement l'existence d'un tel congé, sans aucune contrainte sur es deux aspects... On trouve donc des durées allant de 3 mois (comme à Chypre) à 3 ans (comme en France), et une rémunération qui peut être soit nulle, soit forfaitaire, soit proportionnelle au salaire. La loi la plus favorable ? En Suède où on trouve un congé parental de 480 jours (dont 60 réservés au père ! c'est aussi cela le féminisme) et rémunéré à 80% du salaire.

Concernant le mariage, la loi la plus favorable se trouve en Autriche où le mariage civil prime sur le mariage religieux. Le contrat d'union civile le plus favorable se trouve en Belgique où il donne aux couples hétérosexuels ou homosexuels un certain nombre de droits en matière de logement, de fiscalité ou de succession. Concernant l'autorité parentale, la loi la plus favorable se trouve en Estonie où cette autorité ne dépend que du fait d'être parent de l'enfant (filiation) et chacun des deux la conserve en cas de séparation.

La lutte contre les violences faites aux femmes

La violence (physique, psychologique, verbale, sexuelle...) touche un grand nombre de femmes en Europe. En Europe, la violence domestique est la première cause de mortalité et d'invalidité pour les femmes âgées de 16 à 44 ans. En France, une femme meurt tous les 3 jours, sous les coups de son compagnon. La majorité des actes de violence sont commis par des hommes, le plus souvent des partenaires ou d'anciens partenaires.

Dans un certain nombre pays existe des politiques nationales de lutte contre la violence conjugale mais le poids des traditions ou l'absence de prise de conscience politique les rend inexistantes dans d'autres... Par exemple en Italie (encore un pays catholique, décidément...) il n'y a aucun plan d'action national. La loi la plus favorable ? En Espagne (pourtant catholique, ouf !) où une loi-cadre très complète a été adoptée en 2004 (sensibilisation à l'école, formation des agents des services publics potentiellement concernés, protection d'urgence de la victime, centres d'accueil nombreux, sanctions fortes, tribunaux spéciaux).

Concernant le viol, la loi la plus favorable est celle de la France qui le considère comme un crime. Concernant la prostitution, elle est interdite en Suède où seuls les clients sont (fortement) pénalisés. La meilleure législation contre le harcèlement sexuel se trouve en Lituanie où des dispositions efficaces existent.

L'égalité professionnelle

Parmi les 27 pays de l'Union, le taux d'emploi des femmes varie de 37% à Malte à 74% au Danemark avec une moyenne de 59%. Le travail à temps partiel subi touche en premier lieu mes femmes avec un taux moyen de 31%, variant de 2,7% en Bulgarie à 75% aux Pays-Bas. L'écart salarial moyen entre hommes et femmes est de 17%, avec des pics à 30% en Estonie ou 25% en Autriche. Seuls six pays interdisent explicitement la discrimination salariale (Allemagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal et Espagne). La meilleure législation se trouve pourtant en France, que la clause retient pour son régime de retraite fondé sur la solidarité, l'obligation de présenter des bilans par sexe au niveau des entreprises, les droits économiques et sociaux qui permettent des garanties collectives aux femmes.

L'égalité dans l'accès aux fonctions politiques

Au niveau de la représentation des femmes au Parlement Européen, Malte et Chypre sont lanternes rouges ; pour les parlements nationaux, Malte partage la «palme» avec la Hongrie, la Roumanie et la Slovénie. La Suède est championne toutes catégories. La législation la plus favorable se trouve en Belgique où la parité hommes-femmes est inscrite dans la Constitution.

Alors si vous êtes d'accord avec ces principes, il vous faut voter pour une des listes qui soutiennent cette initiative : le Front de Gauche ou Europe Écologie (merci de m'indiquer en commentaire si d'autres liste m'ont échappé). À noter que malheureusement le PS ne soutient pas cette proposition, faut d'avoir trouvé un consensus sur l'avortement entre les partis européens qui composent le PSE... Dommage !

Le Monde Diplomatique, mai 2008


Le Monde Diplomatique, mai 2008

Sources utilisées pour ce billet : pétition de CHOISIR, dossier de Femmes Prévoyantes Socialistes (Belgique), Le Monde Diplomatique, mai 2008

Source : Le monde de sophie

 

Par Paul Rotovaly - Publié dans : Féminisme - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 10:41
Par : Collectif Droit des Femmes

En France, en 2009 : les femmes perçoivent des salaires inférieurs de 21% à ceux des hommes, elles représentent 80% des travailleurs pauvres, assurent l'essentiel du travail ménager et de l'éducation des enfants. Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, une femme est violée toutes les 10 minutes.

Pour les mauvais coups, les femmes sont toujours en première ligne : précarité, travail à temps partiel imposé, chômage... Les salaires des femmes tirent tous les salaires vers le bas et ce sont elles qui, au premier chef, doivent suppléer à l'absence des services publics, pour les personnes âgées par exemple. De cette situation tout le monde pâtit : femmes et hommes. Avec la crise, la situation ne risque pas des'inverser. On assiste au contraire aujourd'hui à une régression de nos droits dans tous les domaines.

Dans ce contexte, la défense des droits des femmes a souvent tendance a être reléguée au second plan. Pourtant, toutes et tous nous avons intérêt à l'égalité, à l'application des droits que nous avons conquis par la lutte au XXe siècle. La seule solution est de remettre l'égalité des droits sur le devant de la scène. Il y a urgence à se mobiliser femmes et hommes dans l'unité pour imposer d'autres choix au gouvernement et faire reculer la casse de tous les acquis.

Nous nous mobilisons :

Pour l'égalité professionnelle et salariale
: 85% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, l'écart de salaire moyen est de 21% et leurs retraites sont en moyenne inférieures de 600 € par mois. Il est grand temps que des mesures contraignantes soient prises pour rendre effective l'égalité dans le monde du travail. Cela passe également par une répartition égale des tâches ménagères, aujourd'hui assumées à 70% par les femmes.

Pour en finir avec les violences faites aux femmes
: De nombreuses femmes sont victimes de violences, uniquement parce qu'elles sont femmes. 48 000 femmes sont violées chaque année (source : ENVEFF) et des milliers sont victimes de la prostitution, véritable violence faite aux femmes. 40 ans après le début des luttes féministes sur ce terrain, legouvernement doit faire adopter la proposition de loi-cadre déposée au Parlement par le Collectif National Droits des Femmes.

Contre la casse des services publics Santé, Education, La Poste
... : le gouvernement s'attaque chaque jour à un nouveau service public. Alors que les inégalités sont si fortes entre les femmes et les hommes, les services publics constituent un élément déterminant pour les femmes dans l'accès aux soins, à l'école, ou encore aux services de la petite enfance. L'égalité femmes/hommes passe par la défense de ces derniers.

Pour la liberté de disposer de son corps
: Le combat pour le droit à l'avortement a plus de 30 ans et il est pourtant aujourd'hui encore difficile d'obtenir une IVG. Les réactionnaires de tous poils, encouragés par certains responsables religieux remettent en cause le droit de choisir sa sexualité, d'accéder librement à la contraception ou encore d'utiliser le préservatif. A cela vient s'ajouter une politique de santé qui, par la fermeture d'hôpitaux, la rentabilisation des actes, restreint chaque jour davantage l'accès à ce droit chèrement acquis par la mobilisation. Notre corps nous appartient : il faut garantir le droit à la contraceptionet à l'avortement partout sur le territoire ainsi que la droit, pour toutes et pour tous, de choisir sa sexualité.

Pour faire reculer le sexisme
: Des réflexes ou des idées que beaucoup pensait dépassés sont toujours présents et montrent que le sexisme est encore bien ancré dans les têtes et les comportements. Inversons radicalement la donne : il faut que la lutte contre le sexisme soit reconnue dans les textes de loi au même titre que la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. La lutte contre le sexisme passe également par la défense d'une société laïque, qui repose sur la séparation des Eglises et de l'Etat.

Une manifestation nationale pour les droits des femmes s'organise pour l'automne 2009

Participez à la préparation de cette mobilisation !

Par Lille à Gauche - Publié dans : Féminisme - Communauté : Les blogs citoyens
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