Écologie

Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 00:11
Par Aurélien Bernier, secrétaire national du Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP)
et Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche (PG) en charge du combat écologique.


Article paru dans le Sarkophage n°16, janvier – mars 2010

Nous le pressentions, mais les débats récents sur la taxe carbone le confirment : nous sommes confrontés à l'émergence dans la sphère politique d'une vision libérale de l'écologie dont nous aurions tort de sous-estimer la capacité de nuisance. Dans les mains de l'actuel gouvernement, la crise environnementale devient une nouvelle source de profits, habilement maquillée sous le terme de « capitalisme vert », et constitue un alibi supplémentaire pour mettre en oeuvre des mesures antisociales. Comme le rappelle Nicolas Sarkozy au congrès de Versailles, pour lui, la seule voie pour sortir de la crise est de « produire plus pour consommer plus » (sic). Dès lors, tous les moyens sont bons : des superbonus pour l'achat de voitures électriques, la relance du nucléaire et des agrocarburants, la promotion d'énergies « décarbonées » détenues par Areva, les autoroutes écologiques de Vinci, le marché du carbone et ses projets de « développement propre »... De vieilles recettes productivistes remises au goût du jour, une couche de finance, et le tour est joué. Rien qui ne vienne perturber le refrain « croissance-production-consommation » ravalant le citoyen au rang de consommateur. Pas la moindre mesure qui permettrait une redistribution des richesses, bien au contraire. Pour ceux qui n'avaient pas encore compris ce qui se tramait lors du Grenelle, les choses s'éclaircissent : grâce à l'alibi écologique, le capitalisme se prépare une deuxième jeunesse.

 

Malheureusement, une partie de la gauche de l'échiquier politique reste aphone, empêtrée dans une approche purement environnementaliste de l'écologie. Ainsi, le discours porté par Europe Écologie durant la campagne des européennes multipliait les incohérences. En se plaçant au-delà du clivage gauche-droite, en acceptant l'ultra-libéral Traité de Lisbonne qui interdit toute politique progressiste, en laissant croire finalement qu'on peut faire l'économie d'une critique radicale du système, des Verts entrainés par Daniel Cohn Bendit ont facilité la récupération marchande et libérale de l'écologie.

 

Certains d'entre eux assument avec de moins en moins de complexes la défense d'une écologie d'accompagnement et d'une fiscalité « verte » qui pénalise pourtant les plus pauvres, la perspective d'alliances avec le centre-droit ou encore la collaboration avec de grandes multinationales transformées en pionniers de l'écologie par la voix de leurs chargés de communication. Pour eux, l'avenir, c'est le capitalisme plus les énergies renouvelables. C'est la croissance « verte » au Nord pour compenser les émissions de gaz à effet de serre d'une croissance « sale » délocalisée dans les pays à bas coûts de main d'œuvre, loin des regards des électeurs. C'est la culpabilisation individuelle et l'écologie antisociale pour tout projet politique. C'est, enfin, une majorité de militants écologistes sincèrement de gauche pris au piège de ce hold-up réussi grâce à l'appui des médias dominants.

 

Cette situation n'est pas le fruit du hasard, et sans doute l'écologie paie-t-elle au prix fort certaines erreurs historiques. Les mouvements écologistes en France se sont principalement construits dans l'après mai 68 sur la lutte anti-nucléaire et sur un rejet viscéral de l'État. Le géant public EDF était le diable, et les gouvernements successifs ses suppôts. De défauts réels, ils ont alors fait des fatalités. Des intellectuels, renonçant à changer la société pour, à la place, changer « la vie », ont conduit le mouvement à abandonner l'ambition de mettre la puissance publique au service de l'intérêt général, et à tout miser sur l'union des peuples, dans une vision idyllique et mondialiste. Ce faisant, l'écologie politique a pris deux risques.

 

Le premier fut de se replier sur les seules alternatives individuelles et les expérimentations en petits collectifs. Ces initiatives sont certes nécessaires, mais il est néanmoins évident que les AMAP, les SEL ou les « camps climat » ne suffiront pas à renverser les grandes multinationales et à changer radicalement la société. Les bulles locales permettent à une minorité d'échapper en partie au système, mais elles laissent intacte une mondialisation capitaliste qui peut très bien composer avec des alternatives marginales. Se contenter de miser sur les changements de comportements, c'est aussi cautionner une approche libérale qui voit dans la liberté individuelle la matrice d'une société harmonieuse. C'est oublier que l'émancipation individuelle et collective nécessite un cadre, un projet de société qui permette à tous de vivre bien, soi-même et avec les autres.

 

La seconde impasse dans laquelle s'est enfermé une partie du mouvement écologiste est le mondialisme, qui consiste à conditionner toute transformation de la société à des changements mondiaux. Rien de politique ne pourrait se faire à une échelle autre que supranationale. Toute perspective de sortie du capitalisme est alors suspendue à une réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à la création d'une Organisation mondiale de l'environnement, à un accord de l'ensemble des États de la planète ou à une convergence universelle des luttes sociales. Autant de projets respectables, mais qui, compte-tenu du contexte, ne peuvent aboutir que dans un futur lointain, dans des délais incompatibles avec les urgences sociales et environnementales .

 

Bien sûr, les changements de comportements individuels, les expérimentations collectives et les utopies qui montrent la société vers laquelle nous voulons tendre sont importants. Ils favorisent des prises de conscience, tracent des pistes, ouvrent de nouveaux horizons et il ne s'agit pas de les décrier. Mais ils deviennent contre-productifs lorsqu'ils servent à nier l'importance d'autres leviers. Or, nous avons plus que jamais besoin d'inverser le rapport de forces, de proposer des ruptures immédiates et de briser ce fatalisme qui produit l'abstention et le recul du politique. Ces maux sont précisément les effets recherchés par les pouvoirs économiques, la disparition de la chose publique, la res publica, étant une des meilleures garanties de maintien du système.

 

Dans ce contexte, diaboliser l'État et lui refuser toute légitimité au prétexte de ses erreurs passées, c'est oublier un peu vite qu'il n'existe à l'heure actuelle aucun autre espace où puisse s'exercer la souveraineté populaire. Par quels canaux pourrait bien émerger une démocratie supranationale? Par l'Union européenne, qui s'est organisée pour mener ses politiques libérales à l'abri du regard des peuples ? Par l'Organisation des nations unies, qui permet dès 1997 qu'un marché des droits à polluer soit créé dans le dos des citoyens, sans le moindre débat public? Par l'OMC, cette construction qui vise à soumettre les États aux volontés des grandes puissances financières et qui s'emploie à éliminer toute réglementation environnementale ou sociale qui « entraverait le commerce » ? Non, à l'évidence.

 

En revanche, un peuple souverain est encore en mesure d'élire un gouvernement de gauche radicale qui puisse engager la rupture avec le capitalisme et la logique productiviste. Pour contrer le capitalisme « vert » et ses alliés objectifs, nous devons promouvoir une écologie profondément républicaine, et donc sociale, qui s'appuie sur la souveraineté populaire. Ceci suppose de réhabiliter l'État, non pas comme horizon indépassable, mais comme espace de réappropriation de la démocratie. Il ne s'agit évidemment pas de revenir à un centralisme étatique autoritaire, ni de tout miser uniquement sur lui, mais de remettre la puissance publique au service de l'intérêt général en menant une profonde réforme institutionnelle et en créant les conditions d'une nouvelle implication populaire.

 

Donner à la souveraineté populaire toute sa force, c'est d'abord faire preuve de courage politique en s'attaquant à la racine des problèmes, en osant dire clairement les choses, dans une démarche d'écologie « radicale ». La vérité est qu'on ne sortira pas de l'impasse écologique sans sortir du capitalisme et du productivisme, qui provoquent la hausse des inégalités et l'exploitation sociale, qui pillent les ressources des pays du Sud, qui ne reconnaissent que la loi du profit maximum, qui, en somme, exploitent d'un même mouvement les individus et les écosystèmes dans une version marchande de la double peine. Comment croire que le capitalisme, dont la survie suppose de consommer toujours plus, d'évaluer l'intérêt de chaque activité en termes de profits au mépris des conséquences sociales et environnementales, pourrait soudain changer de nature sous l'effet du dérèglement climatique ? Comment les groupes de production d'énergie ouverts à des actionnaires privés, qui exigent des dividendes toujours plus importants, pourraient-ils inciter leurs clients à la sobriété, c'est à dire à acheter et consommer moins ?

 

Au contraire, l'écologie républicaine et sociale suppose de remettre au premier plan l'intérêt général et la notion de bien commun. Elle nous oblige à réfléchir sur le long terme, ce temps qu'ignorent les intérêts capitalistes. Dès lors, l'échelon de l'État reste indispensable pour planifier la rupture, organiser le débat public, construire un cadre de société émancipateur et garantir l'égalité d'accès aux droits fondamentaux pour tous, sur tout le territoire. Ceci doit s'accompagner d'un vaste mouvement de réappropriation sociale, par l'implication des citoyens et des usagers, comme le proposent les travaux d'Elinor Ostrom sur la gestion des biens publics, récemment couronnés par le Prix Nobel d'économie.

 

Au lieu de puiser ses arguments dans une morale dogmatique, de culpabiliser les citoyens jusqu'à l'insupportable alors que les grandes entreprises sont simplement invitées à s'auto-responsabiliser, l'écologie républicaine doit se fonder également sur le droit. Autant la loi peut-être injuste lorsqu'elle permet l'instauration d'un bouclier fiscal pour préserver les grandes fortunes, autant elle peut être source de liberté et d'émancipation dans le cadre d'une politique véritablement de gauche. Établissons des lois contraignantes pour les grands groupes. Créons un grand pôle public de l'énergie. Développons l'éolien ou le solaire, mais sans les confier à Vivendi, Total ou Areva, qui transforment tout ce qu'ils touchent en dividendes, y compris les technologies « vertes ». Planifions une reconversion ambitieuse de la production, avec un triple objectif : réduire l'empreinte écologique, imposer la démocratie au sein de l'entreprise et permettre le plein emploi afin de renverser le rapport de forces entre capital et travail.

 

Les moyens existent bel et bien. Ainsi, à l'échelle nationale, la commande publique et les aides publiques aux entreprises pèsent 300 milliards d'euros chaque année. Intégrer des critères sociaux et environnementaux drastiques impulserait une transformation profonde des méthodes de production. La mise en place de taxes sur le capital et d'un Revenu maximal autorisé (RMA) contribueraient non seulement à plus de justice sociale, mais pourraient servir à financer la rénovation et l'isolation thermique des bâtiments, la redensification urbaine, la réouverture de commerces de proximité, la relocalisation et les circuits courts, l'accès aux transports collectifs... jusqu'à la réintégration totale dans la sphère publique de la production d'énergie, des services postaux ou des activités ferroviaires.

 

Au niveau international, commençons par faire payer les coûts des externalités aux firmes qui délocalisent, en appliquant des taxes aux frontières basées sur des critères environnementaux et sociaux. Quel meilleur moyen de négociation pouvons-nous imaginer pour tirer vers le haut les normes dans les pays émergents que de réguler et taxer les importations ? Quel meilleur moyen de relocaliser l'économie pour décider collectivement des choix de production et des conditions dans lesquelles elle doit se faire ? Refuser cette possibilité au nom d'un mondialisme romantique nous condamnerait à l'impuissance politique, et, in fine, à accepter la dictature du libre-échange et de son corollaire, le productivisme. Loin de nous isoler, de telles mesures peuvent au contraire être le point de départ d'une autre ère de négociations basées sur des échanges justes, sur la souveraineté alimentaire et industrielle des peuples. Pour y parvenir, elles doivent s'accompagner d'initiatives marquantes en matière de solidarité internationale : l'annulation inconditionnelle de la dette des pays du Sud, le remboursement de la dette écologique sous forme de projets socialement responsables et « propres », l'augmentation de l'aide publique au développement et la création d'un statut de réfugié climatique pour les populations victimes des catastrophes naturelles. Il s'agit bien d'impulser un nouvel internationalisme, fondamentalement républicain, qui ne verse pas dans un mondialisme abstrait mais devienne une véritable alternative au capitalisme néolibéral.

 

Il resterait bien sûr un sérieux problème dans tout ce raisonnement si nous ne posions pas la question des institutions. En effet, nous savons tous qu'aucune de ces initiatives ne franchira paisiblement les fourches caudines de l'Union européenne et de l'Organisation mondiale du commerce. Les marges de manœuvre sont étroites. Pour rompre avec les logiques ultra-libérales de l'OMC, la question du droit de retrait prévu pour les accords internationaux doit être posée. En ce qui concerne l'Union européenne, rappelons que l'unanimité des État membres est nécessaire en matière de fiscalité, et qu'il existera toujours un pays sur les vingt-sept pour s'opposer à une fiscalité écologique ou à des mesures de taxation aux frontières. Souvenons-nous aussi que le Parlement ne dispose d'aucune compétence en matière de commerce international ou d'accords internationaux, et que la Commission conserve l'exclusivité de l'initiative législative. Dans ces conditions, la gauche ne peut faire l'économie d'une véritable réflexion sur la désobéissance européenne. Dans un esprit parfaitement légaliste qui ne remet pas en cause la force contraignante de la loi nationale, il s'agit de construire un droit juste, élaboré dans un cadre démocratique par un peuple souverain, en assumant le fait qu'il puisse s'opposer aux directives, règlements et traités communautaires.

 

Revendiquer l'écologie républicaine, c'est avoir une vision sociale de l'écologie. C'est finalement défendre l'intérêt général, l'égalité, les solidarités, les biens communs... et leur donner un débouché politique concret et immédiat. C'est construire les bases d'un nouveau modèle d'émancipation combinant démocratie, justice sociale et impératif écologique en refusant la culpabilisation et le dogmatisme. Ce n'est rien d'autre que la volonté d'appliquer les valeurs de la Gauche dans le monde d'aujourd'hui, pour redonner l'espoir du changement.


Par Lille à Gauche - Publié dans : Écologie - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 17:31

Tu as été déçu(e) par l'échec du sommet de Copenhague, malgré la mobilisation citoyenne. Tu voudrais affirmer ta sensibilité écologiste lors des régionales, et tu te demandes s'il faut voter pour la liste soutenue par Europe Ecologie (qui avait fait un gros score aux européennes) ou pour une autre liste.

Laisse-moi t'aider...

 

La starification de la vie politique :

Si tu penses que l'écologie est une grande cause, qu'il lui faut un bon avocat, et que Daniel Cohn-Bendit remplit parfaitement ce rôle puisqu'il faisait la couverture de tous les journaux lors du sommet de Copenhague, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu penses que Daniel Cohn-Bendit doit sa médiatisation à sa soumission pendant de longues années aux doctrines libérales, qu'il n'est en fait même pas vraiment représentatif des Verts et d'Europe Ecologie, et que le plus important ce sont les avancées concrètes que tes élus feront passer, la plupart du temps sans réel relai médiatique ou même en opposition avec les médias dominants lorsqu'il s'agira de désobéir à une directive européenne néfaste socialement ou écologiquement, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

L'écologie politique :

Si tu penses que l'écologie politique, ça consiste à présenter des candidats aux élections sous l'étiquette écologiste, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu penses que l'écologie politique c'est une réflexion pour penser les sociétés humaines à l'intérieur de leur milieu naturel et penser en particulier la sortie du capitalisme qui exploite à la fois les êtres humains et les ressources naturelles, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

Le productivisme :

Si pour toi le productivisme c'est les gens qui ne font rien qu'à surconsommer sans penser aux lendemains, et que la taxe carbone est le moyen d'y remédier, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu penses que le productivisme de notre époque est la résultante de la logique d'accumulation du capitalisme, le système économique dominant (au point de façonner en partie nos modes de vie et nos imaginaires), et qu'il faut impulser des logiques qui rompent avec celui-ci, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

Le régionalisme :

Si tu penses que toutes les régions ont leurs spécificités, que la tienne est à tes yeux la meilleure, et que tu veux entendre tes élus le répéter à chaque discours, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu penses qu'il faut fermement s'opposer à la logique des pôles de compétitivité, en particulier parce que la spécialisation géographique de l'économie qu'elle induit est incompatible avec la logique écologiste de relocalisation de l'économie qui nécessite au contraire de refaire vivre un maximum d'activités différentes dans un rayon donné (circuits courts), si tu penses en outre que la meilleure décentralisation est celle qui assure les mêmes droits aux citoyens de toutes les régions, et que celles-ci doivent être solidaires plutôt qu'en compétition entre elles, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

 

Le clivage gauche-droite :

Si tu penses que le clivage gauche-droite est obsolète, que la gauche et la droite ont à peu près le même bilan, et qu'il est rafraîchissant de voir les frères Cohn-Bendit solliciter les ministres de l'actuel gouvernement Jean-Louis Borloo et Martin Hirsch pour rejoindre Europe Ecologie aux régionales (ils ont décliné l'offre), que c'est courageux, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu penses que la gauche d'accompagnement ou gestionnaire n'est pas à la hauteur des enjeux et a un mauvais bilan écologique, mais que la droite a un bilan terrible en termes de casse sociale et de dégradation écologique, et que l'espoir de contre-pouvoirs locaux au pouvoir sarkozyste ne peut venir que de la gauche de transformation, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

Le rassemblement :

Si tu penses qu'un bon rassemblement, c'est faire un bon casting pour prouver qu'on a des personnalités amies partout et qu'un "gouvernement des meilleurs" est la solution, alors tu peux voter pour Europe Ecologie...

 

Mais si tu préfères la démocratie à l'aristocratie ("gouvernement des meilleurs" en grec), et si tu penses qu'un bon rassemblement, c'est celui qui résulte de discussions argumentées entre huit organisations politiques (Parti de Gauche, PCF, Gauche unitaire, Les Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, M'PEP, PCOF, République et socialisme) autour d'un projet partagé de transformation sociale et écologique, alors vote pour les listes "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes" !

 

Laurent Ayrault, militant PG, 18 janvier 2010

 

Exemple d'engagements de la liste "L'humain d'abord" (liste locale de l'accord "Ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes") :

 

• Eau et énergies : pour lutter contre la précarité énergétique, créer un grand pôle public régional pour l’Eau, l’Energie (intégrant les énergies renouvelables), la gestion de déchets ;

• Agriculture : améliorer les outils de maîtrise du foncier et leur intervention ; freiner la disparition des terres agricoles (perte de 3.500 hectares par an dans le Nord - Pas-de-Calais) ; contribuer au développement de l’agriculture paysanne, biologique, vivrière et locale ; promouvoir les A.M.A.P. (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), les productions régionales, animales et maraîchères ;

• Logement : lancer un grand plan d’isolation thermique et de mise aux normes thermiques, coopérer avec les bailleurs sociaux pour la réhabilitation et la rénovation de l’habitat collectif public et privé. Encourager l’utilisation des énergies renouvelables et de matériaux respectueux de l’environnement ;

• Aménagement du territoire : lutter contre l’étalement urbain générateur de transports individuels, en maîtrisant les prix du foncier. Tourner les territoires vers le rail ;

• Santé : hier la silicose, aujourd’hui l’amiante : rendre incontournables la prévention et la promotion de la Santé Environnementale et au Travail par le repérage, la réduction, l’éradication, des expositions aux risques professionnels et environnementaux. Mettre en place une collecte des déchets amiantés pour les particuliers pour éviter les décharges sauvages ;

 

Par Lille à Gauche - Publié dans : Écologie - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /2010 10:47

Le samedi 12 décembre, plus de 100 personnes ont assisté au Forum sur la transition énergétique organisé par le secteur écologie. Paul Aries, directeur du journal Le Sarkophage, Benjamin Dessus, président de Global Chance, Anne Debregeas, syndicaliste SUDénergie à EDF, Florence Leray, journaliste, et Thierry Salomon, président de l’association Négawatt, nous ont apporté leur expérience et approche du sujet, mêlant critique constructive du texte de cadrage préparé en amont, pistes de réflexion à approfondir, témoignages professionnels (et syndical) et ouverture plus large à un autre modèle de société, tant la question énergétique et les questions qu'elle soulève imposent de réfléchir autrement.


Les échanges avec la salle ont confirmé ce mélange d'approches techniques et politiques, voire poétiques (Pablo Neruda et son lecteur nous ont, avec « Ode à l'air », apporté une belle respiration dans cette salle souterraine).


Les interventions ont largement abordé la sobriété, pierre angulaire du scénario "négawatt" que le PG propose de prendre comme base, mais plus largement mot clé pour une autre société.


Quelques idées parmi d'autres : ne pas seulement développer des techniques mais aussi (surtout ?) un aménagement du territoire et des services permettant des économies d'énergie, lancer un grand plan public (à l'image du plan Marshall, mais sans le productivisme) pour la rénovation des logements, (re)mettre largement en avant la question de la gratuité, utiliser des mots « chantiers » (relocalisation, ralentissement, coopération…) pour un changement « qui donne envie » (sobriété gourmande), idée d'une « renaissance » de la société, puisant dans les lumières de son passé tout en construisant dans un nouveau contexte, importance de l'éducation (scolaire et populaire).


Le besoin de service public (de l'énergie, des services, etc.) a aussi été largement mis en avant, ce qui implique une remise en cause de la mainmise du privé et une définition collective de l'intérêt général.


Au final on a pu relever que des angles d'approches différents les uns des autres (technique/sciences humaines, social/écologie…) convergeaient globalement vers un même objectif, le dépassement des logiques de profit, et le même moyen, la planification d'un modèle alternatif cohérent, basé sur des valeurs humanistes.


Les interventions du Forum seront rediffusées sur la Télé de Gauche.


Blaise Clément

Par Lille à Gauche - Publié dans : Écologie - Communauté : Ecologie et Environnement
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 08:03


Malgré l’expansion marquée de la conscience environnementaliste, rien ne semble se pointer à l’horizon pour modifier la trajectoire de notre système de production capitaliste. C’est pourtant lui le véritable moteur du désastre écologique. Ce système reste fondé sur un principe de croissance économique illimitée et, loin de se remettre en question, il maintient son cap insensé chez nous en même temps qu’il fleurit à une allure accélérée en Chine, en Inde ou au Brésil. Même la dernière crise financière, pourtant sévère, ne l’a pas modifié d’un iota.

Il peut sembler injuste de vouloir rendre notre nouvelle ferveur environnementaliste responsable de cette inertie mais c’est pourtant sa part de responsabilité que je voudrais cerner ici. C’est parce qu’elle constitue un rouage essentiel de notre conscience collective et qu’elle pourrait jouer un rôle différent.

Mon constat, c’est que la vague écologiste a étouffé la vague altermondialiste. Elle a déplacé sur un plan strictement matériel une réflexion qui portait au départ sur la société. Nos yeux sont maintenant braqués sur des cirques ternes comme celui de Copenhague pendant que les forums sociaux mondiaux se font de plus en plus timides, égarés et sans conséquences. Ce joli coup de barre a requis la collaboration de tous, aussi bien des grands manitous que des petits militants plus ou moins verts que nous sommes presque tous devenus.

Verts militants et grands récupérateurs

À la base, il y a les citoyens de bonne volonté, qui votent de plus en plus vert. Mais les Partis Verts n’ont qu’un seul et unique programme : c’est la verdure. Comme les questions sociales, économiques et politiques sont trop compliquées, ils évitent de s’en mêler pour ne pas perdre de votes. Le pire, c’est qu’ils ont l’impression d’être bien partis, sous prétexte qu’ils recueillent un pourcentage croissant de votes parmi les mécontents des vieux partis. En fait, ils réussissent surtout à freiner l’essor des véritables partis alternatifs.

L’éveil d’une conscience environnementaliste ne semble susciter que des ajustements mineurs dans le choix des gadgets à consommer. Ceux qui en ont les moyens se pavanent avec des autos hybrides, les autres se contentent des petits gestes du recyclage quotidien. Le problème des petits gestes, ce n’est pas tellement qu’ils risquent de prendre la place des grands, c’est qu’ils peuvent déplacer notre champ de conscience vers la mauvaise cible. La foi a besoin d’être alimentée par des rituels mais les rituels peuvent aussi devenir des soporifiques aussi efficaces que le chapelet ou l’aumône: ils créent de la bonne conscience à peu de frais et confortent le système social dominant sans le contester. Je préfère encore la mauvaise conscience.

Les citoyens de bonne volonté ne sont pas les seuls à vouloir préserver notre culture matérialiste si enivrante. Ils emboîtent le pas aux grands manitous de la nouvelle économie verte, ceux qui font fortune en convainquant les gouverne­ments de subventionner la destruction des vieux chars pour pouvoir en vendre plus vite des nouveaux. Ces écologistes-là sont les chouchous des gouvernements, du moins ceux qui ne vivent pas du sable bitumineux.

La progression des idéaux verts se nourrit de leur récupération comme instruments de marketing. Le vert est rapidement devenu un simple logo facilitant la vente ou le vote, tout comme le  bio ou l’équitable, si bien que le consommateur finit par oublier la différence entre les trois pour ne retenir que le signe « plus » : ce sont de bons produits.

Pendant ce temps, nous laissons les riches dormir en paix. Ils ne sont pas les seuls responsables mais leur position aux commandes des institutions leur confère une plus grande responsabilité. Il reste qu’acheter pour $49 des lecteurs DVD qu’on jettera au bout d’un an est aussi scandaleux qu’empocher des primes faramineuses pour s’acheter des jets privés, et cela en vertu de l’empreinte sociale, pas seulement de l’empreinte écologique. Ce qui importe, c’est de cibler le système même qui est en cause : celui qui définit le bonheur comme un niveau de consommation et l’être humain comme une créature animée de besoins illimités et vouée à l’irresponsabilité puisque tout finit avec sa mort individuelle et matérielle.

Les vrais enjeux

Faut-il sauver la planète ou les humains ? Comme ce sont des humains qui choisissent, la réponse semble évidente. Mais quels humains ? Il peut très bien arriver que le choix soit fait par les riches seulement et vise seulement leur propre préservation, comme d’habitude. Ce qui est nouveau dans l’histoire, c’est que cette option n’est plus envisageable parce qu’on ne peut plus construire des murs ou des frontières pour séparer l’air ou l’eau des pauvres de ceux des riches, même si ces derniers préfèrent l’ignorer. Il faut à tout prix les – c’est-à-dire nous – forcer à regarder cette réalité en face.

Personne ne peut fournir les plans détaillés de la nécessaire révolution. Seuls des grands objectifs peuvent être définis. On peut les ramener à deux cibles essentielles : la transformation des institutions politiques, économiques et sociales, et l’émergence d’une nouvelle culture. C’est précisément ce à quoi s’était attaqué spontanément le mouvement altermondialiste au moment où il a émergé, au tournant du millénaire. On pourrait penser que ce mouvement, après que les médias aient réussi à le rendre synonyme de cagoulards casse-pieds, s’est simplement essoufflé mais en réalité, il a plutôt été dévié. Les idéaux qui l’ont inspiré n’ont pas disparu, ils ont simplement été noyés dans un discours écologiste plus tapageur et plus subventionné.

Au-delà de la boulimie de surconsommation et de la misère imposée à des continents entiers, il y a une culture, il y a une société avec son système économique et ses institutions. Ce sont des constructions humaines et il est donc possible de les changer car rien de tout cela n’est irrémédiablement inscrit dans notre nature humaine. Cette nature a, pendant très longtemps, produit des économies durables et des cultures axées sur l’être humain, où la liberté signifiait l’absence de contraintes plutôt que la multiplicité des choix entre nos 78 modèles de 4X4, où l’on pouvait chercher à être une richesse plutôt qu’à être riche. Puis est arrivé le « développement », qui a fini par inverser les priorités et définir la consommation des biens matériels comme une fin en soi. Nous ne pouvons pas revenir en arrière mais nous pouvons saisir l’occasion que nous donne la conscience écologique pour remettre notre société mondialisée sur une trajectoire historique plus prometteuse.

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Par Denis Blondin - Publié dans : Écologie - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 20:36
http://lepartidegauche.fr/images/stories/misc/nouveau-logo-pg.jpg

Un nouveau logo, non pas par souci d'être à la mode. Vous le savez le PG s'est inscrit dans une démarche d'écologie politique depuis sa naissance.
Mais aujourd'hui, il nous paraît important d'afficher cette ambition écologique parce que sociale et sociale parce qu'écologique.

La République sociale, chère à Jaurès, a toujours été notre crédo. Nous savons aujourd'hui que rien n'est possible si la dimension ecologique n'est pas au coeur de cette démarche.
Par Paul - Publié dans : Écologie - Communauté : Parti de Gauche
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