Les verts de Bagnolet, sur leur blog, ont mis en ligne un article sur un chat auquel a participé José
Bové.
J’ai posté un commentaire sur les interrogations que j’avais à voir José Bové sur la liste Europe Ecologie. Ce commentaire a été publié avec une réponse des
rédacteurs du blog.
Suite à cette réponse, j’ai posté un deuxième commentaire, beaucoup plus critique, qui lui n’a pas été publié. Je vous livre donc ce commentaire qui a du
être oublié, et non délibérément censuré, puisque je doute que nos amis verts aient peur du débat.
L’article avec mon premier
commentaire et la réponse.
Le commentaire
oublié :
Non, l’article est tout
sauf clair.
José Bové n’argumente pas et botte carrément en touche sur certaines questions. Mais je vais d’abord ouvrir
une parenthèse.
La position du PG n’est pas confuse du tout vis-à-vis de l’écologie. La planification écologique est une des
questions essentielles de la réflexion du PG qui se définit comme parti écologiste et antiproductiviste.
La question n’est pas seulement de mettre en place une économie
verte mais que tout le système soit respectueux des règles écologistes. L’écologie n’est pas seulement l’économie, ça c’est un crédo capitaliste qui augure que la prochaine bulle sera
verte.
Le PG est un parti naissant qui pose donc l’écologie comme l’une des pierres angulaires de la construction de sa pensée politique. Pour rappel, Franck
Pupunat et Corinne Morel Darleux, tous deux du mouvement Utopia, font partie du national du PG. Pour rappel également, symboliquement la planification écologique a été le thème du tout premier
forum du PG.
C’est vrai qu’il est insuffisant d’être anticapitaliste mais il est nécessaire de l’être. Sans ça l’écologie n’est qu’un cataplasme sur une jambe de
bois.
Fin de la parenthèse.
Oui, José Bové n’argumente pas. Il est souvent imprécis, ne connaît visiblement pas les solutions prônées par
les composantes du Front de Gauche voire fait des lieux communs.
Déjà il n’y a pas deux mais au moins trois niveaux de crise : la crise est sociale, sociétale et écologique, pas
seulement socio-écologique. Je parle bien de niveaux, comme lui, et non de crises. Il n’y a qu’une seule et même crise avec ses différentes facettes : celle du capitalisme avec toutes les
conséquences qu’on lui connaît.
Non, ce n’est pas une caricature que de dire que le cœur politique de la liste Europe-Écologie est le libéralisme, plutôt de centre-droit d’ailleurs.
José Bové doit être mal à l’aise avec cette question car c’est là qu’il botte en touche et focalise sur José Manuel Barroso pour s’éloigner de ce terrain
glissant.
C’est l’optique politique libérale qui me fait me demander ce que José Bové fait là. Il va servir de caution morale à une liste dont l’autre
« vedette », Daniel Cohn-Bendit est tout sauf celui qui remettra en cause le capitalisme, se contentant de vouloir vaguement le réformer.
C’est là que vous allez objecter que non, que Daniel Cohn-Bendit n’est pas un libéral, la preuve : il
lui arrive même de prononcer le mot décroissance…
N’est-ce pas lui qui écrivait dans "Une Envie de Politique" (La Découverte) « je suis pour le capitalisme et
l’économie de marché » ?
Il est pour que les jeunes soient payés moins que le
SMIC « si
en échange d’un salaire réduit pendant trois ou quatre ans, on leur donne la garantie d’accéder ensuite à un emploi ordinaire. »
Daniel Cohn-Bendit pense également que les services publics doivent être
ouverts à la concurrence. « Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » ; « Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision. »
Il a des idées fascinantes sur le travail. Florilège : « Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. » ;
« J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins. » ; « Les parents ont besoin d’être avec leurs enfants, mais il ne faut pas réduire les besoins des gens
à ceux de la famille traditionnelle, parents avec enfants (…). Bien des jeunes, qui n’ont pas de contraintes ou de besoins familiaux sont prêts à travailler en VSD (vendredi-samedi-dimanche)
comme on dit, pour être libres à un autre moment, voire travailler sept jours d’affilée s’ils ont ensuite une semaine de congés pour aller faire de la marche, de l’escalade ou toute autre chose
dont ils ont envie. »
Pour étayer ma vision de Daniel Cohn-Bendit comme garant de l’ordre mondial libéral, je pourrais aussi citer un passage
du "Petit Dictionnaire de l’euro" (Le Seuil) qu’il a publié avec Olivier Duhamel : « Chacun demeure libre de rêver d’un monde sans
marchés financiers internationaux, sans libéralisation des échanges, sans globalisation de l’économie. Mais que gagnerait l’Europe, et chacun de ses peuples, à s’inscrire dans cette nostalgie ?
»
Je vous renvoie à un article paru dans "La Décroissance" de février pour en avoir encore davantage.
Donc, je me demande vraiment ce que José Bové fait là.
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