Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 13:04

Non, nous n’avons pas « craqué » ni rejoint le camp de l’« écotartufferie ».

Membres d’un parti écologiste et non productiviste, nous avons  choisi de célébrer à notre manière cette semaine du développement durable, d’où le joli bandeau événementiel tout vert de Lille à Gauche.

Célébrer à notre manière cette semaine du développement durable pour dire que nous n’y croyons pas. Pour dire que nous sommes convaincus que c’est une impasse, que ça ne marchera pas. Pas comme ça, pas sans changer en profondeur les mentalités, les habitudes, la société. Pas sans changer de société.

Le développement durable, tel qu’il est envisagé par nos dirigeants, n’est qu’une façade morale, l’alibi de bonne volonté qui doit nous faire avaler la pilule du « capitalisme vert ». Le capitalisme a intérêt à développer sa vision de l’écologie, déjà parce que l’écologie c’est « tendance » mais aussi dans le but d’amasser encore davantage de profits pour un petit nombre et au mépris de tous les autres, parce que polluer moins lui permettra de polluer plus longtemps et de faire de l’écologie un « business » comme les autres.

On nous dira que certains promoteurs du développement durable sont sincères et croient véritablement au besoin de sauver l’environnement. Soit, mais ce n’est pas suffisant. L’environnementalisme  se contente de mesures en faveur de  l’environnement, sans remettre en cause le système, et en oubliant trop souvent la question sociale.

Avec pour objectif la seule protection de l’environnement, surtout sans changer de modèle de société, « capitalisme vert » et environnementalisme promeuvent l’idée que l’écologie serait apolitique et qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, qu’elle pourrait s’affranchir de tout clivage. C’est avec force que nous dénonçons cette manipulation désireuse de sauvegarder le système à tout prix et à faire « du changement dans la continuité ».

Le monde n’a pas besoin de développement durable. Ce dont le monde a besoin, c’est d’une écologie radicale, de gauche, sociale et solidaire. La hauteur de l’enjeu appelle un changement d’approche radical et systémique qui s’inscrit dans le dépassement du capitalisme, un alterdéveloppement qui lui seul sera véritablement durable.

Par Stéphane Dalmasso - Publié dans : Semaine du développement durable 2009 - Communauté : Ecologie et Environnement
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