Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /2009 13:59

Gérard Filoche à Saint Affrique avec Attac le 21/10/2006

http://www.prs12.com/spip.php?article1312
lundi 13 novembre 2006.  

Pour répondre à cette question, Gérard Filoche démontre que les objectifs du Medef et des libéraux de tous partis sont très clairs : faire sauter toutes références aux conventions collectives pour imposer un nouveau Code du Travail (le rapport Chertier) qui interdit une limite de la durée du temps de travail(minimale ou maximale), qui calcule la durée du temps de travail sur la base de la seule présence du travailleur à son poste, qui instaure un contrat de travail dont les règles ne sont liées qu'à l'entreprise, qui installe le droit à licencier sans motif comme règle, qui créé le « compte épargne temps » pour casser la légitimité des congés payés, qui limite le droit de grève à la seule entreprise., bref un « code du travail » qui oublie, fait disparaître toute référence au droit, sciemment, pour se fonder sur une notion commerciale de contrat de travail interne à une entreprise donnée.

La stratégie suivie est claire, elle aussi : propagande et mensonges, torpillage de la représentation démocratique des élus et vote par ordonnance de textes de lois rédigées dans l'ombre (personnages non élus et quelquefois même condamnés ..) et non transmises au « public ». Faites une recherche sur internet en tapant les mots « ordonnance » et « Villepin » et vous aurez de quoi cauchemarder !! C'est la chanson d'Alain Souchon, on nous fait croire que la précarité est un état « naturel », « fatal » donc, et qu'il existe déjà partout et à tous les niveaux (Gérard Filoche rappelle entre autres, que 85% des contrats sont des CDI) ; que les conventions collectives empêchent les créations d'emplois ; créé de nouveaux mots qui cassent toutes notions au collectif du monde du travail. Mais le plus violent, c'est que ce nouveau code déjà écrit, prévoit que les élus ne légifèreront plus en droit du travail !!! et qu'ils seront remplacés par « les partenaires sociaux » , c'est-à dire qu'un Parlement élu démocratiquement sera remplacé par une notion non représentative ni démocratique pour légiférer sur l'organisation sociale de notre société !!! Il s'agit là tout simplement d'un projet de sabrement de notre ordre social.

Bref état des lieux

Gérard Filoche remarque que le droit au travail est le moins enseigné alors comment s'étonner que sous Fillon et De Robien le travail de nuit est maintenant possible pour les jeunes à partir de 15 ans !! Que ces mêmes jeunes dés l'âge de 14 ans peuvent faire des stages en entreprise en « alternance ...

L'Inspection du travail est née en 1892 et le Ministère du Travail en 1906. En 1910 il y avait 110 inspecteurs pour 3 millions de travailleurs et 3 grandes lois. Depuis le Code du Travail n'a pas fait que s'étoffer avec 8000 lois sans parler des décrets.

En 2006, le Medef et libéraux de tous poils s'attaquent au Code du Travail arguant que ce texte est « vieux », « obsolète », « inopérant » alors qu'il ne cesse d'être modifié depuis la fin du 19è siècle ! Que ce texte est trop compliqué, que dire alors du projet de Traité Constitutionnel Européen que les mêmes défendaient ! Que ce texte est trop peu connu alors que les mêmes font en sorte qu'ils soient peu enseigné ! Il se demande pourquoi on le voit pas mis en scène dans un feuilleton télévisé, les figures du curé de l'instit, du curé, de la proviseure, de l'infirmière, de la bonne soeur, du flic, existent bien, non ? alors pourquoi pas un inspecteur du travail ?

POSITION DU MEDEF et autres LIBERAUX

Parisot :

« La liberté s'arrête là où commence le Code du Travail »

« Les députés n'y connaissent rien à l'entreprise » (comprendre surtout pas de loi dans l'entreprise et position antidémocratique sur le représentativité des élus)

« La vie, l'amour sont précaires alors pourquoi pas le travail ? »

Ségolène Royal :

« Le contrat se substituera à la loi »

Gérard Filoche en conclut que les libéraux font en quelque sorte l'apologie de la barbarie, les hommes ne luttent-ils pas depuis la nuit des temps contre la précarité ?? Ce que le Medef et consorts libéraux veulent imposer c'est croire que TOUT EST PRECAIRE, notion malheureusement bien transmise dans les médias.

Il insiste sur le fait que le Medef a toujours lutté et lutte contre les conventions collectives pour appliquer à leur place des « contrats commerciaux » qui se négocient dans l'entreprise sans référence à un cadre collectif. Et que dans cette lutte, un des objectifs est de faire sauter les CDI en créant des nouveaux mots qui expriment le travail comme « séparabilité/employabilité/charges sociales », tout pour faire oublier LE DROIT.

Et bien comprendre que depuis les 35 heures, le Medef est entré dans une véritable guerre, l'ex CNPF n'avait-il pas déclaré en se convertissant en Medef, que « les tueurs étaient lâchés » ?

Tout est fait donc pour

REMETTRE EN CAUSE L'ORDRE PUBLIC SOCIAL, LE FAIRE ECLATER

Il rappelle que le Medef impose sans cesse des négociations au plus bas et met tout en oeuvre pour désorganiser l'ordre public social. Et que leur position est transparente comme les montrent les différentes déclarations de Mme Parisot :

« contre toute durée légale du travail »

« contre une retraite à répartition »

« contre le Smic »

LE TRAVAIL N'EST PAS PRECAIRE en FRANCE ET LE SALARIE EST FORT

Gérard Filoche insiste sur la propagande faite autour de la précarité et démontre par quelques chiffres que si la précarité avance, elle est très loin d'être une situation générale comme les libéraux et le Medef voudraient qu'on le croie.

Quelques chiffres qu'on nous cache :

- En 1945, 1 actif sur deux était salariés, en 2006 c'est 9 actifs sur 10

- 16 millions de salariés

- Compression des salaires entre cadres et ouvriers

- 85% de contrats en CDI en 2006 contre 95% en 1990 (on note donc une attaque mais le pourcentage reste très élevé)

- la durée moyenne des CDI étaient de 9 ans 7 mois en 1982 et en 2006 de 11 ans !

IL N'Y A PAS DE FATALITE ECONOMIQUE MAIS DES DECISIONS POLITIQUES

La situation du marché de l'emploi n'est pas le fruit de la fatalité mais bien le résultat de décisions politiques qui servent entre autres les objectifs du futur nouveau code du travail (rapport Chertier) en s'attaquant au droit.

Objectif 1 : Construire la précarité

- les précaires sont les jeunes, les femmes et les immigrés. A titre d'exemple : « le taux de chômage des jeunes frôlait les 23 % et qu'il reste l'un des plus élevés en Europe, que les jeunes sont confrontés à une succession de CDD de moins d'un mois, de contrats d'intérim de 15 jours ou d'une semaine et de périodes d'inactivité ou de chômage, mais aussi à des problèmes d'accès au logement en particulier dans les grandes villes, à des problèmes d'accès au crédit, et enfin à une protection sociale contre le chômage moins favorable que pour les autres salariés ». Au « total, les jeunes n'ont souvent de situation stable qu'à partir de 30 ans ».

- 17% temps partiel dont 85% de femmes et autant de d'exonérations de cotisations sociales (notons qu'en 1960 les femmes travaillaient à temps plein)

Objectif 2 : L'attaque aux règles du droit encadrant le licenciement c'est l'attaque à tout le droit du travail

Règles du droit encadrant le licenciement

Le CNE est l'attaque la plus violente puisqu'il n'y a plus de motifs à justifier pour licencier ! Or toute l'histoire du code du travail, les déclarations des droits de l'homme, l'OIT et son décret 158 construisent des règles du droit encadrant le licenciement. Et dans tous ces textes, il y a l'obligation d'un motif et la période d'essai est plutôt de 6 mois mais jamais de deux ans !! Si l'obligation à un motif au licenciement disparaît, les conséquences sont graves :

Comment défendre ses droits si on peut être viré sans motif ?

- c'est la porte ouverte pour le patronat à l'imposition d'heures supplémentaires

- c'est la porte ouverte à l'absence de représentation syndicale

- c'est la porte ouverte à toutes sortes de pressions et voire de harcèlement

Villepin ne parle t-il pas de « droit de travail ordinaire », de sécurité sociale professionnelle ?

Sarkozy lui invente la notion de « flex sécurité » ; dans le sens où nous devons être tous convaincus de la « naturalité » de la précarité, que nous serons toujours un jour l'autre reclassés et surtout qu'il ne sert à rien de se battre pour son emploi.

Objectif 3 : La flexibilité c'est faire travailler une personne le double en la rémunérant moins

Gérard Filoche rappelle qu'un des « énervements » les plus forts du Medef et des libéraux ce sont « les 35 heures » et la référence à toute idée de limite du temps de travail. « Chirac et Villepin ont tellement allongé la durée de travail réelle sur la semaine, le mois et l'année que la durée légale des 35 h est battue en brêche : diminution des taux de majoration des heures supplémentaires, contingent annuel d'heures supp' autorisé porté à 220 h, comptes épargne-temps « rachetables » (congés payés supprimés et revendus à taux zéro), etc... Si bien que des millions de salariés travaillent davantage en gagnant moins, à la place de chômeurs qui n'ont donc pas de poste. Faites de vraies 35 h, baissez la durée maxima du travail de 48 à 44 h, rendez les heures supplémentaires plus coûteuses que l'embauche et limitez leur nombre autorisé, re imposez deux jours de repos consécutifs hebdomadaires, et vous créerez de vrais emplois pour tous. »

Durée du travail

Analysons le slogan de Sarko « la liberté de travailler plus pour gagner plus »

Gérard Filoche s'interroge, depuis quand un salarié peut-il décider de faire des heures supplémentaires ou tout simplement décider de son temps de travail ? Tous les contrats de travail comportent une durée fixe imposée au travailleur par le patron. Il n'y a pas de démocratie dans une entreprise puisque le salarié est subordonné à cette limite horaire dans son contrat : un travailleur ne peut donc pas choisir sa durée de temps de travail !! Faire sauter la subordination du contrat rend ainsi « responsable » le travailleur et enlève au patron toute obligation de devoir sur le sécurité, les conditions de travail ...

Durée maximale du temps de travail et heures supplémentaires

La durée maxi est de 48 heures, il existe donc la possibilité de faire 13 heures supplémentaires Fillon a fait passer le contingent d'heures supplémentaires de 120 heures à 230 heures ce qui revient pour le salarié à travailler plus mais à gagner moins et en plus on creuse le trou de la sécurité sociale.

Calcul de la durée du temps de travail

Gérard Filoche rappelle qu'au temps de Philippe Le bel, celui-ci avait instauré un temps du travail du lever du soleil au coucher du soleil. Au XXIè siècle, le ministre Fillon fait mieux et de nous raconter l'histoire du cadre itinérant lamda. Celui- se lève vers 4h30/5h00 du matin pour attraper un Eurostar à La gare du Nord vers 6h00. Puis il passe « 3 heures de congé »dans le train (slogan SNCF) et arrive à Londres à 9h00 pour commencer son travail « effectif » vers 9h30. Notre cadre repart vers 18h, passe « 3 heures de congé » dans le train, arrive à Paris 21h00. Il ne reste qu'à rajouter 1h/1h30 de transport jusqu'à chez lui où il arrive donc vers 22h/22h30.

Résultats des courses, notre cadre a bien travaillé plus mais gagné beaucoup moins !! Voilà donc le tour de force de Fillon ; étendre le forfait jour (rémunération forfaitaire) des cadres autonomes aux cadres itinérants puis maintenant aux cadres salariés.

Et Borloo, le ministre de « la cohésion sociale », de l'intégrer et de déclarer que le temps des déplacements, comme notre cadre à Londres, ou le temps d'habillement comme pour des métiers recquiérant des vêtements spéciaux, ne sont pas du temps de travail !!

Objectif 4 : casser les congés payés

Compte Epargne Temps (CET)

Toujours dans le mensonge sarkozien de travailler plus, gagner plus, on vous dit que vous avez le droit de prendre vos congés payés quand vous voulez et de les « capitaliser dans un Compte Epargne Temps » sauf que votre contrat subordonne votre temps de travail et que vous ne pouvez donc pas faire ce choix et qu'en plus vous devez obligatoirement prendre 12 jours de congés payés (Fillon). Ce CET peut paraître bien séduisant mais il va de pair avec l'annualisation et la flexibilité. En effet, le danger existe de refuser aux agents les jours de congés auxquels ils ont droit sous prétexte que le CET existe. Et le fait d'avoir passé la durée du CET de dix ans au lieu des cinq initialement prévus est loin d'être innocent. Résultat, le travailleur travaille plus et ouvre un compte rémunéré à taux zéro !!

Objectif 5 : casser le droit à l'expression politique

Le droit de grève

Sarko voudrait que le droit de grève soit limité dans le cadre d'une entreprise, pour des motifs liés uniquement à l'entreprise et cerise sur le gâteau que la grève soit voté avant à bulletins secrets...

La représentativité des syndicats

Sarko, toujours les mêmes, aimerait bien aussi que les délégués syndicaux ne soient plus désignés mais élus et que chaque syndicat obtienne une majorité dans l'entreprise pour y siéger. Cela équivaut donc à être élu avant même d'être nés ...

LE RAPPORT CHERTIER OU LA REECRITURE D'UN NOUVEAU CODE DU TRAVAIL où « LE CONTRAT L'EMPORTE SUR LE LOI »

Et oui ! Depuis 2005 Villepin, Chirac et les autres font réécrire le code du travail, le cachotier ... Pour cela, Villepin avait obtenu des parlementaires l'habilitation de vote par ordonnance !!. Et ce nouveau texte devait être voté dans la fournée CNE/CPE en mai 2006, par ordonnance. Mais au vue des évènements, Villepin et les autres n'ont pas présenté ce texte. Mais, mais, mais l'habilitation parlementaire se finissant, Villepin l'a donc réintroduite dans la loi sur l'intéressement et la participation à travers l'article 35 qui reconduit pour 9 mois (donc après les élections présidentielles et législatives, ...) cette habilitation de vote par ordonnance, ... L'histoire est donc loin d'être finie. Voilà le gros du gâteau, car « pour faire triompher le contrat contre la loi ». le Medef, lui, veut rendre la négociation sociale "obligatoire". C'est pourquoi Mme Parisot veut aller jusqu'à faire modifier l'article 34 de la Constitution :

« LE PARLEMENT LEGIFERE EN MATIERE DE DROIT DU TRAVAIL, DE DROIT SOCIAL ET DE PROTECTION SOCIALE »

deviendra

« LES PARTENAIRES SOCIAUX » LEGIFERENT » ;

et où il est indiqué que

« LE CONTRAT L'EMPORTE SUR LA LOI »

« Dans la nouvelle vision du Medef, la consultation obligatoire entre partenaires sociaux doit précéder automatiquement tout vote au Parlement. Pire, l'instance souveraine élue au suffrage universel devrait se voir privée de sa souveraineté sur les sujets concernant l'entreprise et ne pourrait plus qu'avaliser ce qui est sort des accords patronat-syndicats. Avaliser ou rien. C'est-à-dire que le Parlement perdrait son droit de légiférer en ce domaine, sauf pour entériner un accord que le patronat aurait accepté avec les syndicats. Le Parlement n'est donc plus souverain et nous entrons dans une République corporatiste.

Le corporatisme est, par excellence, un système antirépublicain où la force de groupes de pression sociaux l'emporte sur les droits universels, où, la toute-puissance d'un patronat appuyé sur des syndicats officiels et consentants prévaut sur celle de l'ensemble des citoyens. ». Chirac voudrait légiférer avant les élections et supprimer tout simplement le droit du travail et instaurer un autre ordre social.

Rappelons ce qu'est le système du « paritarisme ». Après 1945, les patrons avaient 11%, en 1966/1967 on arrive à 50% pour le patronat et 50% pour les travailleurs !! avec un million de patrons et 11 millions de salariés !! De quel « paritarisme » parle t-on ? Notons que la CFDT est d'accord sur le principe et nuance en ajoutant un délai de 3 mois de discussion pour que les partenaires s'entendent puis passage au Parlement !! Imaginons maintenant que le rapport Chertier est passé, et que les syndicats « partenaires sociaux » soient quelque peu « pressés » par le Medef, ..... quelle direction prendra la législation du travail ?

Voilà, Gérard Filoche conclut en insistant sur la lutte contre cette propagande de la « fatalité », de « la non politisation », des « échecs permanents de lutte » de la « gauche », de la « non représentativité des syndicats .... et rappelle quelques données :

85% de CDI (durée moyenne de 11 ans)

des syndicats forts (en 2003, on avait 6 fois plus de jours de grève qu'en 1995 par exemple)

les grèves CNE/CPE montrent une très forte mobilisation et politisation

en 2004 : 7% de vote en plus ; 20 régions sur 22 à la gauche

en 2005 le non au TPE à 55% 2006 le CPE

en 2006 les révoltes des banlieues ...

Le dernier livre de Gérard Filoche « La vie, la santé, l'amour, sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? Jean-Claude Gawsevitch éditeur, 2006

Pour plus d'informations :

http://www.france.attac.org/a6015 CPE : Dix arguments de M. de Villepin et dix réponses, par Gérard Filoche. article publié le 23/03/2006 auteur-e(s) : Filoche Gérard

http://www.sud-industrie35.org/arti... Gérard Filoche - inspecteur du travail - démolit le CPE, un régal ! La Vidéo en streaming dimanche 9 avril 2006 par admin | Sur le Web : Communiqué anti-CPE no 13

http://www.legrandsoir.info/article... Le contrat doit il se substituer à la loi ? par Gérard Filoche. Imprimer cet article 20 octobre 2006

http://lesrapports.ladocumentationf... Pour une modernisation du dialogue social Rapport au Premier Ministre (108 pages ...) Dominique Jean Chertier 31/03/006

 

Par Paul - Publié dans : Arguments - Communauté : VUES DE GAUCHE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 06:13
www.marianne2.fr/Un-chomeur-europeen-sur-deux-doit-remercier-le-libre-echange_a181379.html?com

Jacques Sapir - économiste | Lundi 29 Juin 2009

C'est l'estimation de Jacques Sapir. Selon l'économiste, l'impact sur l'emploi du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Sans compter les 2 millions de nouveaux chômeurs constatés depuis le début de l'année, victimes directes d'une crise du libre-échangisme.



Taux de chômage en europe en janvier 2009 
Taux de chômage en europe en janvier 2009 L'impact de la crise actuelle vient s'ajouter à la pression des délocalisations qui pèse sur l'industrie française depuis maintenant à peu près une dizaine d'années. L'évaluation précise du coût en emploi de cette pression, issue du libre-échange dans les conditions présentes, soulève plusieurs difficultés.
En effet, tout d'abord il faut savoir qu'un emploi dans l'industrie a un impact direct sur des emplois dans les services, ce qui est toujours vérifié lors de plans sociaux industriels importants. Mesurer l'impact des délocalisations uniquement sur les emplois industriels sous estime considérablement l'impact total sur l'emploi. 

Ensuite, il faut prendre en compte le fait que dans le processus de délocalisation on doit compter trois effets distincts mais qui viennent se cumuler.
1) Les délocalisations directes

Il s'agit ici d'emplois déjà existants dans un pays et transférés dans un autre pays (en général par fermeture de l'usine dans le pays d'origine). On considère de manière générale que ces délocalisations ont affecté  environ1,5% des emplois industriels en France soit à peu près 0,5% de la population active. 

2) Les délocalisations indirectes

Il s'agit ici de la création délibérée d'emplois à l'étranger pour servir non pas le marché local mais pour la réexportation vers le pays d'origine. On est en présence de ce phénomène quand une grande entreprise conçoit un nouveau produit et en réalise l'industrialisation d'emblée dans un pays à faibles coûts salariaux et ce à but de ré-export. Cette pratique est devenue systématique dans l'industrie automobile depuis une dizaine d'année.
Il y a là un « manque à employer » plus qu'une destruction directe d'emploi, et on peut le chiffrer dans le cas de la France entre 250 000 et 400 000 emplois, suivant les hypothèses de productivité, soit entre 1% et 1,6% de la population active.

3) L'effet dépressif sur le marché intérieur

La menace des délocalisations et le chantage auquel se livrent les entreprises ont conduit à maintenir les salaires dans l'industrie à un niveau très faible et à exercer une pression croissante sur les salariés. La faiblesse des revenus tend à déprimer la consommation et donc la demande intérieure.


La pression sur les salariés, pour que les gains de productivité compensent les gains possibles en bas salaires, est une des causes principales du stress au travail et des maladies qui en sont induites. Faute d'une enquête épidémiologique systématique en France, le coût de ces maladies n'a pas été globalement estimé. Pour des pays comme la Suisse ou la Suède, où des enquêtes systématiques ont été réalisées, on arrive à 3% du PIB. En France, ceci signifierait près de 60 milliards d'Euros, qu'il faut comparer aux 15 milliards du déficit de la sécurité Sociale. Il est clair que si les gains salariaux avaient pu suivre ceux de la productivité, et si l'on avait pu économiser ne serait-ce que 1% du PIB en cotisations tant salariées que patronales, on aurait eu un impact très fort de ce surcroît de pouvoir d'achat sur la croissance. On peut alors estimer à 1% de la population active au minimum le gain en emploi (ou la réduction du chômage) que l'on aurait pu obtenir. Cependant, ce gain est global et ne concerne pas uniquement l'emploi industriel. 

La combinaison des effets indique que la pression du libre-échange coûte environ 2% de la population active en emplois industriels perdus ou non créés. Ceci correspond probablement à une perte globale (avec l'effet multiplicateur habituel de l'emploi industriel sur l'emploi global) de 3% à 3,5% de la population active. À cela, il faut donc ajouter un minimum de 1% de la population active, perdu en raison de l'effet dépressif direct et indirect.

Alors qu'avant la crise le taux de chômage en France était de 8,3%, l'effet net du libre-échange représenterait ainsi au moins la moitié de ce taux (4% à 4,5% de la population active). Le libre-échange et l'impact des politiques prédatrices hors et dans l'UE n'est pas le seul facteur. La hausse de l'Euro est aussi un élément qui induit une perte d'emplois non négligeable.

Il faut de plus souligner l'aspect dynamique du chômage ou du retour à l'emploi

Un taux de chômage qui aurait été ramené à 4,3% signifie immédiatement un équilibre des comptes sociaux (voir un excédent pour certains d'entre eux). Non seulement le budget de l'État n'a plus à contribuer au financement des caisses mais les cotisations peuvent être réduites ou les prestations améliorées. Ceci signifie une injection supplémentaire de pouvoir d'achat (salaires et profits) se traduisant par une consommation et un investissement plus élevés, et donc un niveau d'activité nettement supérieur, qui tend aussi à faire reculer le chômage.

Compte tenu de l'effet dynamique d'une réduction du chômage par élimination des effets du libre-échange, un taux de chômage de 3% à 3,5% apparaît comme plausible, soit, par rapport à 2007 un gain de 4,8% à 5,3% de la population active. Le chômage aurait été entre 36% et 42% de ce qu'il a été. Inversement on peut donc affirmer que le coût total du libre-échange, en incluant les effets induits et dynamiques, a été d'accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d'effet multiplicateur.

On doit ajouter que cette évaluation est sans doute un peu excessive car elle suppose implicitement que les emplois créés eussent pu être occupés aux niveaux de qualification nécessaires sans engendrer de poussée inflationniste. Une telle hypothèse suppose en réalité une politique de formation très agressive et très efficace, comme on a pu en voir dans des pays d'Europe du Nord mais pas en France. L'existence d'un probable biais inflationniste réduirait alors l'impact positif de l'effet dynamique de la réduction du chômage. Hors effet du libre-échange, le taux de chômage se serait sans doute stabilisé vers 4% - 4,5%, ce qui n'en aurait pas moins été un résultat bien meilleur à celui de l'évolution réelle.

Un autre élément dont on doit tenir compte, mais qu'il est difficile de simuler sauf à se livrer à un exercice très détaillé, est l'impact de ces créations d'emplois sur des bassins industriels régionaux. L'existence d'un impact régional dans les bassins traditionnels des industries ayant subies des effets de délocalisation est indiscutable, mais ne peut être discuté avec précision au niveau de généralité de la présente présentation.

Par Paul - Publié dans : Capitalisme - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 10:08

http://lille.pcf.fr/Pour-un-service-public-de-l.html

Bien que le groupe communiste se réjouisse de l'utilisation et du développement d'énergies renouvelables à Lille, il regrette que ceci ne se fasse pas dans le cadre d'un service public de l'énergie et dénonce l'attitude de la direction d'EDF.

Intervention de Hugo Vandamme lors du conseil municipal du 18 mai 2009 en rapport à la délibération 09/428

Madame le Maire, Chers collègues, Mesdames, Messieurs,

Avec le groupe communiste nous ne pouvions rester sans réaction face à cette délibération qui a pour objet le financement d'une "Etude de faisabilité d'une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) de production d'électricité solaire et de services ( Avenant n° 1 au marché initial)".

Je me suis déjà personnellement manifesté lors de la commission économique, afin de rappeler qu'à mon sens l'ensemble des questions énergétiques, qu'il s'agisse de la production comme de la distribution, devait se faire dans le cadre d'un service public de l'énergie. Tout d'abord, nous sommes tout à fait favorables au développement de productions électriques par le photovoltaïque. Deuxièmement, nous sommes toujours autant favorables au développement de structures d'économie sociale et solidaire et de SCIC en particulier.

Cependant, nous sommes à 100% favorables au service public et ici à la construction d'un vrai grand service public de l'énergie. Alors qu'"Au 31 décembre 2008, l'état détenait 84,66 % du capital d'EDF" (EDF DOCUMENT DE RÉFÉRENCE 2008, P.33), il nous semble encore aujourd'hui pertinent d'envisager un partenariat avec cet entreprise et pas uniquement en qualité de distributeur, mais également en ce qui concerne la production.

Aussi, nous dénonçons la politique de la direction d'EDF qui n'assure aucun dialogue avec ses agents, que ce soit par rapport aux conditions de travail, aux choix stratégiques ou par rapport aux services rendus au public.

Nous rappelons encore ici notre solidarité aux agents électriciens et gaziers qui sortent de 7 semaines de luttes. Nous dénonçons encore la direction d'EDF pour sa très grande frilosité en ce qui concerne le développement de production d'énergies alternatives au nucléaire.

Avec tout cela, nous rappelons également que nous regrettons de pouvoir débattre de telles délibérations parce qu'en février 2000 a été adopté à l'Assemblée une loi de transposition européenne sur le marché intérieur de l'électricité, qui a rendu possible le fait qu'en 2004, EDF perde son monopole en terme de production électrique. Nous devons ici faire un choix en conséquence de ce que nous avons combattu depuis des années. Oui, un SCIC est beaucoup mieux qu'AREVA, POWEO et pas mal d'autres. Ne pouvant, dans ce contexte, rejeter cette délibération, ni ne l'approuver par principe, nous nous abstenons sur ce vote.

Par Paul - Publié dans : Écologie - Communauté : Ecologie et Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 00:15

Changements  climatiques,  raréfaction  des ressources, crise pétrolière, libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz, la question des services énergétiques est au coeur de nos sociétés. Elle constitue également un des enjeux majeurs du 21ème siècle. Et si le sujet est aujourd’hui au coeur de l’actualité et de l’agenda politique, il reste certains tabous qui échappent au débat public et démocratique. C’est notamment le cas du nucléaire et plus particulièrement du programme EPR, que le gouvernement est en train d’avaliser en présentant au Parlement la programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Prise en dépit du bon sens et au mépris de la démocratie, cette programmation n’est pas la réponse aux enjeux graves auxquels nous devons faire face.

L’annonce de la construction d’un 2ème EPR à Penly, faite par Nicolas Sarkozy le 30 janvier dernier, est un véritable déni de démocratie. Aucun débat public, pas de consultation, censure dans le cadre du grenelle de l’environnement, le parlement et le ministre de l’Energie court-circuités. Le président de la République persiste à décider seul, alors que l’énergie doit être une affaire de citoyens.

L’EPR ne répond pas aux besoins énergétiques de la France. Notre pays est déjà en surproduction électrique et n’a pas besoin de nouvelles centrales. Les nouveaux réacteurs EPR vont en fait augmenter les exportations d’électricité, déjà très importantes. Le risque et les déchets resteront quant à eux en France. En outre, l’EPR n’est qu’une vitrine commerciale pour vendre des réacteurs à l’étranger.

Faire le choix d’un programme EPR, c’est tourner le dos aux exigences actuelles de sobriété et d’efficacité énergétique et se mettre en totale contradiction avec les engagements, pourtant bien insuffisants, du Grenelle de l’environnement. Celui-ci prévoyait une baisse des consommations énergétiques et le développement des énergies renouvelables, tout en laissant de côté la question épineuse du nucléaire. On voit aujourd’hui quelle voie le gouvernement a choisi... Augmenter la production d’électricité nous enferme dans la logique qui a prévalu jusqu’à présent : pas de maîtrise de l’énergie, les renouvelables reléguées au second plan.

L’EPR n’est pas une solution pour lutter contre les changements climatiques. Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 2 à 3% de la consommation finale d’énergie. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), même en triplant le nombre de réacteurs d’ici 2050, c’est-à-dire en construisant 30 réacteurs par an, on ne réduirait que de 6% les émissions de gaz à effet de serre.

L’EPR ne répond pas à la crise économique. Il s’agit d’un projet coûteux (4 à 5 milliards d’euros) qui dépasse largement les prévisions initiales et qui ne tient pas compte du coût de la gestion des déchets et du démantèlement. Les énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie sont bien plus créatrices d’emplois et porteuses d’avenir. Des études confiées à des cabinets indépendants ont montré qu’à investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d’électricité et créerait près de 5 fois plus d’emplois stables.

Enfin, l’EPR ne répond pas aux problèmes du nucléaire : risque, déchets, prolifération. Pire, il les aggrave ! En effet, les déchets qui seront produits par l’EPR seront beaucoup plus dangereux que ceux produits actuellement. Pour toutes ces raisons, nous, associations, partis politiques et syndicats nous prononçons, collectivement, contre le programme EPR et demandons son arrêt immédiat, ainsi que l’organisation d’un réel débat démocratique sur l’avenir de la filière nucléaire française.

Paris, le 12 juin 2009

Signataires : Agir pour l’environnement, ATTAC, CAP 21, Greenpeace, Les Alternatifs, Les Amis de la Terre, Les Verts, NPA, Parti de Gauche, Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires.

Par Lille à Gauche - Publié dans : Écologie - Communauté : Ecologie et Environnement
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 00:30

Et  si  le  Front de Gauche avait réunit l’ensemble de l’autre gauche jusqu’au NPA ? Les scores, le nombre de sièges pour l’autre gauche et aussi le rapport de forces au sein de la gauche auraient été non seulement renforcés, mais nous serions parvenus à changer le paysage politique.

Dans chacune des circonscriptions si nous avions fait liste commune, nous pouvons estimer que nous serions parvenus :


Nord : 2 élus au lieu de 1
Est : 1 élu au lieu de 0 mais surtout nous aurions privé le FN de leur siège
Ouest : 1 élu au lieu de 0 ce qui aurait privé l’UMP d’un siège
Ile de France : 2 élus au lieu de 1 là encore au détriment de l’UMP
Sud Ouest : 2 élus au lieu de 1 et dans cette circonscription nous aurions pu représenter la 3e force politique…
Sud Est : 2 élus au lieu d’1 et surtout nous aurions privé Le Pen de sa réélection
Centre : 1 élu au lieu de 0 en prenant le 3e siège de l’UMP qui est revenu à Hortefeux… Symboliquement cela n’aurait pas été inutile.
Dom Tom : pas de changement 1 élu


Ensemble nous aurions pu avoir 12 élus au lieu des 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA, être en position d’offrir une réelle alternative à la gauche qui pantoufle… Bien sûr toute extrapolation est toujours difficile à faire mais tout de même cela doit nous inciter à poursuivre la politique de la main tendue vis à vis du NPA. Pour reconstruire la gauche en France il faut l’union de l’autre gauche.  Mesurons également que ce rassemblement aurait permis de laminer le FN. D'ailleurs, en Europe, si nous assistons à la montée de l’extrême droite dans un certain nombre de pays, c’est toujours là où il n’existe pas d’alternative crédible de l’autre gauche.

Pascale Le Néouannic

Par Lille à Gauche - Publié dans : Front de Gauche - Communauté : les anti-capitalistes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    

 

 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés