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http://www.nordeclair.fr/Actualite/2009/04/29/a-un-mois-et-demi-du-scrutin-le-front-de.shtml
Les représentants lillois de la liste du
Front de Gauche aux Européennes emmenée par le communiste Jacky Hénin dans la circonscription nord-ouest ont présenté mercredi soir leur projet et leurs ambitions pour le scrutin du
7 juin.
Comment exister entre un Besancenot qui truste la case « gauche de la gauche » de l'échiquier
politique et des partis traditionnels visiblement peu empressés de faire campagne sur les enjeux européens ? C'est en somme l'équation que doit résoudre le Front de Gauche (PCF, Parti de Gauche
et quelques ex-LCR) un peu plus d'un mois et demi avant les élections. Pourtant, « le contexte de crise et de régression sociale », constaté par Michelle Demessine, sénatrice PCF du
Nord qui figure en dernière position sur la liste emmenée par l'ex-maire de Calais, Jacky Hénin, rend pour celle-ci le projet du Front de Gauche encore plus pertinent. « La vague libérale
est sans précédent, estime l'élue lilloise. Elle se poursuit à marche forcée, entre casse du service public et des libertés sans cesse attaquées. C'est un peu "souffre et tais-toi" ».
Sur une telle toile de fond, le Front de Gauche estime avoir une carte électorale à jouer, pour tenter de donner un vrai coup de barre à gauche dans un Parlement européen actuellement dominé par
la droite, et « pour que soient prises en compte les aspirations du mouvement social et du monde du travail ».
Porte ouverte au NPA
Mais les candidats de la métropole l'admettent volontiers, le fait que le NPA se soit lancé dans un cavalier seul ne fait pas forcément leurs affaires. « Il y a les solitaires et les
unitaires. On leur a longtemps tendu la main. Il y a eu des négociations avancées. Bien sûr que ça nous ennuie que le NPA ne soit pas avec nous.... » Question de lisibilité, mais aussi de
division politique affaiblissante dans un mode de scrutin proportionnel. « La porte reste ouverte jusqu'au dépôt des listes », lâche le Lillois du Parti de Gauche, Laurent Matejko, sans
trop y croire. En outre, pour les candidats locaux, le plus important est ailleurs, loin des bisbilles d'états-majors. Dans le combat contre l'absentéisme d'abord et dans le projet alternatif que
cette alliance nouvelle entend incarner.
SÉBASTIEN LEROY
Photo : Laurent Matejko (deuxième à gauche) et Michelle Demessine au centre) sont les candidats de la métropole pour le Front de
Gauche.
Après une trentaine
d'années d'hégémonie, le néolibéralisme est en train de se fracasser contre le mur de ses propres aberrations. L'occasion serait idéale pour lui opposer des alternatives
cohérentes, aussi bien au niveau national qu'européen et international, et pour donner ainsi des perspectives politiques aux luttes sociales qui font tache d'huile dans de nombreux
pays du Nord comme du Sud.
Malheureusement, de ce point de vue, le paysage offert par les forces progressistes est désolant. Contrairement aux gouvernements - y compris bien entendu ceux se réclamant verbalement de la social-démocratie - qui brisent sans états d'âme tous les tabous de l'orthodoxie afin de mieux garantir la pérennité du système, ces forces restent frileuses et timorées. Elles répugnent le plus souvent à avancer des propositions de rupture radicale, à la mesure du séisme qui se propage sous nos yeux. Elles sont à cet égard très en retrait par rapport au sentiment de révolte qui anime chaque jour davantage un nombre croissant de citoyens. Surtout, elles continuent de raisonner en termes de boutique, sans prendre en compte l'aspiration populaire à l'unité contre les forteresses du capital et leurs porte-étendards politiques et médiatiques.
Ceci se vérifie au niveau de la France, mais aussi d'une Europe que les traités successifs (dont celui de Lisbonne) et la collusion entre les partis de gouvernement, ceux de droite comme ceux "de gauche", ont transformée en bouclier du libéralisme. On doit, à cette occasion, déplorer que certains dirigeants qui affirmaient partager cette analyse aient succombé à la tentation électoraliste et renié leur vote "non" au traité constitutionnel européen en faisant liste commune avec les partisans du "oui".
Il est maintenant grand temps de jeter des passerelles entre toutes les forces antilibérales, qu'il s'agisse de partis politiques, de syndicats, d'associations, voire de gouvernements, afin de constituer un vaste front populaire se déclinant du local au mondial. A cet égard, les altermondialistes doivent prendre en compte le fait que des gouvernements, en Amérique latine, mettent concrètement en œuvre des mesures de rupture avec le néolibéralisme. Ils ont un temps d'avance sur nous et méritent notre solidarité active !
Les prochaines élections européennes ne changeront pas la face de la planète, mais elles peuvent permettre d'entamer un processus de mise en conformité entre le bulletin de vote et les aspirations à de profonds changements démocratiques et sociaux. En France, Jean-Luc Mélenchon, le Parti de gauche et le Front de gauche me semblent être actuellement les seuls porteurs de cette démarche à la fois unitaire et combative. C'est pourquoi, en dehors de toute considération partisane je leur apporte mon soutien chaleureux.
Bernard Cassen*
*Universitaire et journaliste, fondateur et ancien président d'Attac, initiateur du Forum social mondial de Porto Alegre.
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