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Il peut sembler injuste de vouloir rendre notre nouvelle ferveur environnementaliste responsable de cette inertie mais c’est pourtant sa part de responsabilité que je voudrais cerner ici. C’est parce qu’elle constitue un rouage essentiel de notre conscience collective et qu’elle pourrait jouer un rôle différent.
Mon constat, c’est que la vague écologiste a étouffé la vague altermondialiste. Elle a déplacé sur un plan strictement matériel une réflexion qui portait au départ sur la société. Nos yeux sont maintenant braqués sur des cirques ternes comme celui de Copenhague pendant que les forums sociaux mondiaux se font de plus en plus timides, égarés et sans conséquences. Ce joli coup de barre a requis la collaboration de tous, aussi bien des grands manitous que des petits militants plus ou moins verts que nous sommes presque tous devenus.
Verts militants et grands récupérateurs
À la base, il y a les citoyens de bonne volonté, qui votent de plus en plus vert. Mais les Partis Verts n’ont qu’un seul et unique programme : c’est la verdure. Comme les questions sociales, économiques et politiques sont trop compliquées, ils évitent de s’en mêler pour ne pas perdre de votes. Le pire, c’est qu’ils ont l’impression d’être bien partis, sous prétexte qu’ils recueillent un pourcentage croissant de votes parmi les mécontents des vieux partis. En fait, ils réussissent surtout à freiner l’essor des véritables partis alternatifs.
L’éveil d’une conscience environnementaliste ne semble susciter que des ajustements mineurs dans le choix des gadgets à consommer. Ceux qui en ont les moyens se pavanent avec des autos hybrides, les autres se contentent des petits gestes du recyclage quotidien. Le problème des petits gestes, ce n’est pas tellement qu’ils risquent de prendre la place des grands, c’est qu’ils peuvent déplacer notre champ de conscience vers la mauvaise cible. La foi a besoin d’être alimentée par des rituels mais les rituels peuvent aussi devenir des soporifiques aussi efficaces que le chapelet ou l’aumône: ils créent de la bonne conscience à peu de frais et confortent le système social dominant sans le contester. Je préfère encore la mauvaise conscience.
Les citoyens de bonne volonté ne sont pas les seuls à vouloir préserver notre culture matérialiste si enivrante. Ils emboîtent le pas aux grands manitous de la nouvelle économie verte, ceux qui font fortune en convainquant les gouvernements de subventionner la destruction des vieux chars pour pouvoir en vendre plus vite des nouveaux. Ces écologistes-là sont les chouchous des gouvernements, du moins ceux qui ne vivent pas du sable bitumineux.
La progression des idéaux verts se nourrit de leur récupération comme instruments de marketing. Le vert est rapidement devenu un simple logo facilitant la vente ou le vote, tout comme le bio ou l’équitable, si bien que le consommateur finit par oublier la différence entre les trois pour ne retenir que le signe « plus » : ce sont de bons produits.
Pendant ce temps, nous laissons les riches dormir en paix. Ils ne sont pas les seuls responsables mais leur position aux commandes des institutions leur confère une plus grande responsabilité. Il reste qu’acheter pour $49 des lecteurs DVD qu’on jettera au bout d’un an est aussi scandaleux qu’empocher des primes faramineuses pour s’acheter des jets privés, et cela en vertu de l’empreinte sociale, pas seulement de l’empreinte écologique. Ce qui importe, c’est de cibler le système même qui est en cause : celui qui définit le bonheur comme un niveau de consommation et l’être humain comme une créature animée de besoins illimités et vouée à l’irresponsabilité puisque tout finit avec sa mort individuelle et matérielle.
Les vrais enjeux
Faut-il sauver la planète ou les humains ? Comme ce sont des humains qui choisissent, la réponse semble évidente. Mais quels humains ? Il peut très bien arriver que le choix soit fait par les riches seulement et vise seulement leur propre préservation, comme d’habitude. Ce qui est nouveau dans l’histoire, c’est que cette option n’est plus envisageable parce qu’on ne peut plus construire des murs ou des frontières pour séparer l’air ou l’eau des pauvres de ceux des riches, même si ces derniers préfèrent l’ignorer. Il faut à tout prix les – c’est-à-dire nous – forcer à regarder cette réalité en face.
Personne ne peut fournir les plans détaillés de la nécessaire révolution. Seuls des grands objectifs peuvent être définis. On peut les ramener à deux cibles essentielles : la transformation des institutions politiques, économiques et sociales, et l’émergence d’une nouvelle culture. C’est précisément ce à quoi s’était attaqué spontanément le mouvement altermondialiste au moment où il a émergé, au tournant du millénaire. On pourrait penser que ce mouvement, après que les médias aient réussi à le rendre synonyme de cagoulards casse-pieds, s’est simplement essoufflé mais en réalité, il a plutôt été dévié. Les idéaux qui l’ont inspiré n’ont pas disparu, ils ont simplement été noyés dans un discours écologiste plus tapageur et plus subventionné.
Au-delà de la boulimie de surconsommation et de la misère imposée à des continents entiers, il y a une culture, il y a une société avec son système économique et ses institutions. Ce sont des constructions humaines et il est donc possible de les changer car rien de tout cela n’est irrémédiablement inscrit dans notre nature humaine. Cette nature a, pendant très longtemps, produit des économies durables et des cultures axées sur l’être humain, où la liberté signifiait l’absence de contraintes plutôt que la multiplicité des choix entre nos 78 modèles de 4X4, où l’on pouvait chercher à être une richesse plutôt qu’à être riche. Puis est arrivé le « développement », qui a fini par inverser les priorités et définir la consommation des biens matériels comme une fin en soi. Nous ne pouvons pas revenir en arrière mais nous pouvons saisir l’occasion que nous donne la conscience écologique pour remettre notre société mondialisée sur une trajectoire historique plus prometteuse.
Tiré du Blog D'Alexis Corbière (http://www.alexis-corbiere.fr/index.php?post/2010/01/08/Philippe-Seguin-%3A-consensus-et-contre-sens-sur-la-vie-d-un-homme-de-droite) une goutte de lucidité dans un océan d'hommages convenus.
Un mot sur le décès de Philippe Séguin. La mort brutale d’un homme est une triste nouvelle. Et celui-ci avait une sacrée trempe, il laissera sans doute une trace. Il faisait partie de ces grandes figures de la droite française, qui enrichissaient le débat national. Tous les médias répètent qu'il avait voulu, (mais cela existe-t-il en réalité ?) continuer à faire vivre l’idéal du « gaullisme social », sans que les mêmes médias définissent de quoi il s'agit exactement. Compréhensible. A part un concours de circonstances historiques, moi je ne sais pas.
Après avoir été parlementaire dans les Vosges, Maire d'Epinal et Président de l'Assemblée nationale (celle qui s'est terminée par la dissolution de 1997), Philippe Séguin fut Conseiller de Paris de 2001 à 2002, après avoir conduit les listes RPR qui furent pour la première fois battues par la gauche. Je ne l’ai pas connu, je ne connais aucune anecdote à son sujet, et je ne lui ai jamais adressé la parole, bien sûr. Mais je garde en mémoire nombre d’arguments, assez pertinents, qu’il avait développé en 1992 pour le « Non » au Traité de Maastricht, notamment ceux qui refusaient les pertes de souveraineté populaire pour le compte d’instances non démocratiques. Ceci dit, la majorité d’entre eux n’étaient pas, et non jamais été, ceux de la gauche contre la Construction libérale de l’Europe. Je n'oublie pas non plus sa campagne aux cotés de Philippe de Villiers, qui lui laissait entendre une musique clairement xénophobe.
Mais, laissons cela. En pensant à Philippe Séguin, il me revient une phrase utilisée à propos d’autres par François Mitterrand dans les années 70. Il faisait alors la distinction entre « les gaullistes de légende et les gaullistes de brocante ».
La phrase était mordante, comme Mitterrand savait le faire, et l’on peut, le temps d’un hommage, se dire que Séguin, durant sa vie politique, a cherché à se rattacher à cette première catégorie. J’ai toutefois bien conscience de l’exagération de la comparaison, mais il est finalement le dernier dont le nom vient à l’esprit si l’on voulait illustrer ces gaullistes là. Par contre, concernant les « gaullistes de brocante », à l’inverse, beaucoup plus de noms viennent à l’esprit. Et particulièrement celui qui occupe le poste de Premier Ministre et qui a rendu un hommage ému à celui qui fut, paraît-il, son mentor.
Bon, mais à force, l’unanimité des hommages a fini par m’agacer. Et je lis parfois, ici ou là, des hommages d’élus de gauche qui m’irritent. Je découvre par exemple, que Martine Aubry "aimait ses colères (..) les écoutait, car elles tombaient justes". Ah bon ? Lesquelles ? Sur l'Europe ? Certainement pas, en 1992 Aubry a défendu le "Oui" à Maastricht. Sur le reste ? Soyez précise Mme Aubry, cela m'intéresse. Car, de grâce, et ne serait ce que par respect pour la mémoire de Philippe Séguin, ne l’oublions pas, c’était un homme de droite. Et un vrai. Dur avec la gauche, demandez-le aux conseillers municipaux de gauche d’Epinal quand il était Maire. Pas un homme consensuel. De plus, l’utilisation systématique du mot « républicain » me déplaît. Car, si l’on affirme que le parcours politique d’un républicain c’est cela, on risque de désorienter beaucoup de gens… qui ne verront dans la République que des formules ronflantes accompagnant des politiques antisociales. Fait révélateur, un de ses modèles était Napoléon III. Pour moi, ce dernier fut à l’inverse un fossoyeur de la République. A chacun ses modèles.
Il disait « j’ai choisi le gaullisme parce que c’était autre chose que la droite ». Bon. Mais, même dans le gaullisme « à la séguin », une fois en responsabilité, on a du mal à voir la différence avec la droite. Ministre du travail du gouvernement Chirac de 1986 à 1988, c’est notamment lui qui va mettre en place les premiers décrets qui vont affaiblir la sécurité sociale. Je pense particulièrement à un décret du 31 décembre 1987 qui avait supprimé la possibilité pour 643 000 malades (qui ne faisaient pas partie des 25 maladies prises en charge à 100%) de voir leurs traitements pris en charge par la « Sécu ». C’est lui aussi qui va supprimer l’autorisation administrative de licenciements, mesure qui prétendait aider l’emploi, mais qui mis un sacré coup d’accélérateur aux plans de licenciements.
Plus récemment, à la présidence de la Cour des comptes, plusieurs de ses rapports sur l’Hôpital public, ont insisté sur le fait que les difficultés des hôpitaux n’étaient pas dues à une insuffisance de moyens financiers, mais à une mauvaise gestion financière des établissements. Les personnels qui luttent contre les suppressions de postes apprécieront.
Sur un autre sujet, concernant les stades de football français, le rapport qu’il avait rédigé pour la Ligue de football professionnel se prononce clairement pour une « privatisation » des équipements sportifs. Proposant, mesure emblématique, que les stades portent les noms de l’investisseur privé.
Bon, j’arrête. Le but de ce court billet n’est pas de s’en prendre à un homme qui vient de s’éteindre. Je souligne une fois de plus que je n’ai aucun mépris pour cet homme cultivé et batailleur, au contraire, il n’était pas fait du même bois que les petits marquis, faux durs, et obligés du grand capital, qui dirigent notre pays désormais.
Mais, je le répète, pas de consensus, et pas de récupération. Lui rendre un véritable hommage exige de dire qu’une des familles de la droite française a perdu l’une de ses grandes voix, et que la gauche voit disparaître un de ses plus beaux adversaires.
Alors, pas de captation d’héritage, pas de récupération de cadavre, s’il vous plaît. Je suis sûr que Philippe Séguin, qui était un honnête homme, n’aurait pas aimé cela. Même dans les hommages, les contradictions entre les classes sociales restent une réalité.


Soutien total aux PIMKIE!
Les salariés de Pimkie sont en grève depuis une semaine déjà, avant eux c'était Diramode : groupe Mulliez donc.
Les licenciements sont liés à la concentration/délocalisation des activités de ces sites vers l'Allemagne. 190 salariés seront jetés parce qu'il paraît qu'on ne peut les reclasser au sein de la galaxie Mulliez !
A savoir aussi que le PSE n'est pas accompagné d'un véritable plan de reclassement-requalification des personnels, que le groupe va décider des salariés à licencier selon ses propres critères (on devine lesquels) sans même tenir compte du fait que certains sont volontaires au départ.
Le groupe Mulliez fait montre, là encore d'un mépris inqualifiable envers ses salariés !
Le Parti de gauche, dans sa logique de continuité des luttes sociales, soutien sans réserve les salariés de Pimkie !
Une délégation est allé porter ce soutien le 24 décembre à Wasquehal. Nous avons pu constater la détermination de ces salariés, avec eux nous denonçons l'attitude de la direction du groupe qui préfère le capital à l'humain !
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